[Test – Playstation 4] Persona 5 : la hype fait-elle le hit ?

image cover persona 5Caractéristiques

  • Test effectué sur : Playstation 4
  • Existe aussi sur : Playstation 3
  • Genre : J-RPG
  • Éditeur : Deep Silver
  • Développeur : Atlus
  • Sortie : 4 avril 2017

Test

Le voilà enfin sous nos latitudes : Persona 5 a débarqué en France le 4 avril 2017, tout auréolé d’un succès d’estime déjà construit à partir d’un grand retentissement de la version import. Il faut dire que la série est du genre à rassembler les amateurs de J-RPG autour d’un consensus : on est là face à une licence certes moins populaire que Final Fantasy, mais beaucoup plus « pointue ». De niche, avanceront certains. Moins joués, les Persona compensent par une fanbase très solide,qui n’en pouvait plus d’attendre ce cinquième opus. Annoncé comme le meilleur jeu du genre sur cette génération de consoles, Persona 5 n’a désormais plus aucun secret pour nous.

Histoire : 3/5

image atlus persona 5

Il faut tout d’abord prévenir les joueurs qui pourraient aborder la licence pour la première fois à l’occasion de ce Persona 5 : on est plus proche d’un mélange de Visual Novel et de jeu de drague que d’un pur J-RPG. Ce n’est absolument pas un souci en soi : chercher l’originalité, remuer les codes, c’est toujours une belle intention… sur le papier. Manette en mains, c’est parfois un peu plus problématique, et c’est malheureusement le cas ici. Si le titre est un chouïa mieux rythmé que son prédécesseur, il faut signaler qu’il est bavard. Très bavard. Il faut s’attendre à de véritables tunnels narratifs, bien plus longs que les phases de gameplay, du moins pour les premières heures, pendant lesquelles les mécaniques du J-RPG vous seront quasiment confisquées par un récit qui prend possession de l’expérience.

Et ces dialogues à rallonge mettent en valeur un scénario certes loin d’être creux, mais parfois assez embarrassant. Persona 5 aborde énormément de problématiques, ces dernières étant représentées par les différents boss à combattre au sein de leurs mondes fantasmés : les Palaces. L’erreur n’est pas dans le fait d’aborder le harcèlement scolaire, par exemple, mais de lui accoler une tonalité que l’on croirait tout droit sorti d’un débat Twitter. Le jeu se destine clairement aux adolescents, et même s’il se donne des airs d’élitisme, finalement il n’est pas bien plus profond qu’un autre. Bien entendu, on pourra aussi y voir quelques références un peu arty (coucou Lynch), histoire de donner encore une couche superficielle à une histoire certes prenante mais un peu trop m’as-tu-vu pour réellement marquer.

Persona 5 est bavard, on le répète… et ne propose qu’une localisation sous-titrée en anglais (les voix japonaises d’origine sont disponibles, via un DLC gratuit, et ça c’est une excellente initiative). Une langue de Shakespeare dans un style assez soutenu qui plus est, il va donc vous falloir prévoir un bon traducteur à vos côtés, et souvent mettre la partie en pause pour bien comprendre les tenants et les aboutissants. Heureusement, l’univers de Persona 5 est tout de même assez bien travaillé pour nous embarquer tout de même dans son monde torturé. Les personnages débordent de charisme (même si on a notre chouchou, et c’est un protagoniste féminin), et la vie dans cet établissement scolaire provoque un rythme entraînant. Il est juste dommage qu’on doive attendre si longtemps avant de pouvoir réellement profiter de cette école, après avoir subi l’introduction la plus ennuyeuse qu’on ait vécu depuis longtemps.

Gameplay : 4/5

image jeu persona 5

Si vous arrivez à survivre à la gestion du background et de la narration, Persona 5 n’est pas désagréable à jouer, loin de là. Abordons tout d’abord les combats au tour par tour, qui rappelleront beaucoup de choses aux fans de la licence. Pour les aborder, sachez que les ennemis sont visibles dans les Palaces, et que les contourner afin de déclencher les joutes vous accordera un petit bonus. Un mécanisme toujours assez intéressant, qui force le joueur à réellement penser ses approches. En eux-mêmes, les combats jouent la carte de la simplicité d’exécution, tout en apportant un système captivant. Vous allez vite apprendre à connaître les points faibles de vos adversaires, pour la simple bonne raison que les exploiter vous permettra de mettre en place une chaîne de coups, utilisant chacun des personnages.

