[Critique] Dragon Ball Super : Épisodes 001 à 005

Caractéristiques

  • Créé par : Akira Toriyama
  • Saison : 1
  • Année(s) de diffusion : 2017 (France), 2015 (Japon)
  • Chaîne originale : Fuji TV
  • Diffusion françaisee : En cours (NT1 et Toonami)

Un tout début parfois drôle, nostalgique, mais aussi poussif

image logo dragon ball super

Il aura donc fallu attendre près de 20 ans pour que les fans de la licence Dragon Ball aient enfin droit à la véritable suite de Dragon Ball Z (GT n’étant pas « canon »). Dragon Ball Super, dont la diffusion a débuté sous nos latitudes en janvier 2017 (juillet 2015 pour le Japon), fut sans doute l’animé le plus attendu de tous les temps, et aussi le plus à même de créer des critiques. On a lu tout et son contraire à son propos : animation foireuse, dessins de mauvaise qualité, combats rares et peu mémorables, sur-utilisation du concept des transformations. Si nous allons voir que certaines remontrances sont bel et bien justifiées, il est aussi vrai que d’autres nous paraissent moins pertinentes. Précisons ici que l’on opte pour des articles tous les cinq épisodes, afin d’aborder la série avec le plus de précision possible.

Dragon Ball Super démarre avec un épisode de remise en forme (Une récompense pour la paix. À qui reviennent les 100 millions de Zenis ?), pourrait-on écrire. C’était une nécessité que de rappeler le contexte, d’ailleurs nous allons préciser quelques éléments. L’animé se place avant la toute fin de Dragon Ball Z, entre la défaite de Majin Buu, et la découverte d’Oob, sa réincarnation. Alors, pas de Pan, encore « en gestation », comme nous le verrons dans un prochain article. Ni de moustache pour Vegeta, rassurez-vous. Par contre, on retrouve un Son Goku (et sa bande) dans la fleur de l’âge, c’est sûrement maitrisé de la part d’un Akira Toriyama qui a émis des petits regrets sur l’âge avancé de ses personnages, à la toute fin de Z. On retrouve un Goku qui travaille la terre, tenu de travailler durement par une Chichi toujours aussi drôlement tyrannique, et désireuse d’offrir la meilleure éducation possible à leurs enfants. Ce premier épisode réussit dans un exercice périlleux : faire remonter des impressions, des sentiments, en évitant de trop tomber dans un trip nostalgique pourtant compréhensible.

Une adversité surpuissante, et importante pour la suite

image episode 1 dragon ball super

L’épisode 001 est aussi l’occasion de faire rentrer en scène un duo d’importance, pour la suite de la série. Beerus et Whis, antagonistes de ce premier arc (intitulé Battle Of Gods), font leur première apparition, et sont de suite décrits comme la menace la plus terrible que Son Goku, Vegeta et les autres ont affronté jusqu’ici. Bien entendu, les fans savent très bien que ce genre de considération sera à revaloriser bien vite, mais on peut tout de même écrire que la ficelle fonctionne encore une fois. Le Dieu de la Destruction, force inverse de Kaio Shin, revêt l’apparence d’une sorte de chat Sphynx. Mais pas du genre câlin, non, plutôt apte à détruire un astre comme bon lui semble. Bien évidemment, Akira Toriyama apporte ses thèmes, et même les plus légers, comme pour donner un peu de distance avec la violence des situations. Ainsi, Beerus et son ange Whis ont de fins palais. Les habitants d’une planète vont le découvrir à leur dépens, car la moindre fausse note dans un plat peut provoquer un cataclisme. Le paradoxe entre la motivation de l’antagoniste, plutôt mince (même si, plus tard dans la série, est évoqué un fin équilibre des forces), et ses actes, accouche d’une sensation étrange, d’une tension palpable, un malaise naissant. Sur Terre, les choses sont plus simples, et Goku gagne le droit de partir s’entrainer chez Maître Kaio, non sans avoir rassuré Chichi…

L’épisode 002 (Une promesse, c’est une promesse. Des vacances en famille pour Vegeta) continue dans une voie comique. On sent qu’Akira Toriyama, et ses nombreuses mains chez la Toei Animation, ont envie de retrouver un peu du feeling de Dragon Ball, qui déjà réapparaissait très légèrement pendant l’arc de Boo. Comme le titre le suggère, Vegeta doit tenir une promesse, et c’est pour cela qu’il accompagne sa famille dans une journée de shopping et de détente. On s’aperçoit, par la même occasion, que Dragon Ball Super n’oublie pas ce qu’il s’est produit dans Z. Cet épisode se base sur un détail, rappelé par le biais d’un flashback salvateur. Au-delà de cela, certaines situations pourront faire sourire, même si les fans du Prince des Saiyan feront peut-être les gros yeux devant certaines cocasseries, qui humanisent un peu le personnage. La deuxième partie s’intéresse à Beerus et Whis, et montre le premier au combat, face à un adversaire loin d’être faible. Clairement, l’utilité de cette séquence est de démontrer, une première fois, la puissance phénoménale du Dieu de la Destruction. Ici, il se débarrasse de son opposant sans même poser un doigt dessus…

