[Test – Blu-Ray] Nuits de cauchemar – Kevin Connor

image blu ray nuits de cauchemarCaractéristiques

  • Réalisateur : Kévin Connor
  • Avec: Rory Calhoun, Paul Linke, Nancy Parsons, Nina Axelrod, Wolfman Jack, Elaine Joyce, Dick Curtis….
  • Éditeur : Movinside
  • Date de sortie Blu-Ray : 28 février 2017
  • Durée : 102 minutes

Image : 4/5

Et voilà encore un bien joli master de la part de Movinside (La nuit des vers géants, Soudain les monstres), et de sa collection des Trésors du fantastique. La qualité du grain, parfaitement restitué, met bien en avant les bienfaits de l’argentique qui, décidément, nous manque beaucoup. La colorimétrie, la stabilité de définition, les noirs jamais bouchés, on se régale. Seule retenue : les contrastes peinent à quelques occasion, surtout lors de la première bobine.

Son : 4/5

La piste française, en DTS-HD Dual Mono est assez oubliable, même si les doublages d’époque apportent un certain charme. En effet, le rendu très plat ne rend pas hommage au travail d’origine. Par contre, la piste VOSTFR profite d’un DTS-HD Dual Mono bien mieux équilibré, à la spatialisation certes limitée mais plus harmonieuse.

Bonus : 2,5/5

Pour tout bonus, une présentation par l’incontournable Marc Toullec qui, avec Jean-François Davy, co-dirige la collection Trésors du Fantastique. D’une douzaine de minutes, ce module est certes court mais blindé en information. On apprend, par exemple, que Tobe Hooper fut pressentit pour réaliser ce Nuits de cauchemar

Synopsis

Bienvenue dans ce petit motel accueillant, un peu à l’écart des grandes artères routières, tenu par un couple des plus folkloriques, Vincent et Ida Smith. Ici on offre tout pour attirer le client en manque de tranquillité et de dépaysement. En prime, la maison fabrique un superbe saucisson, dont la qualité est reconnue dans toute la région environnante. Mais les paisibles tenanciers ont une drôle de recette secrète pour obtenir avec amour et dévouement le plus succulent des produits régionaux !

Le film

En lisant le synopsis de ce Nuits de cauchemar (aussi connu sous son titre original : Motel Hell), deux titres de films cultes surgissent dans les caboches (bien faites) des amateurs de films de genre : Massacre à la tronçonneuse et Psychose. Et les premiers instants de ce film confirment cette intuition, même si l’humour noir, qui évolue petit à petit au cours d’un récit bien maîtrisé, nous font aussi pas mal penser au Crocodile de la mort, autre film de Tobe Hooper. Une ferme, des rednecks qui y tiennent un business de viande fumée reconnu dans toute la région. Ils gèrent aussi un hôtel, sur leur propriété, afin d’y accueillir des voyageurs perdus ou clients amoureux en quête d’une chambre loin des regards indiscrets. Une situation qui va évidemment servir parfaitement un développement tout aussi horrifique… que comique.

À la réalisation, on retrouve un nom qui ne nous est pas inconnu : le britannique Kevin Connor, notamment à la mise en scène du plutôt bon Frissons d’outre-tombe (film à sketch, avec Peter Cushing et Donald Pleasence). Pas un manche donc, mais visiblement pas un grand amoureux du premier degré. Ainsi, quand il est engagé sur Nuits de cauchemar, son premier souhait est d’alléger un scénario qu’il juge beaucoup trop noir. Exit une scène assez flippante, montrant Ida au lit avec des animaux, et pas juste pour faire des papouilles : Kevin Connor veut que ça rigole un peu plus. Attention par contre : ce n’est pas non plus une simple comédie, l’adjectif « grinçante » trouvant ici une place bien à-propos. Et si l’on aurait aimé voir un résultat jusqu’au-boutiste, par simple curiosité (un peu maniaque, certes), écrivons que les fruits d’un tel choix sont pertinents.

Nuits de cauchemar se trouve une bonne tonalité, en gérant son humour noir d’une manière étonnante. Un véritable crescendo, alors que l’éventualité d’un business… mortel devient une éventualité de moins en moins discutable. Sorte de secret partagé avec le spectateur, cette entreprise de viande que ne renierait pas la Category III hongkongaise (The Untold story, par exemple) va se dévoiler pour le moins très bien structuré, avec un véritable élevage de victimes, lesquelles sont enterrées dans un petit champ, comme de vulgaires choux. On vous laisse découvrir le stratagème se cachant derrière cette bien étrange idée, sachez juste qu’on en rigole encore.

Autre élément croustillant, les rapports entre les personnages, qui profitent d’ailleurs d’une bonne écriture. Oui, même cette héroïne clairement teubée : son caractère, et surtout ses incroyables choix amoureux, sont maîtrisés, servent un récit limpide. C’est d’ailleurs la seule remontrance que l’on pourrait adresser à ce Nuits de cauchemar : une trop grande prévisibilité, et ce même si le final prend la forme d’une séquence très réussie, pas mal tendue, et qui devrait faire couler quelques sueurs froides à celles et ceux qui ont du mal à supporter la simple vue d’une tronçonneuse en marche. Enfin, comment ne pas aborder le casting, qui se révèle être une autre des forces de cette œuvre décidément de qualité ? En premier lieu, c’est Rory Calhoun qui crève l’écran dans le rôle de Vincent Smith, lui que l’on avait déjà remarqué dans Le Colosse de Rhodes, de Sergio Leone. Sa prestation épouse parfaitement le rythme du film : il se dévoile de plus en plus inquiétant, et finit par devenir carrément terrorisant. On retrouve aussi Nancy Parsons, que l’on verra plus tard dans Porky’s, et qui joue ici Ida Smith. Elle aussi apporte une touche de folie, finissant de faire de cette petite famille un véritable duo de dégénérés à découvrir au plus vite.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato

Réactions (8)

  1. Bon petit film.
    En revanche, Marc Toullec continue à recopier la section trivia d’IMDB pour ses « anecdotes » (le supplément de Lifeforce en est un éclatant exemple). Donc, l’implication de Tobe Hooper dans ce projet n’est vraiment pas une révélation.

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