[Critique] Hôtel Transylvanie 3 : Léger comme une glace à l’eau

Caractéristiques

  • Titre original : Hotel Transylvania 3: Summer Vacation
  • Réalisateur(s) : Genndy Tartakovsky
  • Avec : (les voix originales de) Adam Sandler, Andy Samberg, Selena Gomez, Kevin James, Fran Drescher, Steve Buscemi, Molly Shannon...
  • Distributeur : Sony Pictures Releasing France
  • Genre : Animation, Fantastique, Famille
  • Nationalité : Américain
  • Durée : 1h37
  • Date de sortie : 25 juillet 2018

Une recette éprouvée qui a ses limites…

Après deux films d’animation sortis respectivement en 2012 et 2015, Dracula, Frankenstein et toute leur joyeuse bande de morts-vivants sont de retour pour un troisième tour de piste. Hôtel Transylvanie 3 : Des vacances monstrueuses reprend sans trop de surprises la formule éprouvée de ses prédécesseurs : des personnages de monstres loufoques et pas tellement effrayants, des gags à la chaîne reposant principalement sur du comique de situation, des références ultra-modernes à la pelle pour parler à un public “djeun” et de la pop-électro mainstream non moins dans le vent. Comme on peut s’en douter, ces partis pris possèdent des limites certaines et, bien que tout à fait sympathique à regarder en famille entre deux sorties à la plage ou à la piscine, ce 3e opus ne s’élève jamais au-delà des attentes basiques que l’on pourrait avoir à son sujet.

image personnages yacht hôtel transylvanie 3
© Sony Pictures Releasing France

Outre un graphisme un rien simpliste et pas forcément du meilleur goût avec ses couleurs criardes — et ce même si, reconnaissons-le, les personnages sont malgré tout expressifs, Dracula en tête — qui est globalement le même que pour les deux premiers films, les multiples clins d’oeil “à la mode” dont est parsemé Hôtel Transylvanie 3 en font ouvertement un simple produit de consommation dont la date de péremption ne dépassera sans doute pas une poignée d’années, à l’instar d’une autre suite, pas foncièrement mauvaise mais oubliable, Shrek 3, qui reposait sur un principe similaire et n’hésitait pas à jouer, par exemple, de la relation entre Justin Timberlake et Cameron Diaz (qui doublaient respectivement Arthur et Fiona) au moment des faits, chose que tout le monde a oublié aujourd’hui.

Des références et une musique “à la mode”

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© Sony Pictures Releasing France

Ici, pour prendre seulement quelques exemples, on nous balance en pagaille des tubes EDM, notamment une ribambelle de morceaux techno du DJ Tiesto, Dracula utilise l’équivalent monstre de Tinder et l’un des personnages est un slime vert fluorescent géant. Tous ces choix ayant été uniquement dictés par ce qui cartonne en ce moment auprès des enfants, ados et jeunes adultes, il n’est pas sûr que le dessin animé vieillisse très bien. Dans 10 ou 20 ans, lorsque ces références seront devenues obsolètes, rira-t-on encore de la même manière devant ces aventures monstrueuses, ou bien les regarderons-nous comme de simples reliques kitsch de l’année 2018 ?

De même, cette manie de mettre de la (mauvaise) musique commerciale dans le but d’attirer le public ado commence à être lassant et donne une certaine impression de vulgarité à l’ensemble, d’autant plus que les vacances rêvées des monstres sont tristement beaufs : croisière à bord d’un yacht géant, soirée techno dans un immense casino de béton moche et clinquant… Non seulement cela dénote un certain manque d’imagination, mais surtout, on a un peu l’impression que les producteurs se font une idée assez condescendante de leur public, puisque la franchise tend à montrer les monstres comme une famille qui serait quasi-ordinaire si ce n’était leurs apparences et pouvoirs bien particuliers.

Quelques jolies scènes et une auto-dérision bienvenue

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© Sony Pictures Releasing France

Une fois ceci posé sur la table, Hôtel Transylvanie 3 s’en sort aussi bien que possible à partir de ces facilités. Malgré un humour parfois un peu too much, le film de Tartakovsky parvient à séduire grâce à un Dracula qui n’a jamais été aussi attachant qu’en vampire qu’un amour naissant rend rougissant, maladroit et aveugle au possible. Parmi les réussites de ce 3e long-métrage, on retiendra la scène très drôle où Dracula échappe à son insu aux multiples attaques sournoises du capitaine Ericka Van Helsing, qui cherche à le tuer par tous les moyens, grâce à son pote Slime, qui trouve à travers cette seule séquence une justification à sa présence. Et puis, surtout, il y a cette longue séquence où Dracula suit Ericka, qui s’est aventurée dans une grotte pour pouvoir dérober l’arme à même de vaincre les monstres. Totalement inconscient des plans machiavéliques de l’arrière-petite-fille du chasseur de vampires Van Helsing, Dracula usera de toutes les ruses pour ne pas se faire remarquer, avant de la protéger d’innombrables pièges à la Indiana Jones se déclenchant à chacun de ses pas. Ici, l’animation, la tension dramatique et l’humour sont en harmonie, et donnent lieu aux meilleurs moments du film.

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© Sony Pictures Releasing France

Si la fin, délivrant l’habituel message sur les apparences trompeuses, est attendue, la bataille finale est également l’occasion de balancer le même gros son qui nous aura agacés durant près d’1h30, mais avec une dose bienvenue d’auto-dérision cette fois-ci. Ainsi, la créature mythique réveillée par Ericka pour engloutir Dracula et sa bande se révèle allergique aux beats de Tiesto, qui lui donnent des envies de meurtre ! Un DJ battle s’impose alors avec, en opposition aux redoutables “boum boum”, des airs plus rétro, et même un tube de l’été des années 90 résolument entêtant. Voilà qui devrait vous donner une idée de la teneur de cet Hôtel Transylvanie 3 : Des vacances monstrueuses.

Si ce descriptif vous paraît alléchant, il y a de fortes chances pour que vous passiez un bon moment devant ce sympathique film d’animation, qui ne restera certes pas dans les annales du cinéma des années 2010 en raison de ses facilités narratives et marketing, mais qui a au moins le mérite d’être fun et plutôt attachant lorsqu’il parvient à tirer partie de ses personnages principaux. Un blockbuster estival aussi léger et éphémère qu’une glace à l’eau, et qui s’apprécie donc comme tel.

5/10

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