[Test – Playstation 4] Akiba’s Beat : Akihabara tout en musique

image pack akiba's beatCaractéristiques

  • Test effectué sur : Playstation 4
  • Existe aussi sur : Vita
  • Genre : Action-RPG
  • Distributeur : PQube
  • Développeur : Acquire
  • Sortie : 19 mai 2017

Test

Si vous êtes du genre gamer pointu, doublé d’un passionné du Japon, alors vous avez sûrement déjà entendu parler d’Akiba’s Trip, et de sa suite sous-titrée Undead And Undressed lors de sa sortie sous nos latitudes. Jeux d’action teinté d’aventure, leur principal intérêt est de proposer une situation géographique qui ne peut que plaire aux amateurs de jeux vidéo : en plein Akihabara, quartier japonais très renommé pour les amateurs de technologie. Aujourd’hui, PQube (Steins;Gate 0, Galgun Double Peace, Blazblue Central Fiction) distribue en France le troisième volet, Akiba’s Beat, toujours développé par Acquire et qui, nous allons le voir, se différencie fondamentalement de ses ainés.

Histoire : 4/5

Terminé le trip un peu déviant du précédent épisode, qui consistait en gros à combattre des vampires en les déshabillant (oui, c’est un concept bien délirant, mais là n’est pas la question). Akiba’s Beat, tout en gardant une bonne dose d’humour, raconte une histoire plus construite, moins folle mais sans doute beaucoup mieux maitrisée. Ici, le joueur incarne Asahi Tachibana, un jeune garçon dont la condition peut être résumé à un acronyme : N.E.E.T. (pour l’expression Not in Education, Employment or Training). On a donc à faire avec un post-ado au temps libre persistant, qui meuble son ennui en lisant des mangas ou en jouant à des jeux vidéo. Une vie passionnante donc, mais pas pour la société qui l’entoure. Dès lors, quand le quartier d’Akihabara traverse une étrange crise, il doit se mettre au boulot et éluder le mystère.

Le scénario d’Akiba’s Beat pourra faire penser à un mélange d’Un jour sans fin et de Persona 5 (en moins pseudo-rebel, on est sauvé). Asahi va vite se rendre compte qu’il est enfermé dans une boucle temporelle, qui prend fin à minuit. Vingt quatre heures au cours desquels les habitants d’Akihabara voient leurs fantasmes devenir réalité, ce qui pose quelques soucis dans les rues comme vous pouvez l’imaginer. Il en revient à notre avatar de régler la situation, en plongeant dans les rêves les plus fous de ces passants inquiétants. Un concept redoutablement efficace, qui aborde d’ailleurs certains véritables soucis de la société japonaise, et ce sont ceux-ci qu’il nous revient de combattre. Un bon récit, mais aussi une écriture de qualité dans les quêtes secondaires, qui n’ont rien de missions simplement optionnelles. Par contre, on a observé pas mal d’aller-retour dans le cheminement, pas de quoi être bougon mais c’est à préciser. Enfin, sachez qu’Akiba’s Beat est uniquement sous-titré en anglais, et précisons que le niveau est intermédiaire.

Gameplay : 3/5

image test akiba's beat

Comme signalé en introduction, Akiba’s Beat marque un tournant pour la licence, et celui-ci mène le jeu sur les sentiers de l’action-RPG. Si nous citions Persona 5, ce n’est pas pour rien, car le rythme du concept rappelle beaucoup le jeu développé par Atlus… mais en moins bavard, mieux cadencé. Une partie exploration donc, mais aussi une présence prégnante des donjons, qui forment en eux-mêmes un véritable mécanisme de gameplay. On plonge dans la psyché des habitants, et l’on combat les monstres qui les hantent. Ces batailles se disputent à coups de points d’action, qui vous permettent de frapper et de déclencher différents skills, ce qui pourra rappeler une autre série bien connue des fans de RPG : Tales Of. Acquire étant un studio passionné de musique, il n’est guère étonnant que cet art se retrouve au centre des combats, et vous vous rendrez vite compte de leur utilité. D’ailleurs, les personnages ont leur propre musique préférée, qui est utilisée dans l’obtention de certains bonus. Les skills sont parfois un peu difficiles à sortir, c’est un coup à prendre même si certaines manipulations ont du mal à trouver une certaine logique d’exécution. Sachez, enfin, qu’un tutoriel ouvre le jeu, et qu’il est de bonne qualité, n’ayez donc pas peur d’être perdus lors des premières heures de jeu.

