[Critique] The Windmill Massacre : le meunier ne dort pas

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Nick Jongerius
  • Avec : Charlotte Beaumont, Bart Klever, Patrick Baladi, Ben Batt, Fiona Hampton, Tanroh Ishida
  • Distributeur : XLrator Media (non distribué en France)
  • Genre : Horreur
  • Nationalité : Hollande
  • Durée : 85 minutes
  • Date de sortie : 2016

Une série B à savourer pour ce qu’elle est

Ah, la Hollande. Le pays des tulipes, de Rembrandt, Van Gogh, des coffee shops… et du cinéma ! Car oui, ces terres n’ont pas que la particularité de se trouver sous le niveau de la mer, elles ont aussi celle d’avoir accouché de quelques cinéastes renommés. Bien entendu, le premier nom qui nous vient à l’esprit est le gigantesque Paul Verhoeven, dont on n’aura de cesse de vous conseiller la période néerlandaise (de Business is Business au Quatrième Homme), moins connue que ce que la suite a réservé, mais tout de même indispensable. D’autres artistes, moins en vue, plus bis écrirons-nous, ont aussi su tirer leur épingle du jeu. On pense à Dick Maas (L’ascenseur) et au phénomène Tom Six (The Human Centipede). Et l’on pourra peut-être ajouter Nick Jongerius, dont le The Windmill Massacre nous intéresse ici.

The Windmill Massacre nous conte l’histoire de Jennifer, une australienne qui fuit un passé mystérieux. Afin de ne pas attirer les regards sur elle, la jeune femme travaille comme fille au pair à Amsterdam. Mais cette couverture ne dure pas. Pour échapper aux autorités, elle rejoint un groupe de touristes, qui partent en bus visiter les célèbres moulins à vent néerlandais. Quelque part dans le polder abandonné, le bus tombe en panne, en pleine nuit. Des événements étranges vont se manifester, alors que chacun des touristes semble avoir quelque chose à cacher…

The Windmill Massacre ne cache pas son objectif : nous offrir un moment de pure série B. Pour ce faire, le film s’inscrit dans le genre du slasher, non sans avoir auparavant construit ses personnages. C’est, ici, une vraie qualité : Nick Jongerius, et ses scénaristes (Suzy Quid, Chris W. Mitchell), ne cherchent pas à recréer l’éternel schéma des victimes toutes trouvées, et un peu faciles. On a un père et son fils, un militaire, un touriste asiatique, une photographe française (joué par une anglaise, Fiona Hampton, à l’accent improbable), et d’autres qu’on vous laissera découvrir. Sans non plus que les caractérisations ne soient mémorables, sachez que ces touristes cachent effectivement quelques histoires pas très claires. Et l’on se prend à s’intéresser à ces zones d’ombre, tout du moins assez pour que les protagonistes ne nous soient jamais trop gonflants.

Sanglant, mais parfois maladroit dans sa situation

image the windmill massacre
Alors ça, ça doit faire mal…

Voilà une bonne base : The Windmill Massacre n’est pas ce genre de slasher obscur, qui n’existe que pour surfer sur certains codes faciles, à destination des adolescents peu regardants. L’histoire, elle, existe par le biais de trois piliers : le personnage principal, le croquemitaine et la situation. Le premier, une femme, porte la problématique en introduisant le fait que chacun des personnages cache quelque chose. Elle est atteinte de sortes de visions, ce n’est pas finaud mais, à hauteur de série B, ça fonctionne. L’antagoniste, lui, est au moins aussi important. Sans trop vous en dévoiler, sachez que le scénario en fait un meunier pour le moins imposant, ultra violent… et spectral. Un peu à l’image de ce qu’on a pu voir dans Victor Crowley, une certaine aura l’accompagne. On est évidemment très loin d’un Michael Myers, restons humbles, mais sa propension à se déclarer pour juger les protagonistes, leurs zones d’ombre, de manière à chaque fois très gore, nous plaît.

Enfin, il y a la situation. C’est peut-être là que le bât blesse un peu : The Windmill Massacre a des soucis de géolocalisation, de par une situation qui n’exploite pas vraiment les possibilités de huis clos. On est parfois un peu perdu, les personnages parcourent des kilomètres en bien trop peu de temps. Cela sort parfois un peu du trip, même si on n’en tient pas réellement rigueur. Aussi, et c’est un classique, ce slasher, par le biais de son croquemitaine très énervé, règle ses comptes avec certains comportements. Cela reste très superficiel, ne pensez pas assister à un brûlot politique, très loin de là. Enfin, le casting n’est pas des plus convaincants, à l’exception de l’actrice principale, Charlotte Beaumont (vue dans Jupiter Ascending et la série Broadchurch), qui assure une prestation passable. Alors certes, cette série B ne marquera pas les esprits. Mais sa violence très graphique, son croquemitaine intéressant, sont autant de raisons de tout de même tenter ce petit film sans prétentions.

6/10

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