[Test] Fallout 76 : brouillon, mais pas inintéressant

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Ordinateur/PC
    • Xbox One
  • Développeur : Bethesda
  • Editeur : Bethesda
  • Date de sortie : 14 novembre 2018
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Un épisode dont l’originalité peut décontenancer

image fallout 76
L’ambiance typique de Fallout est au rendez-vous.

La licence Fallout est l’un des trésors de l’industrie du jeu vidéo. Née en 1997, cette licence a de suite conquis les fans de RPG, grâce à une ambiance post-apocalyptique qui, à l’époque, ne s’avérait pas aussi usitée qu’aujourd’hui. Survivre après une catastrophe nucléaire globale, faire des rencontres pour le moins étonnantes, le premier jeu fut un choc. Suivi d’un second opus qui plaçait la barre encore plus haut, notamment en terme de liberté d’action. Puis, la série a périclité jusqu’à la sortie du troisième épisode, en 2008, détonnant de par la refonte de l’expérience. Dorénavant, l’aventure se joue à la première personne (il est possible de passer en vue à la troisième, mais elle est moins convaincante), et l’action se veut bien plus présente qu’auparavant. Les fans rouspètent un temps, tandis que les nouveaux venus ont tendance à apprécier le titre. La vindicte des amateurs est, ainsi, comme attachée à cette licence, ce qui explique peut-être en partie l’étonnante levée de boucliers qui a suivi l’annonce de ce Fallout 76.

Si l’on ajoute l’envie de Bethesda de chambouler les codes de la série, on obtient l’une des productions les plus sulfureuses de ces dernières années. On doit bien vous avouer que nous faisions partie de ce public un peu grognon, pour une raison malheureusement assez simpliste : l’expérience Fallout, nous ne l’imaginons qu’en solitaire. Un survivant face à des terres immenses, désolées, habitées d’autres rescapés plus ou moins amicaux, voilà comment se caractérise la série. Du coup, quand le bien courageux Bethesda (The Evil Within 2, Prey) a dévoilé un soft dédié au jeu online, sans PNJ, on ne peut nier qu’on a sévèrement tiqué. L’éditeur a, par la suite, tenté de rattraper le coup, assurant que l’aventure pouvait être vécue en solitaire. Mais, pour les joueurs les plus obtus, souvent fans de cette licence, le mal était bel et bien fait. Nous n’étions pas aussi définitifs, et force est de constater que, si le résultat est traversé de défauts assez terribles, il garde un véritable charme.

Plus multi que solo ?

image bethesda fallout 76
Quand Fallout mise sur la coopération…

Fallout 76 se veut un préquel de la licence. En effet, le scénario prend place 185 années avant celui de Fallout 4, et suit les aventures de l’un des premiers survivants à être sorti de son abri. Le joueur a la possibilité de façonner l’apparence de son avatar, puis il est temps de quitter le cocon, direction l’immense territoire, en pleine Virginie-Occidentale. Ensuite, le récit s’évapore quelque peu. On va suivre, le temps d’une sorte de tutoriel, notre ancienne professeure, le temps de bien capter les mécaniques du jeu. Puis, un vague objectif principal se dessinera, malheureusement sans trop de passion. Tout est fait pour que l’expérience se dirige vers le groupe, et les mini-quêtes, souvent basiques, confiées par des robots. On remarquera tout de même un effort d’écriture, qui se concentre sur les lettres et autres holobandes, que l’on a grand plaisir à découvrir.

Une grosse partie du débat, autour du jeu, s’attarde ici : l’absence de PNJ. Pour nous, elle n’est pas handicapante en elle-même. Au contraire, Fallout 76 est se révèle jusqu’au-boutiste dans sa logique conceptuelle, ce qui représente un très bon point. Le joueur incarne le premier survivant de ces terres désolées, imaginez le paradoxe improbable si, en sortant, on était témoin d’une joyeuse fanfare, comme si de rien n’était ! Impensable. D’ailleurs, ce principe de la survie, vécue totalement seule, était très alléchante sur le papier, du moins avant qu’elle ne soit brimée par l’intervention d’autres joueurs. On se prend, par moment, à véritablement apprécier ce destin de conquistador. Il est, dès lors, dommage que le gamer se voit remettre une carte aussi précise, qui dévoile quasiment tous les points d’intérêts importants. Pourquoi ne pas nous laisser le plaisir de l’exploration ?

