[Test] Frostpunk Console Edition : une version recommandable

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • PC
  • Développeur : 11 Bits Studios
  • Editeur : 11 Bits Studios
  • Date de sortie : 11 octobre 2019
  • Acheter : Cliquez ici

Winter is coming, mais pour de bon

image gameplay frostpunk
Construisez vite des abris pour les survivants, c’est prioritaire.

C’est avec un très grand plaisir que l’on retrouve 11 Bit Studios, la boîte qui a su nous séduire avec le plus que sombre This War Of Mine. Aujourd’hui, c’est Frostpunk qui est à l’honneur. Oui, les joueurs PC connaissent ce titre depuis un bon moment (le soft y est disponible depuis avril 2018), mais c’est la version console qui nous intéresse à l’occasion de ce test. Une sortie attendue, car ce jeu de gestion va assez loin dans le mélange d’ambiance glauque et de dilemme cornélien. L’adaptation à la manette, mais aussi à l’écran de télévision, est-elle à la hauteur ?

Avant de répondre à cette question, revenons d’abord sur le principe même de Frostpunk : Console Edition. Il s’agit d’un jeu de gestion, avec une forte emphase sur la survie en milieu hostile, ici enneigé. L’histoire est importante, car elle pose les bases d’un univers assez éprouvant. Après une série de catastrophes naturelles épouvantables, la planète Terre est frappée par une réaction en chaine qui provoque une nouvelle ère glaciaire. Mais pas du genre « on met une doudoune Quechua et ça va ». Non : l’humanité elle-même est menacée d’extinction, les grandes villes ensevelies sous la neige. Pour essayer de sauver ce qui peut l’être, des survivants quittent Londres à bord d’une sorte d’Arche de Noé. Direction un générateur, installé par une précédente équipe malheureusement disparue. L’objectif va être non seulement de construire une nouvelle ville capable de supporter ce fléau, mais aussi d’aller récupérer des survivants.

Frostpunk : Console Edition vous propulse à la place de leader de cette aventure. Comprenez par là que votre responsabilité est mise en première ligne dans tous les domaines : la récolte de matières premières, le logement, le divertissement, la bonne tenue du générateur, les missions à l’extérieur, la promulgation des lois. Oui, ça fait beaucoup pour une seule paire d’épaules et, croyez-nous, vous vous sentirez bien seuls face au désarroi qui ne tarde pas à pointer le bout de son nez. Le soft se présente comme un jeu de gestion classique, en vue de trois-quarts avec manipulation de la caméra. D’ailleurs, précisons que les mécaniques sont, globalement, aussi solides qu’usités. On récupère vite du charbon pour assurer de la chaleur, du bois afin de ne pas laisser les survivants dormir dehors, de la nourriture, etc. Les premières minutes de l’expérience sont assez explicites, bien soutenues par des aides bienvenues. S’il faudra expérimenter, échouer plusieurs fois. On comprend vite nos erreurs, car tout est très logique. Cette limpidité est, d’ailleurs, assez impitoyable, car vous allez très vite devoir faire face à des répercussions que l’on ne peut que comprendre. Oui, préférer solidifier l’industrie au détriment de la qualité de vie des ouvriers mène à la révolte…

Frostpunk : Console Edition, un portage exemplaire

image test frostpunk
Tout le monde au boulot ?

11 Bit Studios ajoute l’idée qui relève la soupe : dans Frostpunk Console Edition, il est question de promulguer des lois. C’est ici que la notion de dilemme apparaît. À une certaine cadence, le joueur peut ouvrir le menu adéquat et faire passer des mesures drastiques. Et pas du genre faussement cornélien, car il est question de décréter le travail des enfants du camp, des rotations de travailleurs afin d’assurer les 3/8, ou l’acharnement thérapeutique histoire de préférer voir tout le monde au travail. Ce ne sont que quelques exemples, et il faut savoir que chacun d’eux est contrebalancé par une autre possibilité, plus douce mais moins avantageuse. Par exemple, faire travailler des gamins est une décision trop inhumaine pour vous ? Ne vous inquiétez pas, et optez plutôt pour leur construire des abris spécialisés, loin de la folie des Hommes. Pareillement, il est possible de mettre de la sciure dans la soupe afin de la rendre plus bourrative, mais à vos risques et périls quant à la santé de la main-d’œuvre. Tout cela doit être sous-pesé, car les jauges de mécontentement et d’espoir sont rapidement impactées. Et un peuple en colère, en France on sait comment ça se termine.

Voilà qui occupera votre esprit pendant l’intégralité des quatre scénarios qui composent le cheminement scénaristique. Oui, Frostpunk : Console Edition embarque tout le contenu sorti depuis la parution sur PC. Vous avez donc un segment de récit en plus, mais aussi des difficultés supplémentaires, le mode Sans fin (un bac à sable, sans limite de temps). Bien entendu, ce test a surtout été l’occasion de scruter la bonne tenue de la prise en mains à la manette. Et là, on doit bien signaler que 11 Bit Studio fait des merveilles. Le gameplay est intuitif, notamment quand il s’agit d’accélérer ou de freiner le rythme. L’utilisation des gâchettes pour aller plus vite dans les menus, grâce à l’Express, est idéale. Tout comme la gestion de la caméra, simple au possible. La vue top-down, une originalité totale pour cette sortie permet une meilleure précision. On reste tout de même persuadé que la lisibilité à l’écran est meilleure sur PC, il faut être près de l’écran. Mais, et c’est déjà une très bonne chose, on n’a jamais regretté la souris. Au point, d’ailleurs, qu’on considère ce titre comme l’un des plus fiers représentants du genre gestion sur machines de salon.

Techniquement, Frostpunk : Console Edition est là encore assez solide. On voit les traces dans la neige, les jeux de lumière impriment une véracité palpable à l’écran. Par contre, on aurait apprécié de pouvoir zoomer encore plus près, histoire de s’approcher des différents travailleurs. Certes, ce n’est pas une obligation dans le genre de la gestion, mais peut-être que la possibilité d’épouser un point de vue plus proche sur quelques instants aurait ajouté une certaine proximité avec les gens dont on maitrise (plus ou moins) la destinée. L’erreur de l’homme politique est de trop s’éloigner du peuple, et l’on a tendance à s’imposer cette problématique ici. Reste que l’enrobage est d’un niveau très satisfaisant, tout comme la bande originale de Piotr Musial. Ses compositions parviennent à transporter à la fois la noirceur de la situation et l’espoir, le tout sans phagocyter l’attention du joueur.

Note : 16/20

Frostpunk : Console Edition est une mission réussie ! Si les qualités du jeu sorti en 2018 sont toujours de la partie, ainsi que son manquement en terme de proximité avec les travailleurs, c’est surtout la qualité du portage qui nous intéressait. On sait que 11 Bit Studios mettait un point d’honneur à rendre l’expérience agréable manette en mains, et elle l’est, indubitablement. Les commandes sont fluides, le menu Express s’avère intuitif au possible. On accède à toutes les subtilités avec naturel et décontraction, ce qui fait de ce soft un véritable exemple pour les jeux de gestion à destination des consoles.

8/10

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