[Critique] Macabre : les Mo Brothers débutent avec un bon film gore

Caractéristiques

  • Titre original : Rumah Dara
  • Réalisateur(s) : Mo Brothers
  • Avec : Shareefa Daanish, Imelda Therinne, Arifin Putra, Ruli Lubis, Julie Estelle
  • Distributeur : Overlook Entertainment
  • Genre : Horreur
  • Nationalité : Indonésie
  • Durée : 95 minutes
  • Date de sortie : 2009 (l’Étrange Festival)

Un titre qui ne ment pas

image macabre
Une bien étrange famille…

Voilà de bien nombreux mois, nous abordions le très mémorable Headshot, couronné lors de l’Étrange Festival 2016. Derrière les caméras de ce véritable uppercut filmique, on trouvait les Mo Brothers, duo sans lien de parenté formé par les indonésiens Timo Tjahjanto et Kimo Stamboel. Si l’on ne peut que vous conseiller de découvrir au plus vite le film précédemment cité, on pourrait en fait globaliser ce conseil à toute la carrière de ces deux cinéastes fous, qui prouvent leur compréhension de cinéma de genre depuis leur première œuvre. Celle-ci, justement n’est autre que Macabre. Et si quelques maladresses de jeunesse se font sentir ici ou là, l’ensemble est un véritable plaisir cinéphile.

L’histoire de Macabre est aussi intéressante à l’écran qu’en dehors. Nous vous conseillons très vivement l’article paru chez l’incontournable Sancho does Asia, qui revient avec panache sur l’évolution du cinéma en Indonésie. Ajoutons que l’œuvre a connu bien des soucis avec la censure, en Malaisie, où le film est carrément interdit. Il faut bien écrire que le scénario ne lésine pas sur les moments horrifiques très gores, et la description de la violence n’est pas du genre inoffensive, comme ce qu’on a pu voir dans le mauvais Jigsaw. La mise en place du récit est plutôt concise et simple, on ne perd pas trop de temps en bavardages (une demie heure d’exposition, cela s’avère raisonnable), et c’est très bien ainsi.

Le scénario de Macabre rappelle certains classiques du genre, comme Massacre à la Tronçonneuse. Astrid et Adjie, un couple marié dont la femme attend un enfant, sont en route pour l’aéroport, accompagnés de quelques uns de leurs amis : Eko, Alam et Jimmy. En route, ils s’arrêtent dans un restaurant, dans lequel travaille la sœur d’Adjie. Des tensions assez graves apparaissent entre les deux, mais d’autres soucis, une bagarre entre des clients irrespectueux et le groupe qui nous intéresse, vont forcer la frangine à se joindre à la bande. Le départ ne sera que de courte distance, car la voiture va encore devoir s’arrêter : une jeune fille, Maya, semble fuir un agresseur. Comme il reste encore un peu de place dans l’auto, voilà la malheureuse à bord, direction son domicile. Là, les choses vont se gâter, et pas qu’un peu.

Un film d’horreur asiatique, qui s’approprie des codes occidentaux

Macabre ne cache jamais son envie de faire de l’horreur à l’asiatique, mais en ouvrant les codes à ceux de l’Occident. L’image la plus frappante, pour cette fusion des approches, est personnifiée par l’antagoniste principal : la maléfique et mystérieuse Dara, mère de Maya. Son visage, son étonnante jeunesse, la façon dont sont décrits ses cheveux, sa démarche, la tonalité de sa voix : tout nous rapporte à la séduction orientale. Pour, vous l’aurez deviné, mieux cacher une véritable psychopathe. Ce rapport à l’horreur, lui, est plus conforme à ce qu’on est capable d’imaginer, sous nos latitudes. La matriarche a une fille, mais aussi deux fils, lesquels rappelleront des archétypes bien connus. Parfait pour tirer le récit vers la référence, autant à Psychose qu’à Hostel, le tout avec du bon gros rouge qui tâche, infiniment plus que dans l’effort décevant d’Eli Roth.

Si l’intrigue de Macabre est un peu tirée vers le bas par des ficelles un peu trop grosses, notamment dans l’écriture des personnages hors antagonistes, les amateurs de cinéma de genre seront tout de même séduits. Le film prend un sacré virage vers le grand-guignolesque, et si l’ensemble reste bien pêchu, on notera certaines séquences qui sortent encore plus du lot. La tronçonneuse prouve, encore une fois, tout son potentiel dramatique. Dara nous démontre, à grands coups  de crosse, à quel point un crâne humain peut être fragile. Ou encore le feu qui, comme dans Run And Kill, ne suffit pas pour liquider un méchant très motivé. Non contents de nous repaître avec le groupe initial, les Mo Brothers font aussi intervenir une équipe de police, pour encore plus de moments sanguinolents. La matriarche, incarnée par la très troublante Shareefa Daanish, gagne même un chouïa de background, avec le mobile de ce massacre. De quoi donner encore un peu plus de personnalité à un film qui, clairement, n’en manque pas.

7/10

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