Le côté RPG fonctionne

Fallout 76 s’avère une suite d’éléments encourageants, mais qui portent en eux les stigmates d’un développement compliqué. On reviendra plus tard sur la partie technique, concentrons-nous pour le moment sur le gameplay. Tout le côté RPG est fonctionnel. On apprécie grandement la gestion du S.P.E.C.I.A.L, qui prend ici la forme de cartes à placer, à additionner, pour viser des effets pouvant autant choyer votre puissance de feu que la qualité du loot. Chaque gain de niveau vous apporte de nouvelles possibilités, et le joueur est en capacité de revoir sa gestion à tout moment. Plutôt simple à prendre en main, à digérer, et assez jouissif quand on atteint un certain niveau. Le C.A.M.P, votre base en fin de compte, est aussi une satisfaction. Vous pouvez le déployer là où le terrain le permet, et avoir accès à divers activités de fabrication. Sachez, d’ailleurs, que la mise à jour du 11 décembre apportera une option bulldozer, qui permettra d’arranger au mieux le terrain, et facilitera le positionnement du campement.

Aussi, le roleplay de Fallout 76 se révèle bien chouchouté par un territoire grandiose qui, même si l’on regrette le dévoilement des points d’intérêt, regorge de découvertes amusantes. Surtout, c’est le grand soin apporté à la récompense, à l’envie de dire au joueur : « bravo », qui nous enchante. Cela ne fait que nous conforter dans l’idée que les développeurs auraient dû réserver une part plus importante au solo, ce qui aurait au moins façonné une manière d’exploiter ce très sympathique territoire. Quant au craft, il est dans la droite lignée de celui instauré par Fallout 4. On le trouve, tout de même, un peu moins permissif en terme d’objets à fabriquer, le choix s’avère moins large. Aussi, on a un peu trop tendance à se retrouver avec la sacoche pleine d’objets qui n’ont d’autre utilité que celle d’être réduite en matière première. Cela va un peu à l’encontre de la mécanique de poids de l’inventaire, très limitée, même si un patch va bientôt corriger cela.

Techniquement aux abois

image gameplay fallout 76
Il va falloir quelques patchs…

Du RPG, de l’exploration, du craft, mais aussi du combat. C’est ici que les choses commencent à se gâter, pour Fallout 76. Non pas dans l’utilisation des armes, même si certains dégâts nous paraissent très hasardeux, mais dans l’intelligence artificielle des ennemis. Ceux-ci, qu’ils soient robotiques ou monstrueux, ont tendance à utiliser les mêmes routines : « je te vois, je te cours après ». D’ailleurs, signalons ici que c’est un peu rude, en début de partie, alors qu’on n’est pas encore en mesure de réellement se défendre. Dès lors, on se retrouve à cavaler comme un foldingue, en priant que ces opposants restent bloqués dans un élément du décor, faisant étalage d’un pathfinding aux fraises. Un peu triste. Aussi, on ne peut que pester contre l’ergonomie générale. Trop d’informations à l’écran, et l’interface paraît comme incroyablement datée. On imagine que Bethesda reverra tout cela grâce à des patchs, mais pour le moment c’est clairement insuffisant.

Enfin, il est grand temps d’aborder la technique. Fallout 76 laisse un arrière-goût assez amer. D’un côté, on ne peut que saluer la cohérence de ce monde ouvert, en terme de design il figure parmi les meilleures expériences de cette année 2018. Seulement, il va falloir accepter une finition à la dérive. Le jeu aurait mérité un rab’ d’une bonne année de peaufinage, au bas mot. Sur PlayStation 4, le résultat pique les yeux, mais rien de bien grave finalement, la direction artistique s’occupe d’équilibrer les impressions. C’est surtout la multitude de bugs qui nous laisse sans voix. Les problèmes de serveurs, les collisions qui nous ont bloqué à tel point qu’il a fallu relancer le jeu, les quêtes qui ne se terminent pas, tout ça a pu passablement nous enrager. Vite, que les corrections s’accumulent, afin d’atteindre un niveau plus acceptable ! Enfin, les animations nous replongent en pleine génération PS360. L’ambiance sonore, elle, participe pleinement du charme qui, malgré tout, opère. La bande originale, les bruitages, le doublage un peu cheap mais totalement dans le trip, tout cela fonctionne bien.

Note : 14/20

Si Fallout 76 n’est pas à la hauteur de nos attentes, concernant cette licence, on ne peut que constater que l’expérience reste en partie fonctionnelle, et nous marque de par son ambiance savoureuse. Bethesda a tenté, vise l’originalité, mais aurait peut-être dû assurer un mode entièrement en solitaire, afin de ne pas trop brusquer le joueur. Les mécaniques de groupe s’avèrent un peu faibles, ce qui nous pousse vers une exploration agréable mais rendue difficile par des missions à la limite de l’injouable si le gamer les opère seul. Le roleplay, les mécaniques RPG, l’exploration, tout cela fonctionne. Dommage que l’ensemble soit criblé de bugs, que l’ergonomie fasse autant frémir. Voilà un soft qu’on n’a pas détesté, loin de là, mais qui mériterait un coup de polish plus convaincant. Rendez-vous dans quelques mois ?

7/10

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