[Test] Everspace : lancement réussi sur PlayStation 4

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Ordinateur/PC
    • Xbox One
  • Développeur : Rockfish Games
  • Editeur : Rockfish Games
  • Date de sortie : 22 mai 2018
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Un Rogue-like originale et bien fignolé

image everspace
Un Rogue-like explosif.

Si l’actualité des Rogue-like (Vertical Drop Heroes HDDownwell) est un peu retombée, le genre reste bien présent chez les développeurs indépendants. Et, cette fois-ci, c’est un titre déjà sorti sur PC et Xbox One qui nous intéresse, mais pas n’importe lequel. Paru il y a près d’un an, Everspace a fait fureur, aussi bien auprès des fans du genre, que de la presse spécialisée. Il faut bien écrire que l’effet de surprise était total : le jeu étant passé par une phase de financement participatif, puis un accès anticipé, on ne savait pas trop à quoi s’attendre. Le résultat dépassait nos espérance, et l’on se demandait si ce constat se prolongerait sur PlayStation 4. Réponse dans ce test, qui fonce vers l’infini et au-delà.

Avant toutes choses, sachez qu’Everspace débarque sur la console de Sony dans différentes éditions. Tout d’abord, la physique, pertinemment appelée Galactic Edition (qui sortira le 29 mai 2018), où le trouve bien évidemment le jeu, mais aussi son extension Encounters, un petit livre qui revient sur le développement, et la bande originale. Sinon, le PlayStation Store propose aussi bien le soft seul, ou en bundle avec l’OST et le DLC. De quoi gâter celles et ceux qui aiment les beaux objets donc, mais aussi les joueurs qui voudraient profiter de l’expérience complète. Encounters n’est pas qu’un ajout cosmétique : il implique un nouveau vaisseau, des mécaniques de gameplay comme l’apparition des vaisseaux de commerce, des missions originales, des armes, et même des environnements. Précisons, d’ailleurs, que notre test s’est effectué en compagnie de ce contenu.

Un scénario pas anodin

 

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L’espace est plein de carcasses à parcourir.

Everspace est un Rogue-like sidéral. Et c’est bien connu que ce style de jeu n’est pas spécialement regardant sur le scénario. Ici, c’est différent. Le studio allemand Rockfish Games a pris soin de créer un contexte plus fort que la moyenne du genre, ce qui pourra agréablement surprendre. L’intelligence artificielle nous guide dans une histoire faite de conflits interstellaires entre deux factions, et de clonage. Vos défaites, qui résultent inexorablement sur la destruction de votre vaisseau et de tout ce qu’il abrite, est en elle-même un élément du scénario, ce qu’on juge très bien vu. Quant à la narration, elle est bien équilibrée. Les cinématiques interviennent à chaque nouveau secteur, mais une seule et unique fois, ce qui évite toute répétitivité. Que les non anglophones se rassurent, le soft est entièrement sous-titré en français (et les voix restent doublées en anglais, tant mieux), et c’est là une excellente initiative,. Tout comme le codex, très complet et passionnant pour qui aime en savoir plus sur le background.

Un enrobage scénaristique étonnant donc, et qui ne prend jamais le pas sur le critère principale, celui qui fait d’un Rogue-like un bon jeu : le gameplay. Everspace ose un mélange de folie : le space opera, et le genre cité dans la phrase précédente. Cela accouche d’un titre hyper addictif, même si difficile d’approche, du moins dans un premier temps. Heureusement, les déplacements sont d’une belle fluidité. Vous prenez les commandes d’un vaisseau, et dès lors la magie opère. En vue subjective ou à la troisième personne, les commandes répondent au doigt et à l’œil. Votre choix, concernant la caméra, dépendra de l’expérience qui vous sera la plus agréable : la première favorise l’immersion (mais peut parfois un peu mettre le bide à l’envers, à l’instar de ce qu’on a vécu sur Descent, fut une époque), tandis que la seconde offre une meilleure visibilité. Quand au véhicule de l’espace, vous pourrez en changer contre de l’argent récupéré lors de vos voyages mouvementés, afin de gagner en capacités.

