[Test – Playstation 4] Cat Quest : une chaventure charmante

Caractéristiques

    • Playstation 4
    • Ordinateur/PC
    • Nintendo Switch
    • iOS
    • Android
  • Développeur : The Gentlebros
  • Editeur : PQube
  • Date de sortie : 10 novembre 2017
  • Acheter : Cliquez ici

Introduction

image test cat quest
Si ça ne vous donne pas envie de gambader….

Après Slashy Hero, jeu mobile loin d’être passé inaperçu lors de sa sortie, en 2015, le studio indépendant The Gentlebros, basé à Singapour, revient avec un jeu plus ambitieux : Cat Quest. Si l’on garde l’aspect en 3D isométrique, les plateformes de sortie incluent, cette fois-ci, des consoles de salon, et leurs publics plus exigeants. Cela tombe bien car, comme nous allons voir, les développeurs ont su élever le niveau, et proposer un Action-RPG certes un peu court en contenu mais tout à fait intéressant dans l’intention. Rentrons dans le vif du sujet…

Histoire : 3/5

image ps4 cat quest
Drakoth, le grand méchant du jeu, cache ses motivations…

Si le scénario de Cat Quest n’a rien de sensationnel, écrivons qu’il remplit largement ses objectifs. Le jeu débute comme bon nombre de RPG japonais (on pense notamment à Ys VIII : Lacrimosa Of Dana). Non, il n’est pas question de héro atteint de gros troubles de la mémoire, mais plutôt d’un naufrage qui nous sépare de notre sœurette. Ni une, ni deux, notre avatar se met à sa poursuite, surtout quand il apprend qu’elle a été enlevée par le vil Drakoth. Cette mise en place de la situation se déroule en quelques minutes, avec une rapidité qui n’a d’égale que la clarté des intentions. Le fil rouge nous poussera à avancer, sans pour autant nous prendre la tête avec des ramifications hors de propos.

Mais n’allez pas croire que Cat Quest passe au-dessus de son univers, car ce n’est absolument pas le cas. Sans trop se prendre au sérieux, le soft prend place sur une terre qui a un passé, un background, que l’on découvrira par le biais de menhir chargés d’histoire. On comprend, à demi-mot, que malgré son aspect fantasy, l’univers prend racine dans notre futur. Un avenir où les humains ne sont pas conviés, alors que les chats se baladent sur leurs deux pattes, en armure, parlent, et peuvent fomenter des plans. On était quelques uns à prévenir la population du grand complot félin en cours, notamment sur Internet, via les vidéos toutes mignonnes. Mais vous n’écoutiez pas, et voilà. Bon, prenons non pilules, là c’est mieux. Bref, le titre est aussi rempli de quêtes annexes scénarisées. Comme nous le verrons plus bas, elles ne sont pas spécialement amusantes à jouer, mais ont le mérite d’avoir été vraiment écrites. Pas d’impression de perdre son temps à tuer dix sangliers pour rien d’autre que de l’expérience, donc.

Gameplay : 4/5

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L’univers coloré nous en met plein la vue.

Cat Quest se présente comme un Action-RPG des plus classiques à prendre en mains. Et comme le genre est l’un des plus plaisants de l’offre vidéoludique, de notre point de vue tout du moins, alors le principal est assuré : c’est fun. On se mouve sur une carte, et les ennemis y apparaissent, avant d’être terrassés en direct. Le choix de cette échelle, peu banale, est d’un courage à souligner. The Gentlebros sait bien qu’à l’époque des monde ouverts de plus en plus vastes (et parfois incroyablement vides), offrir un monde aussi ramassé pourra créer une certaine déception. Oui, on se prend à espérer que le studio livre une suite beaucoup plus étendue, mais le concept ne se limite pas à la taille (comme beaucoup de choses, finalement, wink). C’est la façon d’agencer les activités qui importe, et de ce côté le soft assure pas mal.

Cat Quest simplifie toutes les mécaniques de l’Action-RPG. Gagner des points d’expériences, faire évoluer les capacités magiques, remplir les objectifs, tout semble avoir été pensé pour les joueurs venus chercher une expérience plus agréable qu’exigeante (les deux sentiments pouvant coexister, entendons-nous bien). Un coup d’épée, une roulade, l’accès à l’inventaire, et quatre sorts à associer avec les boutons de tranche. Voilà la base, de quoi assurer une prise en mains aisée et rapide. S’ajoutent l’accès à un panorama sur la carte, très efficace, et une capacité que l’on ne spoilera pas. Ensuite, certains éléments pourront approfondir le gameplay. Le principal étant lié aux patterns des ennemis. Si les indices visuels, traduits par des traces rouges au sol, nous donnent des indices sur l’attaque ennemie en cours, il va falloir vite retenir les effets, afin de ne pas être pris au dépourvu. La roulade sera d’ailleurs la bienvenue, et même carrément indispensable à maitriser. Petit regret, on aurait apprécié avoir la possibilité de l’associer au stick droit, qui paraît une meilleure solution que la touche.

Bien entendu, vous ne terminerez pas Cat Quest sans avoir changé d’équipement, et ce tout du long. Qu’ils aient été récupérés dans les donjons, dans l’ensemble très courts, ou chez la vendeuse du coin (contre des pièces sonnantes et trébuchantes), ces armes, armures ou casques s’ajouteront à votre inventaire. Ils s’y accumuleront, et pourront évoluer. Là aussi, la simplicité est de mise, par contre on remarque que l’intérêt n’est pas toujours optimal. En effet, il n’y a que peu de chance de vous voir opter pour autre chose que l’équipement qui améliore au mieux vos capacités, ce qui brise le choix, le rend superflu. Autre souci : les quêtes annexes sont, pour la plupart, du Fedex même pas déguisé. Dans la grande majorité des cas, il faudra récupérer ces missions sur différents panneaux, puis vous rendre vers un objectif, avant de revenir au point de départ. Quelques exceptions sont à noter, mais cela manque de diversité, indiscutablement. Enfin, les secrets sont relativement absents, les easter eggs aussi (les amateurs de Lovecraft auront une petite friandise, s’ils cherchent bien), ce qui reste aussi un regret.

Ambiance visuelle et sonore : 4/5

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Le genre d’ennemi que l’on redoute.

Rien de bien impressionnant au programme de ce Cat Quest, en terme d’effets purement techniques. Seulement, The Gentlebros est si conscient des limites du titre que la maitrise crève les yeux. Les environnements se répètent, les jeux de lumière sont aussi rares que peu clinquants. Mais il est difficile de ne pas être admiratif envers la direction artistique, colorée et mignonne à souhait. Les animations, minimalistes, participent parfaitement au rendu général : c’est peu, mais c’est si bien fignolé qu’on ne trouve rien à en redire. Quant aux musiques, elles sont certes (très) peu nombreuses, mais démontrent que des thèmes forts seront toujours plus mémorables qu’un ensemble de compositions sans trop d’âme.

Durée de vie : 3/5

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Défoncez les tous !

Il vous faudra six heures pour terminer l’histoire, mais un peu plus afin de tout voir de Cat Quest. Si vous vous lancez dans la quête du 100%, vous pourrez alors tabler sur 8 à 10 heure de jeu. Au programme, cinquante donjons à nettoyer, plus de soixante quêtes secondaires et, pour les plus fadas, bien de l’expérience à amasser, et des magies à perfectionner. C’est satisfaisant, surtout en regard du prix (12,99 euros), mais on regrette l’absence d’un New game plus, ou d’un quelconque mode à débloquer. Paraît-il que ça viendra, avec le temps et une future mise à jour, déjà disponible sur PC.

Note finale : 14/20

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Un clin d’œil évident à une certaine licence…

Voilà un jeu bourré de charme ! Sans chercher autre chose qu’un divertissement le plus direct possible, franc du collier, Cat Quest accumule les mécaniques simples, et efficaces. Action-RPG sans prise de tête, parfois un peu trop superficiel pour laisser autre chose qu’un lointain et bon souvenir, le soft démontre qu’il est possible de s’adresser à une large fourchette de gamers, tout en proposant une matière sérieuse, bien calibrée. Les fondamentalistes regretteront, évidemment, l’absence totale de challenge à la hauteur d’un gros skill, et prendront vite la mouche. Mais le titre ne leur est pas destiné en priorité. On regrettera tout de même l’absence d’un nouveau mode de difficulté à débloquer, ou d’un New game plus, après avoir atteint la fin. En l’état, voilà un bon petit trip, parfait pour souffler entre deux jeux plus conséquents.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
7/10

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