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[Critique] Ready Player One : un amour de geek

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Steven Spielberg
  • Avec : Tye Sheridan, Olivia Cooke, Ben Mendelsohn, T.J. Miller, Simon Pegg, Mark Rylance...
  • Distributeur : Warner Bros France
  • Genre : Science fiction, Action, Aventure
  • Nationalité : Américain
  • Durée : 140 minutes
  • Date de sortie : 28 Mars 2018

Une expérience vidéoludique

Treize année après son dernier film de science-fiction, La Guerre des Mondes, Steven Spielberg (Le monde perduLes Aventures de Tintin: le secret de la licorneLe Bon Gros Géant) revient à ce genre avec l’adaptation du roman Ready Player One d’Ernest Cline, paru en 2011. Le réalisateur, qui est en mode automatique depuis une bonne dizaine d’années, a-t’il réussi son pari ?

Nous sommes en 2045 et le monde est en proie à de nombreux soucis : crise énergétique, désastre causé par le changement climatique, famine, pauvreté, guerre… Seul réconfort, l’OASIS, un système mondial de réalité virtuelle dans lequel on peut obtenir une seconde vie numérique et faire ce que l’on veut. Le créateur de celui-ci, Jim Halliday, a laissé une vidéo à sa mort quatre années plus tôt, dans laquelle il dit léguer sa fortune (500 milliards de dollars) ainsi que sa société, GSS, à celui qui trouvera l’Easter Egg (“Oeuf de Pâques”) caché dans l’OASIS. Wade Watts alias Parzival va déclencher, en trouvant le premier indice, une course contre la montre…

Malgré nos à priori, la bonne surprise de ce Ready Player One est de constater que Steven Spielberg apporte véritablement quelque chose en plus à ce qui aurait tout aussi bien pu n’être qu’un simple divertissement. Premier bon point, le scénario, basé sur le roman de Cline, est une véritable expérience vidéoludique. Après une petite explication du monde de 2045 et des règles de l’OASIS, on plonge directement dans ce monde virtuel peuplé de références à la pop culture (jeux-vidéo, films, super-héros, mangas, etc…) où l’on peut être qui l’on veut. Passé cette exposition, l’histoire commence et s’articule vraiment comme un jeu vidéo durant lequel le héros, avec ses acolytes, devra résoudre des énigmes et passer des épreuves pour en ressortir grandi — le propre des récits initiatiques qui font la force de certains des meilleurs Spielberg — mais aussi sauver cet univers.

Le film est donc composé de trois grosses parties qui composent les trois énigmes pour trouver l’Easter Egg. Outre le fait que ces épreuves sont complètement différentes les unes des autres et plus qu’intéressantes, les codes du jeu vidéo sont respectés. Plus que ça, le scénario d’Ernest Cline et Zak Penn va jusqu’à proposer une critique du monde actuel du jeu vidéo. Entre le représentant de la société concurrente de GSS, 101, Nolan Sorrento, qui possède des joueurs professionnels à son compte et le comportement de certains joueurs, on voit ici ce que pourrait devenir cette industrie dans le pire des cas.

Une immersion dans un pur univers SF

image steven spielberg ready player one

Ready Player One est également rempli d’humour. La plupart des blagues sont nourries de références à la pop culture, la force du film étant que si vous ne possédez pas cette culture, vous pouvez malgré tout apprécier ces passages,  l’humour jouant autant sur le comique de situation que les clins d’oeil. En parlant des références, il y en beaucoup. Vraiment beaucoup. Et pourtant, vu qu’on nous pose le principe de base dès le début du film, celles-ci ne semblent pas du tout forcées et sont plutôt là pour faire plaisir aux spectateurs, tel un bonus de jeu vidéo. Il faudra d’ailleurs visionner le long-métrage plusieurs fois pour toutes les remarquer. On pourra seulement regretter une chose : le message final délivré, à savoir “le monde réel, c’est quand même mieux”. Une facilité qui en fera tiquer plus d’un, même si le film ne tombe pas non plus dans l’anti-gaming. En effet, ce qui sauve l’ensemble, c’est que le film fait aussi passer l’idée que les jeux vidéo sont un divertissement, que le principal est de s’amuser, et qu’on peut aussi s’y faire de vrais amis.

Le long-métrage est aussi une aventure, et côté spectacle on en prend plein les yeux, que ce soit dans l’OASIS avec ses courses de voitures et scènes d’action dantesques — voir le combat final — ou dans le monde réel dans lequel Wade est poursuivi. De ce côté-là, tout le monde devrait en avoir pour son argent. Du coup, les deux heures et vingt minutes de durée de Ready Player One passent extrêmement rapidement. Les effets spéciaux sont de qualité, à l’image de la représentation de nos héros dans le monde virtuel. La musique d’Alan Silvestri (Retour vers le Futur, Forrest Gump) s’avère des plus épiques, reprenant même certains de ses plus grand thèmes aux moments où il faut. Les acteurs sont excellents, à l’image de Tye Sheridan, qui trouve ici l’un de ses meilleurs rôle. Ben Mendelsohn (Rogue One: A Star Wars Story) fait quant à lui le job en tant que méchant. Olivia Cooke (Golem, le tueur de Londres) est des plus convaincantes. T.J. Miller, Simon Pegg et Mark Rylance complètent le casting avec de solides prestations.

Mais le meilleur dans tout ça, c’est que ce Ready Player One est emballé par le Steven Spielberg des grands jours. Le réalisateur a retrouvé une seconde jeunesse et s’amuse ici tel un enfant avec un nouveau jeu. Il s’en donne à cœur joie, surtout dans l’OASIS, et nous offre l’une de ses meilleures réalisations de ces quinze dernières années. En plus d’être un divertissement solide pour toute la famille, Ready Player One est donc un hommage à la dimension ludique des jeux vidéo et à la pop culture. Une expérience, doublée d’une aventure d’excellente qualité qui va à cent à l’heure.

9/10

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