[Critique] John Wick 2 : une suite attendue qui tient ses promesses

image affiche john wick 2Caractéristiques

  • Titre original : John Wick: Chapter 2
  • Réalisateur : Chad Stahelski
  • Scénario : Derek Kolstad
  • Avec : Keanu Reeves, Common, Riccardo Scamarcio, Ruby Rose, Laurence Fishburne, Ian McShane, John Leguizamo, Claudia Gerini, Bridget Moynahan, Lance Reddick, Thomas Sadoski, David Patrick Kelly, Peter Stormare, Peter Serafinovicz, Franco Nero…
  • Distributeur : Metropolitan Filmexport
  • Genre : Action
  • Durée :  123 minutes
  • Sortie : 22 février 2017

Critique

image photo john wick 2

Sorti en 2014, John Wick a retourné la tronche d’un grand nombre d’amateurs de films d’action bien burinés, lesquels sont clairement les oubliés d’une production cinématographique qui a bien du mal à retrouver la formule qui a donné l’age d’or du genre, fut une époque plus ou moins révolue. Réalisé par Chad Stahelski et David Leitch, tous deux cascadeurs de formation, le film détonnait par sa réalisation de qualité, qui évitait le piège du montage épileptique des séquences de combat. Keanu Reeves, lui, trouvait là l’un des meilleurs rôles de sa carrière, surtout physiquement, en interprétant un tueur à gage au style de combat raffiné et pétaradant. Auréolé d’un beau succès au box-office, le film a provoqué un véritable engouement, et voici que sort l’inévitable suite, John Wick 2. Alors, simple exploitation d’un filon, ou séquelle d’intérêt ?

Le scénario de John Wick 2 a le grand mérite de retrouver la tonalité qu’était celle de son ainé, en évitant pas mal d’embûches au passage. Tout en gardant cette incroyable énergie, cette volonté de faire simple en terme de problématique et de motivation, mais en développant un univers fun et intéressant, le film ne se borne pas à une simple succession de scènes folles. Sans ne rien vous spoiler (et c’est difficile), sachez que le personnage interprété par Keanu Reeves a une dette envers un personnage pas franchement sympathique, et le code d’honneur des tueurs à gage est particulièrement strict avec ce genre de redevance. Ainsi, Wick doit rejoindre l’Italie, Rome plus précisément, afin de s’acquitter d’un assassinat qui, fondamentalement, rappellera pas mal de choses aux amateurs du culte The Killer de John Woo. Bien évidemment, tout ne se passera pas comme prévu et John Wick va devoir la jouer fine…

Un univers approfondi

image film john wick 2

John Wick 2 débute en appliquant la règle : une suite se doit de faire plus grand et plus fort. Si le chien du tueur à gage n’est pas l’élément déclencheur du scénario, il faut bien écrire que la nouvelle motivation de cette suite a aussi pas mal de mordant. Peut-être plus dramatique que son ainé dans le rapport de Wick à son ancien métier, le film n’en demeure pas moins terriblement jouissif sur certains points. D’une durée plus longue, atteignant les deux heures de métrage, John Wick 2 en (re)met effectivement plein la tronche dans ses séquences d’action, avec un style toujours aussi savoureux, quelque part entre le Judo, le Jujitsu et le gunfight méthodique. Et, surtout, on remarque que Chad Stahelski prend un plaisir communicatif à développer l’univers, en ne lésinant pas sur les personnages secondaires. Là encore, il s’agit de ne pas trop en dévoiler, car on peut vous assurer que le plaisir de la découverte fait partie du trip proposé par John Wick 2, mais sachez que ces tueurs à gage sont décidément du genre à se fondre dans la masse, et leurs appuis logistiques ont… de quoi stupéfier.

John Wick 2 reprend les ingrédients qui ont fait le succès du premier, en les faisant progresser narrativement. Ainsi, le film peut parfois prendre plus de temps afin d’installer certaines séquences importantes. Le rythme tombe une poignée de fois, comme lors de la pré-séquence à Londres, mais c’est une nécessité pour atteindre un objectif précis : donner plus d’écho dramatique aux scènes d’action. Et c’est une excellente initiative : Chad Stahelski sait très bien qu’il ne peut pas réitérer le phénomène brut de décoffrage sur la longueur comme ce fut le cas pour le précédent film. Il doit apporter de la solidité aux fondations afin que le titre « John Wick« , qu’il soit le premier ou le second, puisse gagner en consistance. Attention, cela ne signifie absolument pas que John Wick 2 serait moins porté sur l’action. Oh, que nenni ! Vous en aurez pour votre argent, notamment dans cette séquence dans le métro complètement hallucinante et pas dénuée d’un certain humour noir.

Keanu Reeves toujours aussi bien utilisé

image combat john wick 2

John Wick 2, c’est évidemment cette confrérie des tueurs à gage. Mais c’est aussi, d’un certain point de vue, une petite charge sur nous autres pauvres humains heureusement désarmés . Outre que la police est totalement dépassée par les événements, ce sont les réactions des civils vues par le prisme du film qui nous ont fait tilter. Pour rester dans la séquence du métro, il faut voir le nombre de victimes qui périssent à l’approche de l’increvable John Wick et, tandis que la scène se poursuit, observer les passants totalement absents, qui ne voient rien de ce qui se trame autour d’eux, alors qu’un message audio automatique passe dans la gare : « si vous êtes témoins d’un événement étrange, veuillez nous contacter ». Bien évidemment, cela se rapporte plus à un effet comique très réussi, mais on ne peut s’empêcher de penser que Chad Stahelski fait aussi le constat d’une société un peu lâche sur les bords.

Si l’on ajoute un bad guy tout aussi réussi que celui du premier film, et une réalisation toujours classieuse malgré un ou deux plan dont le point paraît un peu incertain, vous comprendrez qu’on place John Wick 2 dans la catégorie des suites d’intérêt. Aussi, pas moyen de vous quitter sans avoir abordé le casting, qui lui aussi joue un grand rôle dans ce constat. Keanu Reeves est toujours aussi bien utilisé, sa tendance au monolithisme étant incorporé dans son personnage. Et sa prestation physique nous sidère peut-être encore plus qu’auparavant : il bondit, tabasse, et le tout dans un rendu plus saignant qu’auparavant. Parmi les nouveaux venus, c’est bien simple : pas un seul ne défaille, avec une mention pour le très convaincant Common. Signalons, enfin, l’apparition de l’icône Franco Nero, un bon point à lui tout seul. Au final, John Wick 2 est une suite qui prend le parti de développer l’univers esquissé dans le premier film, tout en réussissant à encore nous mettre KO grâce à des séquences d’action saisissante. Aller, on va vous le dire : vivement la suite.

image keanu reeves john wick 2

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato

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