Bien évidemment, les Personas sont de retour, et il sera possible d’en élargir l’offre via la Velvet Room (et le principe de fusions est de la partie), mais pas que. Dorénavant, et c’est une bien bonne initiative, on peut négocier avec un ennemi en mauvaise posture, et lui proposer de rejoindre notre stock de Personas. C’est une mécanique qui rajoute encore de l’intérêt aux combats, d’autant plus que les ennemis pourront aussi profiter de vos moments de faiblesse, en demandant une rançon. Cela termine de former des joutes fluides et efficaces, certes après un petit temps d’adaptation car le challenge est parfois assez rude (tant mieux). C’est d’ailleurs l’une des raisons qui peut rendre le joueur un peu aigri dans les premières heures : on a envie de se frotter à ce système de combat, pas à des tunnels narratifs.

Vous l’aurez compris, on reproche à Persona 5 son déséquilibre de narration, mais les choses s’arrangent tout de même un peu avec le temps. Les Palaces ne sont plus des donjons aléatoires, mais de vrais niveaux soutenus par un level design bien travaillé. On pourra les explorer à volonté, même si le recours au camion-chat pourra sembler un peu trop permissif en terme d’implication (en gros, c’est un voyage rapide). Comme tout J-RPG, on aime avoir l’occasion de flâner, et si le monde de Persona 5 est loin d’être ouvert on s’amusera de quelques activités. C’est d’ailleurs là une autre composante importante du jeu : la construction de liens sociaux. On pourra draguer, bosser, entretenir des amitiés, le tout motivé par la promesse de voir les statistiques se gonfler. D’ailleurs, on vous donne un conseil : commencez rapidement à solidifier ces relations, notamment avec votre professeur…

Technique et ambiance sonore : 5/5

image test persona 5

Oui, Persona 5 n’affiche pas des textures à rendre fou les amateurs de résolutions parfaites. Mais on tient encore une preuve, s’il en fallait une de plus, que la direction artistique est ce qui produira le plus d’effet sur le visuel d’un soft. Et celle du jeu développé par Atlus est tout simplement un bijou. Certes, on a l’impression d’assister à un animé qui prendrait vie, mais c’est surtout l’énorme travail sur la cohérence, ce chara-design à se damner, qui produit un effet monstrueux devant nos yeux ébahis. C’est exceptionnel donc, et l’on doit aussi souligner la mise en scène toujours claire des séquences animées. Du petit lait.

À la bande originale, on retrouve évidemment Shoji Meguro, grand habitué de Shin Megami Tensei et de la licence Persona (on conseille aussi son travail sur Trauma Center). On n’avait pas croisé d’aussi bon thème de combat depuis celui de Lost Odyssey, et votre dévoué serviteur doit bien vous avouer que l’entièreté de l’OST l’accompagne, au casque, lors de ses déplacements du moment. Une tuerie, un peu jazzy, et bien souvent mémorable.

Durée de vie : 5/5

image gameplay persona 5

Si vous accrochez à Persona 5, il va falloir vite vous organiser un emploi du temps méticuleux. Afin d’en venir à bout une première fois, nous avons dépassé légèrement les cent heures de jeu. Un chiffre déjà bien conséquent, auquel il faut ajouter l’existence d’un New Game Plus. Ce dernier permet notamment de compléter les liens sociaux, mais aussi de se mesurer à un boss secret. De quoi faire, donc, et l’on ne vous parle même pas des Trophées…

Note finale : 17/20

Persona 5 récolte donc une excellente note, car objectivement le jeu est impressionnant dans certains critères. Cependant, attention : on appuie sur le fait que le soft reste très bavard, et même décourageant à certains moments tant les tunnels narratifs peuvent sembler longs. Des sous-titres français auraient peut-être pu régler une partie du problème, mais ils ne sont pas au rendez-vous. Cela n’aurait pas réglé le souci d’une écriture qui se borne à un traitement de problématiques réelles, mais d’un point de vue adolescent, ce qui pourra faire rager certains adultes. Clivant, Persona 5 l’est, même si ses qualités ne pourront être discutées : gameplay fun à prendre en mains, direction artistique exceptionnelle, bande originale de très haut niveau, et une durée de vie colossale. Il serait, donc, dommage de ne pas se laisser tenter…

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
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