Le retour de Pilaf !

image episode 4 dragon ball super

L’épisode 003 (Quelle est la suite du rêve, déjà ? À la recherche du Super Saïyen divin !) fait évoluer la problématique : Maître Kaio sent (enfin) le réveil de Beerus, et balise en pensant aux étincelles que provoqueraient la rencontre avec un Son Goku toujours en recherche de nouveaux défis. Mais avant cela, on aura dû suivre un récit qui commence à faire un peu de surplace. On sent que la série joue un peu la montre, étire certaines scènes plus qu’il ne le faudrait. En résulte une petite lourdeur, et une impatience : toujours pas de combat digne de ce nom à se mettre sous la dent. Notons l’apparition du Poisson Prophète, personnage qui révèle au Dieu de la Destruction qu’il s’apprête à rencontrer le plus féroce des adversaires qu’il n’ait jamais rencontré : le Super Saiyan God. Là aussi, le récit s’appuie sur un élément un peu mis de côté jusqu’ici : la fameuse légende du Guerrier Légendaire. Eh non, ce n’était pas Broly… De quoi se remonter le moral, même si l’on n’était pas tout à fait désespéré par la mise en place de l’anniversaire de Bulma est plutôt plaisante.

L’épisode 004 (À la poursuite des Dragon Balls ! Le Plan d’attaque de la bande à Pilaf)  est, donc, l’occasion de prendre la mer. Bulma fête son anniversaire sur un gigantesque bateau de croisière, histoire de rappeler qu’elle est l’héritière de la plus grande fortune du monde. On retrouve des visages que les fans ne pourront jamais oublier : Krilin, C-18, Mister Satan, Yamcha, Ten Shin Han, Tortue Géniale, et d’autres, bref tous ceux qui ont eu leur importance font le voyage. Tous sauf deux, insatiables de combats et d’entrainements, suivez notre regard. C’est aussi l’occasion d’une réapparition qui parlera aux nostalgiques : Pilaf, évidemment entouré de Mai et Shû. Le tout premier antagoniste de Dragon Ball, ça ne nous rajeunit pas ! Et cette bande n’a pas changé : toujours à la recherche des sept boules de cristal, lesquelles se trouvent… devinez où… Bon, soyons clairs : s’il n’y avait pas le côté savoureux des retrouvailles, on serait assez déçu en terme d’action, ou tout simplement d’évolution du récit. Il ne se passe pas grand chose, du moins jusqu’au cliffhanger.

Des dessins immondes, dans un cinquième épisode qui laissera des traces

image episode 5 dragon ball super

L’épisode 005 (Duel chez Maître Kaio ! Goku contre Beerus, le Dieu de la destruction !) est celui des impressions paradoxales. On en vient enfin à un duel intéressant, décrit dans le titre. Seulement, l’action est de suite gâché par un gros souci, qui suivra la série pendant un bon bout de temps. L’animation et le dessin n’est pas du tout à la hauteur du combat, pourtant prometteur. Il faut préciser que le rythme de parution japonais force les artistes à foncer, mais tout de même. Cela n’excuse pas certaines représentations, que l’on croirait issues de fan arts ratés. Certains instants sont terrifiants de mocheté : fond vide, trait grossier, seconds plans rudimentaires, le tout accompagné de chorégraphies parmi les plus pauvres de Dragon Ball. Toujours est-il que la transformation en Super Saiyan 3 de Son Goku est balayée d’une pichenette par un Beerus qui, par la suite, prend la direction de la Terre…

Ces cinq premiers épisodes de Dragon Ball Super donnent à comprendre plusieurs éléments. Tout d’abord, il est certain qu’Akira Toriyama a voulu revenir à un humour assez potache, et Toei Animation ne s’est pas prié pour accepter, on en est persuadé. Cela a pu allonger l’introduction au-delà du raisonnable (deux épisodes nous semblaient une bonne chose), et meubler en terme d’épisode. Le récit, pourtant, n’est pas mauvais sur ce début, en cherchant tout de même à créer une autre ambiance que dans le film Battle Of Gods (sorti en 2013). Seul petit regret scénaristique, qui commence à se vérifier ici mais se prolongera dans la suite de l’arc : Pilaf et sa bande ne se justifient aucunement, au-delà du simple clin d’œil nostalgique. Enfin, et c’est sans doute le plus terrible : la qualité du dessin est descendue en flèche dès l’épisode 005, véritablement honteux, indigne de l’événement qu’est le retour de Dragon Ball. Bref, des débuts funs, mais parfois très poussifs…

image episode 2 dragon ball super

Vous pouvez aussi retrouver nos critiques des mangas : Dragon Ball Super Tome 1, et Tome 2.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
6/10