[Test – Playstation 4] Injustice 2 : quand la baston prend son envol

image pack injusticeCaractéristiques

  • Test effectué sur : Playstation 4
  • Existe aussi sur : Xbox One
  • Genre : Combat
  • Distributeur : Warner Bros. Interactive Entertainment
  • Développeur : NetherRealm Studios
  • Sortie : 16 mai 2017

Test

Quatre ans après avoir un peu bousculé le monde du jeu de combat, voilà que les héros et vilains de DC Comics reviennent à la charge avec, en point de mire, ni plus ni moins que de faire encore mieux, encore plus grand, encore plus marquant. Injustice 2 était attendu, c’est le moins que l’on puisse écrire, et notre preview nous avait donné quelques indices : NetherRealm Studios est encore en grande forme, et semble décidé à dépasser les attentes. C’est ce que les fans espéraient en tout cas, et nous nous devions de vérifier le résultat final dans ce test.

Histoire : 4/5

On se souvient tous du mode Histoire qui donnait au premier épisode une ampleur rarement vécue auparavant. Injustice 2 avait fort à faire pour ne pas décevoir celles et ceux qui ont apprécié cette première partie, qui peignait un combat terrible entre un Batman pacifique mais bourré de paradoxe, et un Superman que le sens de la justice, exacerbé par l’assassinat de Lois Lane (et la manipulation de Wonder Woman), a mené au totalitarisme terrifiant. En terme d’ampleur, rassurez-vous : le scénario tient toutes ses promesses. Le récit est long, fait pas mal voyager, et multiplie les rebondissements. Par contre, on est un peu plus réservé à propos du cheminement.

En effet, Injustice 2 dévoile une narration qui ne règle pas le schéma haché issu de la première itération, et ce même si l’on est bien content de l’abandon des intrusifs QTE. On combat, on regarde, on combat, on regarde, et répétez la boucle jusqu’à la fin avec, parfois, un choix de personnage à effectuer. C’est effectivement compliqué d’imaginer une autre méthode de narration, on en convient fort bien, mais l’on ne peut nier une certaine redondance. Aussi, en terme de cohérence, on s’étonne de certains événements qui ont tendance à un peu s’entrechoquer avec ceux du précédent jeu. Évidemment, on ne vous spoilera rien de l’histoire, mais sachez aussi que certains personnages paraissent comme des passages obligés, pas très bien imbriqués dans le déroulé, on pense surtout au pourtant attendu Atrocitus.

Alors certes, il s’agit de quelques retenues qui peuvent un peu chagriner, mais il serait assez illégitime que d’en oublier les belles qualités scénaristiques de cet Injustice 2. Avec ses deux fins radicalement différentes, et la bonne tenue de l’univers dans la complexité des rapports qui lient les personnages, NetherRealm Studios arrive à nous procurer un plaisir qu’on ne trouvait, jusqu’à la naissance de cette licence, que dans les comics les mieux écrits. On pense notamment aux différents dialogues, qui nous régalent dans leur justesse et leur longueur. Un souffle épique, et même tragique, souffle sur ce soft, et c’est un véritable bonheur que de se laisser emporter par le courant.

Gameplay : 4/5

image jeu injustice 2
Image issue du Playstation Share.

Celles et ceux qui se sont déjà exercés au premier volet savent à quel point la recette était déjà particulièrement solide. Injustice 2 reprend ce qui fonctionnait (c’est à dire quasiment tout) : simplicité de la prise en mains, complexité de la globalité des possibilités. D’ailleurs, les nouveautés ont la bonne idée de bien se fondre dans le socle déjà existant. On note une nouvelle roulade défensive, des enchaînements tous-beaux-tous-frais, mais aussi un air recovery capable, contre deux barres de la jauge Super, de briser un combo ennemi. Globalement, on remarque un meilleur équilibre, et ce même si le concept assez proche du RPG, avec principe de levelling et d’upgrade, peut avoir un impact marqué un peu déroutant (dans le mode Multiverse).

Jeu de combat sur un axe 2D, Injustice 2 se frotte à une concurrence féroce, et s’en tire parfaitement en proposant une autre philosophie. Manettes en mains, le jeu se veut puissant, pas du tout bourrin mais multipliant les éléments potentiellement jouissifs à maitriser. La jauge de Super est particulièrement mise en avant, avec bien des manières utiles de l’utiliser. On pense évidemment aux Supers Coups, assez classiques dans la manière d’être déclenchés, mais aussi au principe du Choc. Ce dernier vous propose de mettre en jeu vos barres, sorte de pari afin que le gagnant puisse se voir récompensé d’un gain de puissance, ou d’énergie. Une feature dont use, et abuse, l’intelligence artificielle, par ailleurs.

