article coup de coeur

[Critique] The Hate U Give – La Haine qu’on Donne : Le renouveau des films Young Adult ?

Caractéristiques

  • Titre original : The Hate U Give
  • Réalisateur(s) : George Tillman Jr.
  • Avec : Amandla Stenberg, Regina Hall, Russell Hornsby, Lamar Johnson, K.J. Apa, Common et Anthony Mackie
  • Distributeur : 20th Century Fox France
  • Genre : Drame
  • Nationalité : Américain
  • Durée : 133 minutes
  • Date de sortie : 23 Janvier 2019

Un drame intelligent et saisissant

Adaptation du roman au succès international d’Angie ThomasThe Hate U Give – La Haine qu’on donne, le nouveau long-métrage réalisé par George Tillman Jr. (Notorious B.I.G, Chemins Croisés) raconte l’histoire de Starr qui est témoin de la mort de son meilleur ami d’enfance, Khalil, tué par balles par un officier de police. Confrontée aux nombreuses pressions de sa communauté, Starr doit trouver sa voix et se battre pour ce qui est juste.

Ces dernières années, nous avons eu une ribambelle de films ou sagas “Young Adult”(plus ou moins bons) qui étaient surtout des dystopies. Hunger Games, Le Labyrinthe, La 5e Vague ou encore Divergente en sont les plus connus. Il est donc rafraîchissant de voir que le genre se dirige vers autre chose. Dans un contexte contemporain, l’histoire de Starr est plus compliquée que le résumé du film ci-dessus. Celle-ci vit dans le ghetto mais va à l’école, avec ses deux frères, dans un quartier huppé sans que les gens sachent d’où elle vient. Elle a un petit-ami blanc, son père est un ancien dealer qui a maintenant son commerce et son oncle est un policier. Elle n’est jamais elle-même. Elle montre une facette à son lycée et une autre dans son quartier. Tout bascule le jour où son ami d’enfance se fait tuer, par balles, par un policier lors d’un contrôle routier. Seul témoin, elle va devoir décider ce qu’elle veut faire.

Un constat édifiant

Les thèmes d’affirmation de soi et de passage à l’âge adulte sont l’un des points principaux du film. Starr est encore une jeune fille qui doit grandir et on sent, au fur et à mesure, que The Hate U Give – La Haine qu’on donne avance, que celle-ci va craquer. Trop de pression pèse sur ses épaules et, quand cela éclate, c’est fait avec brio. D’ailleurs, le titre du film qui fait référence à Tupac et au THUG Life, souvent mal interprété, car littéralement cela veut dire “la haine que tu donnes aux tout-petits baise tout le monde” est aussi le centre du long-métrage et trouve son paroxysme avec le final du film.  Mais disons-le, si The Hate U Give – La haine qu’on donne s’avère satisfaisant sur la progression de son personnage principal, ce qui nous a le plus surpris c’est que l’autre thème principal du film, l’état de la population afro-américaine, est traité de façon très intelligente en multipliant les points de vue.

Entre la famille de Starr qui veut s’en sortir, Khalil qui vend de la drogue car il n’a pas le choix, le chef de la mafia locale, l’oncle afro-américain policier, tout est là pour nous permettre de comprendre une situation simple et compliquée en même temps. La discussion entre Starr et son oncle policier en est le parfait exemple. Dans un quartier de “blancs”, il aurait plus de facilité à juste dire “les mains en l’air” alors que dans un quartier afro-américain, il sortirait plutôt son arme. Un constat édifiant. Le tout étant parfaitement maîtrisé. Seul regret, le happy-end non nécessaire qui contraste par rapport au ton sombre de l’ensemble.

Une réalisation prenante

image common the hate u give

Côté réalisation, George Tillman Jr. s’en sort plutôt pas mal sans être excellent. Il adopte bien un ton sombre à l’ensemble de The Hate U Give – La Haine qu’on Donne tout en jouant sur le contraste entre le ghetto et le lycée des beaux quartiers. Il insuffle aussi une tension constante au film. Après la scène choc durant laquelle Khalil est tué, on se prend à croire que n’importe quel personnage peut se prendre une balle à n’importe quel moment. Une personne qui regarde à travers une fenêtre de sa maison et qui se retourne, une manifestation qui tourne mal… Tout est fait pour que l’on ne se sente pas en sécurité. Les deux heures et treize minutes du film passent très vite, les situations s’enchaînent tout en étant prenantes.

Côté casting, la jeune Amandla Stenbergest (Darkest Minds: Rebellion) est excellente et porte parfaitement The Hate U Give – La Haine qu’on Donne sur ses épaules. On sent la pression qui pèse sur son personnage au fur et à mesure que le film avance. Une belle performance. Elle est bien servie par de bons seconds rôles avec Regina Hall et Russell Hornsby (Fences) qui jouent les parents de Starr, Common (John Wick 2) qui interprète l’oncle policier de Starr et Anthony Mackie (Avengers: Infinity War) en “King” de la mafia locale.

Au final, The Hate U Give – La Haine qu’on Donne est un drame “Young Adult” bouleversant, saisissant, intelligent, puissant avec une jeune Amandla Stenberg excellente. Un beau coup de cœur de ce début d’année.

8/10

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