[Critique] Cavale Sans Issue : courage, fuyons !

Caractéristiques

  • Titre original : Nowhere to Run
  • Réalisateur(s) : Robert Harmon
  • Avec : Jean-Claude Van Damme, Rosanna Arquette, Ted Levine, Kieran Culkin
  • Distributeur : Columbia Pictures
  • Genre : Action
  • Nationalité : USA
  • Durée : 94 minutes
  • Date de sortie : 7 avril 1993

L’ennui à chaque seconde

image cavale sans issue
On avait la même expression, tout du long.

Quand on s’attaque à une filmographie, on sait bien qu’on risque de se taper deux ou trois cruelles déceptions. Car, parfois, la mémoire peut enrober les souvenir d’une couche de nostalgie, faisant oublier la véritable qualité de l’œuvre, et créant parfois des objets de culte plus que largement surcotés. Ce n’était pas le cas de Cavale Sans Issue, loin s’en faut, qui s’est fait défoncer par la critique, à l’époque de sa sortie, en 1993, juste après Universal Soldier. De même, son succès mesuré, outre atlantique, était en contradiction avec l’engouement français, assez marqué, puisque les entrées dépassaient le million, dont votre humble serviteur. Alors, à la revoyure, avait-on raison de se laisser séduire par ce film d’action, réalisé par un certain Robert Harmon, surtout connu pour le très bon Hitcher ? Pas vraiment, non.

L’histoire de Cavale Sans Issue se révèle d’une certaine banalité. Ou, plutôt, d’une banalité certaine. Après d’être évadé, Sam Gillen (Jean-Claude Van Damme) va errer sur les lieux de sa disparition. En cherchant du sel pour son steak (véridique), il va empiéter sur le territoire de Clydie Anderson (Rosanna Arquette), qui va l’accueillir au mieux. Bien vite, le taulard va apprendre que la jeune et belle mère est aux prises avec un promoteur très agressif, qui veut récupérer ses terres. Bien entendu, le prisonnier au grand cœur va tout faire pour que ce projet capote.

Bon sang, que c’est mou

Cavale Sans Issue est sans doute le film le plus mou de la carrière de Jean-claude Van damme, première époque bien entendu (on ne compte pas les DTV pourris, tournés dans des hangars en Europe de l’Est). La séquence de l’évasion est plutôt spectaculaire, mais ce moment plaisant n’accouche de rien. Bien vite, le spectateur comprend que le scénario va bien plus se concentrer sur la relation entre Sam et Clydie, mettant de côté tout espoir de remue-ménage, de cours de tatanes et de grands écarts. Si vous recherchiez un peu d’action, vous serez marrons jusqu’à la fin du long-métrage, un point culminant qui ne vole pas très haut. Avant cela, on a droit à une amourette très plate, des vilains sans relief, et un Van Damme quasiment en RTT.

Cavale Sans Issue vaut surtout pour Rosanna Arquette, dont le charme physique imprime la pellicule tout du long. Vous conviendrez que ça fait peu, dans la balance. Car tout le reste n’est qu’embarras. D’ailleurs, l’un des scénaristes originels, Joe Eszterhas (qui co-signait avec le réalisateur Richard Marquand), a totalement renié le film, en accusant JVCD d’avoir massacré le script. C’est peut-être donner trop d’importance à l’acteur belge, mais effectivement on sent un vrai problème d’écriture, de rythme. Cela manque de séquences fortes, l’ennui guette à chaque seconde, entre les deux extrémités de l’œuvre. On la termine dans un état proche du coma, en se demandant comment autant de monde a pu se ruer dans les salles pour voir ce vrai navet…

1/10

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