On est sans doute un peu plus déçu par la phase d’exploration proposée par Akibas’s Beat, que l’on aurait apprécié plus dense en terme d’activités. Comme nous le verrons plus bas, le quartier d’Akihabara est effectivement très bien rendue, et même si vous n’êtes jamais allé au Japon vous aurez l’impression de vous y plonger. Seulement, les bâtiments ne sont pas explorables (dommage mais compréhensible : Acquire n’a pas de budgets illimités), mis à part certains commerçants qui vous proposeront d’acheter des pièces d’équipement et autres consommables. On pense notamment aux trading cards collectionnables, qui pourront booster vos capacités quand elles rejoignent des emplacements qui leurs sont dédiés : Ying et Yang, et ce de manière individuelle pour les personnages du groupe. De quoi faire donc, mais on aurait apprécié découvrir les lieux encore plus en profondeur, ce qui est aussi un signe de la bonne qualité de ce soft.

Technique et ambiance sonore : 4/5

image akiba's beat

D’un pur point de vue technique, Akiba’s Beat n’est pas spécialement fameux, tout en étant loin d’être désagréable. Tout d’abord, on regrette le nombre de temps de chargement, et l’aliasing est parfois bien présent. Par contre, et comme assez souvent, on remarque que la direction artistique sauve en partie les meubles. Le character-design nous a enchanté du début à la fin. Mais c’est surtout la modélisation du quartier d’Akihabara qui nous a carrément transporté. Ce quartier de Tokyo est surnommé « la ville électrique », et l’on ne cesse d’en découvrir la raison en jouant. Un enchantement, qui vaut à lui tout seul la découverte de ce jeu.

La partie sonore d’Akiba’s Beat était attendue, étant donné l’importance primordiale de la musique dans le gameplay, mais aussi pour le studio Acquire en lui-même, passionné de cet art et nostalgique d’une époque où Akihabara était le quartier du bon son. Le développeur a d’ailleurs fait appel à bien des compositeurs différents afin de travailler sur l’ensemble des chansons. Et les musiques surprennent par leur audace, on pense notamment au morceau qui accompagne les combats, sans doute moins héroïque que dans certains autres RPG mais carrément bonnard en terme de pure composition. Bref, un délice pour les oreilles. Sachez, enfin, qu’on a droit au doublage anglais, mais aussi au japonais d’origine. Encore un bon point !

Durée de vie : 4/5

image jeu akiba's beat

Introduire la galette d’Akiba’s Beat dans sa Playstation 4, c’est s’assurer d’un très grand nombre d’heures de jeu. La trame principale est déjà bien longue, et il faut à cela ajouter les nombreuses quêtes secondaires, ainsi que la course terrible au 100% (chansons, trading cards…). Au final, vous en aurez pour une bonne cinquantaine d’heures, et un new game plus est au programme. De quoi faire, donc.

Note finale : 15/20

Akiba’s Beat est typiquement ce genre de RPG japonais sans doute moins connu que les cadors, mais qui vaut la peine d’être découvert. Si l’on regrette que l’exploration d’Akihabara reste cantonnée aux rues, on se doit aussi de signaler que le rendu de ce quartier nous a fasciné d’un bout à l’autre. Les combats, s’ils ne sont parfois pas aisés à bien maitriser, notamment les skills, ont le mérite d’être efficaces, dans un style action-RPG typique. Enfin, les mélomanes seront aux anges, avec une bande son courageuse, qui ose d’ailleurs un thème de combat surprenant. Acquire réussit, donc, à toucher l’amateur du genre, qui va devoir se trouver une place dans son agenda surchargé : malgré quelques imperfections Akiba’s Beat se doit d’ y figurer.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
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