Ajoutons des coups spéciaux toujours aussi funs à sortir, et ce pour tous les personnages (même si certaines animations valent plus le coup d’œil que d’autres), mais aussi les petites particularités, comme l’interactivité avec les décors. D’ailleurs, n’hésitez pas à balancer un poivrot dans le bar, on ne s’en lasse pas ! Injustice 2, c’est exactement ça, une telle générosité sur le champ de bataille qu’on en ressent un grand plaisir dès les premières parties. Alors certes, on n’est pas spécialement fan du principe du loot, même si cela rajoute au contenu faramineux du soft. Mais cela apporte un rapport aux personnages un peu biaisés (sauf en multijoueur, où les personnages sont heureusement tous égaux), qu’il est difficile de comprendre dans un jeu de ce genre. Heureusement, cette retenue est finalement diluée dans une globalité de haut niveau.

Technique et ambiance sonore : 4/5

image test injustice 2
Image issue du Playstation Share.

Là aussi, Injustice 2 bonifie à peu près tout ce qui a plu dans le précédent volet. Si quelques décors dénotent de par leur direction artistique incertaine (on pense surtout à l’arène de Gorilla Grodd), l’ensemble propose de quoi bien s’exploser les mirettes, avec quelques animations qui impressionnent. En écrivant à propos d’animations, celles des personnages nous ont paru un chouïa plus réussies que dans Injustice, mais ce n’est pas encore la panacée. Encore un peu raides, manquant de fluidité notamment lors des contres, elles devront être clairement l’amélioration numéro une du troisième épisode. On pourra aussi trouver le character design un peu inégal, mais on retiendra surtout les améliorations dans ce domaine : Harley Quinn ressemble enfin à quelque chose, et c’est grâce à Suicide Squad (comme quoi, ce mauvais film a pu provoquer de bonnes retombées).

L’ambiance sonore d’Injustice 2 est parfaitement conforme à ce qu’on en attendait, cherchant des sensations plus proches du cinéma que du jeu vidéo, comme pour coller aux préoccupations scénaristiques du soft. Ainsi, n’attendez pas de thèmes entêtants, comme un certain jeu de Capcom sait si bien les créer, mais plutôt à des musiques d’accompagnement plutôt efficaces mais oubliables. Par contre, la gestion du son est une véritable satisfaction, le soft étant compatible avec plusieurs équipements. De quoi donner le meilleur pour chacun de nous.

Durée de vie : 5/5

image gameplay injustice 2
Image issue du Playstation Share.

Alors là, c’est gargantuesque. On peut même l’affirmer : il faut remonter à Tobal 2 pour retrouver un semblant de contenu digne de supporter la comparaison avec celui d’Injustice 2. Certes, il ne faut « que » six heures afin de compléter le mode Histoire, mais le mode Multiverse vous accompagnera sur bien des soirées. Il faudra s’y défaire d’ennemis, dans des conditions et adversités précises, ce qui multiplie l’intérêt et la surprise. C’est aussi dans ce mode qu’on pourra utiliser le matériel récupéré dans les coffres, donnant aux personnages de nouvelles apparences mais aussi gonflant leurs statistiques. Qui dit personnage, dit roster, et il gagne en présences : 28 sont invités à la fête. Chacun est très différents bien évidemment, et tous les maitriser demandera du temps. Beaucoup de temps. Enfin, le multijoueur, local ou online, est bien présent, avec notamment le mode Guilde, qui vous propose de rejoindre un clan (ou d’en créer un), et de collectionner les victoires pour son compte afin d’amasser des récompenses que vous ne trouverez nulle part ailleurs. Les matchs classés sont aussi de la partie, et l’on souligne le matchmaking efficace et rapide.

Note finale : 17/20

Injustice 2 est bel et bien digne des attentes que l’on avait placé en lui. Si le jeu demeure encore perfectible, notamment en terme d’animations et de narrations, il nous ébouriffe de par le plaisir immédiat qu’il s’en dégage, mais aussi son contenu gigantesque. Avec son roster assez large pour contenter toutes sortes de joueurs, on est certain qu’Injustice 2 pourra même trouver une bonne place au sein de la scène pro, qui devrait s’y pencher sérieusement. NetherRealm Studios réussit là un gros coup, si fun et efficace qu’il atterrit très haut dans la hiérarchie des jeux de combat de cette génération de console. Un must-have.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
/10

Réagir à l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *