[Critique] PIFFF 2017 : Dave Made A Maze

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Bill Watterson
  • Avec : Meera Rohit Kumbhani, Nick Thune, Adam Busch, James Urbaniak, Frank Caeti
  • Genre : Comédie, Fantastique
  • Nationalité : Etats-Unis
  • Durée : 80 minutes
  • Date de sortie : 18 août 2017 (USA)

Un labyrinthe fun, mais redondant

Au sein du programme de l’excellente édition 2017 du PIFFF, Dave Made A Maze faisait office de grande inconnue. Son réalisateur, Bill Waterson, n’était jusqu’ici (à peine) connu pour deux interprétations, dans des films pas spécialement réussis : Jersey Boys et l’horrible Ouija. Clairement produit avec des bouts de ficelle, et de carton, le film était tout de même du genre à exciter la curiosité au sein de l’assistance, tant le Do It Yourself a le vent en poupe. Malheureusement, on ne peut pas dire que l’œuvre justifie complètement cette attente.

Dave, un artiste dont la carrière piétine, se met en tête de construire un fort dans son salon. Problème : une fois à l’intérieur, le jeune homme ne parvient plus à retrouver la sortie et se voit confronté à des pièges et des créatures issus de son imagination. Il sera bientôt rejoint par sa copine et des amis à lui, et tout ce joli monde va devoir se défaire de pièges mortels, alors que le lieu est parcouru par un Minotaure.

Dave Made A Maze s’appuie sur une situation aussi cocasse que prometteuse. Tout le début de ce film est une véritable réussite, où l’humour et le saugrenu font mouche. Une fois que le personnage est enfermé dans sa propre œuvre, sorte d’image métaphorique de l’auteur qui va un peu trop loin dans son mécanisme de création, le concept devient prétexte à une succession de gags et, surtout, de dialogues bien savoureux. C’est ici que se situe la grande force de ce long métrage : l’écriture est bonne et, même si le tout fait un peu trop référence à la culture geek, on rigole de bon cœur devant le désarroi de la copine de Dave, qui ne peut que constater l’acte incroyable de son compagnon.

Plus un court métrage qu’un long, dans l’esprit

image pifff dave made a maze

Le charme fonctionne encore pendant la moitié, voire les deux tiers de Dave Made A Maze, avant que les limites du scénario n’apparaissent. Si le réalisateur Bill Watterson fait preuve d’une belle inventivité, et maitrise son sujet notamment grâce à des raccords toujours bien sentis, il ne peut rien quand la redondance pointe le bout de son nez. Le concept n’arrive pas à se renouveler, et ce même quand les personnages, en chair et en os, font place à des marionnettes, le temps d’une séquence drôle mais, finalement, un peu gratuite. C’est d’ailleurs un constat que l’on peut étendre à l’univers, qui est clairement imaginé à l’arrache. C’est pensé pour cela, afin que le fun soit le plus soudain possible en évitant de se prendre la tête avec un background, mais on perd en charisme de ce qui nous est présenté. Le Minotaure ne traduit aucun véritable danger, puisqu’on ne peut le raccorde à aucune peur construite, par exemple.

Dave Made A Maze n’est pas un mauvais film pour autant, loin de là. C’est juste que le potentiel du départ, du concept, n’accouche pas d’une œuvre à la hauteur. Pourtant, on apprécie le côté malin, la manipulation des décors, de leur logique, purement cinématographique. Mais il manque quelque chose, une étincelle de folie furieuse, peut-être plus de sérieux dans la gestion de l’univers, moins de clins d’œil au spectateur aussi, afin que le film soit mémorable. La saveur se fait trop superficielle, et pourrait laisser croire que l’on fait face à un court métrage, qui se verrait gonflé en terme de durée. Enfin, signalons un casting parsemé d’acteurs méconnus, et qui ne déméritent pas. Un petit délire inoffensif, drôle mais pas assez attachant, au final.

Retrouvez le site officiel du PIFFF.

5/10

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