L’exploration mise à contribution

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Il va falloir la jouer serré, pour explorer.

Ces excursion galactiques sont évidemment le centre de toutes les attentions d’Everspace. Chaque secteur est divisé en plusieurs niveaux, sur différentes voies, que vous pourrez choisir en fonction de certaines indications (niveau de difficulté du secteur, présence de commerces, principalement). Une fois arrivé dans un level, c’est le grand saut vers l’inconnu. Ils sont générés aléatoirement, et mettent en avant le besoin d’exploration. Car l’intérêt ne se trouve pas uniquement dans les joutes contre les redoutables Okkar, mais aussi dans la récupération de matières premières. En effet, l’apparition d’armement, qu’il soit libéré par des coffres ou des carcasses de vaisseaux adverses, n’est pas tout le temps digne de nos attentes. Un côté aléatoire, et sans impression de gruge, évidemment maitrisé, afin de faire rentrer en jeu la mécanique de la création. Vous aimeriez un laser plus efficace ? Construisez-le !

Everspace multiplie les bonnes idées, mais il vous faudra du temps pour bien les digérer. C’est le principal regret que laisse cette bonne expérience : on a un peu de mal à bien tout prendre en compte. Entre les salvateurs nanobots, qui vous redonnent de l’énergie, la gestion des différents boucliers afin de ne pas trop se faire endommager certaines pièces du vaisseau, ou encore le carburant indispensable pour se déplacer au prochain niveau, les premières heures sont bien costaudes. Mais, une fois bien captées, ces particularités accouchent d’une formule très entêtante. Chaque partie est profitable, même la plus honteuse : la progression sous forme de grinding n’est possible que grâce aux crédits ainsi récupérés. Et, croyez-nous, vous observerez bien des progrès quand votre véhicule aura augmenté ses forces.

Beau, et toujours fluide

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Décors et effets de lumière vous en mettront plein la vue.

Everspace nous étonne sur ses qualités ludiques. Les batailles sont tout simplement jouissives, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce que le vaisseau, une fois bien maitrisé, offre une agilité déconcertante. Quand une joute de l’espace se lance, le joueur est dedans : on verrouille la cible, on estime les forces en présence, on fait intervenir aussi bien notre sens tactique que la force brute. Attention à bien observer la qualité du bouclier chez le belligérant, car votre approche ne sera pas la même si celui-ci est véritablement protégé. Les armes, qui ne sont jamais abusées dans leurs statistiques, apportent la matière nécessaires à la stratégie. Aussi, le strafe et autre marche arrière font des phases d’exploration de véritables moments de plaisir. Plonger dans un gigantesque astéroïde, en croisant les doigts pour trouver un coffre, ça n’a pas de prix.

Everspace aurait moins d’impact s’il n’était pas satisfaisant techniquement. Alors certes, les environnements auront tendance à se répéter, avec les heures qui passent. Mais c’est tellement fluide, la profondeur de champ est bonne, on est même parfois émerveillé par des panoramas qui plairont aux amateurs de science fiction. Sans oublier les effets de lumière, la beauté des explosions. C’est clairement impressionnant. Beaucoup plus que la bande originale, qui ne nous a pas paru très à-propos. Pas que les compositions de Gero Goerlich (qui a œuvré sur Galaxy On Fire 2) soient mauvaises, loin de là, mais elles ne collent pas spécialement avec l’ambiance. Dommage, surtout que le sound design est satisfaisant.

Note : 16/20

Si vous cherchez un Rogue-like différent, Everspace est sans doute une très bonne solution. Avec son rythme bien plus travaillé que la moyenne des jeux qui s’inscrivent dans le genre, un scénario pas anecdotique, et même un background fouillé, l’ambiance du jeu nous pousse à jouer, encore et encore. La prise en mains, en terme de déplacements, est optimale. Aussi, les décors pourront parfois vous décrocher la mâchoire. Par contre, on ne peut que prévenir sur les multiples mécaniques, qui forment un tout difficile à bien maitriser, du moins avant digestion. Voilà un soft qui demande un peu d’implication donc, ce qui n’est jamais une mauvaise chose.

8/10

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