[Test] Citadel Forged With Fire : une expérience plutôt convaincante

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • PC
  • Développeur : Blue Isle Studios
  • Editeur : Blue Isle Studios
  • Date de sortie : 1er novembre 2019
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Citadel Forged With Fire distille un peu de magie dans un genre usité

image gameplay citadel forged with fire
Vous aussi, êtes issu du feu le plus bouillonnant.

Si vous suivez l’actualité des jeux en ligne de près, nul doute que vous ayez déjà entendu parler de Citadel Forged With Fire à plusieurs reprises, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il s’agit du troisième jeu signé Blue Isle Studios, des développeurs dont le tout premier soft, le survival-horror Slender : The Arrival (qui nous a bien foutu la pétoche, en 2013), s’est vite trouvé un public de fans. L’autre raison, c’est sans aucun doute la phase d’early access, disponible sur Steam depuis 2017, qui s’est terminée avec la sortie officielle, le 1er novembre 2019. On compte, depuis le début, trois mises à jours et plus de quatre-vingt dix patches qui ont été appliqués, des chiffres impressionnant qui témoignent de la grande attention apportée aux retours des gamers. Quelques années pour se peaufiner donc, avec l’application bienveillante d’une communauté active. Alors, que vaut l’expérience, maintenant qu’elle est dans son état final ? Eh bien, elle est intéressante à plus d’un titre.

Citadel Forged With Fire prend le parti de propulser le joueur dans un  monde, Ignus, qu’il va vous falloir découvrir par vous même. Cela provoque un scénario qui, s’il n’est pas narré de manière directe, ne joue pas totalement aux abonnés absents pour autant. De ce côté, celui du récit, le soft de Blue Isle Studios ne peut nier ses atomes crochus avec le RPG occidental, avec une emphase portée sur la création de l’avatar, et l’apprentissage de l’univers, de son fonctionnement et de ses particularité, par son unique biais. Tout commence donc par le choix de l’apparence et du point d’atterrissage de notre aventurier, ou aventurière. Soulignons ici que le niveau de détails physiques appliqués à votre représentant vidéoludique se veut très précis : taille, musculature, couleur de peau, cheveux, pilosité, et même couleur des ongles pourront être pensés à votre gré. Ensuite, il sera grand temps de vous lancer dans une guerre des clans sans merci, et de fouiller la moindre grotte dans le but de multiplier vos connaissances en terme de background. Signalons que le jeu est entièrement sous-titré en français, nos sans quelques petites coquilles mais l’effort reste très bienvenu.

On ne joue pas à Citadel Forged With Fire pour sa narration, mais afin de vivre une aventure grandiose liée à vos actions. Et, au final, c’est un pari réussit. Né de la lave, notre avatar ne pouvait qu’avoir le feu sacré, alors le voir, à terme, exceller en crafting, dans les combats ou pendant l’exploration n’est pas surprenant. Cependant, et comme dans tout RPG, il va vite falloir engranger de l’expérience et monter des niveaux. Car, au début et presque totalement à nu, n’espérez pas survivre plus de deux minutes hors des limites de la ville de naissance (au choix parmi trois, sans top d’impact sur le gameplay, dommage). Heureusement, la courbe d’évolution se veut assez sympathique avec les nouveaux arrivants, et le simple fait de récolter vous accorde de l’XP. Associez à cela le fait d’avoir rapidement accès à un établi, histoire de se construire de quoi se défendre, et bientôt ces fichus sangliers ne seront plus qu’une formalité à écrabouiller. Insistons là-dessus : le soft n’est pas aisé, et l’on ne peut que conseiller de ne surtout pas prendre le tutoriel (long d’un peu moins de deux heures) à la légère. Aussi, n’hésitez pas à passer par le menu, assez complet pour que chaque type de joueur s’y retrouve. Par exemple, on a rapidement appliqué la course automatique…

On se sent puissant, sur le dos d’un dragon

image test citadel forged with fire
Apprivoisez un dragon pour qu’il vous aide dans vos déplacements.

La prise en mains de Citadel Forged With Fire, sur PlayStation 4, ne troublera pas les habitués du genre. Par contre, les novices passeront par une phase d’apprentissage un peu rude, notamment afin de se dépatouiller avec une configuration des touches parfois un peu contre-nature. Mais l’ensemble est digéré en quelques heures, et d’autres mécaniques vont venir ajouter leur grain de sel. Vous incarnez un magicien un peu bohème, mais en cours de sédentarisation. Comme dans notre beau monde, survivre n’est possible qu’en s’appuyant sur le travail, et l’apport des autres. Vous avez su déjouer de nombreuses embûches afin de rassembler un certain nombre de richesses, et la fierté vous envahit ? Cool, mais sans toit pour les protéger, ce serait ballot. Car, en votre absence, pendant que vous êtes déconnectés, d’autres joueurs pourraient bien venir vous faire les poches jusqu’au moindre denier. Alors oui, il faudra un bon gros nombre d’heures afin de choisir l’endroit idéal, loin de la menace des malfrats humains, mais cela vaut l’investissement. Aussi, se déplacer peut parfois être un véritable fardeau, surtout que l’avatar reste lent. Une bonne raison d’apprendre à maitriser le balai, moyen de locomotion aérien à l’inertie pas toujours évidente qui se débloque facilement, au dixième niveau. Mais, bientôt, vous pourrez passer au stade supérieur, et viser l’obtention d’une monture amplement plus impressionnante : un dragon. Fabriquez une selle, et armez vous de patience : se prendre pour Harold n’est pas chose aisée, il va falloir d’abord apprivoiser l’animal à base de sorts, un peu de hasard. Ce n’est pas un moment ultra fun. Une fois ceci fait, le fait de pouvoir cracher du feu et couvrir de longues distances fait oublier ces instants peu amusants.

Citadel Forged With Fire, c’est aussi la guerre, donc le combat. Pour cela, vous êtes armés, et le jeu vous propose toutes sortes de sortilèges, venus de différentes écoles. Les batailles se veulent assez classiques finalement, avec un feeling de nos actions dans la moyenne haute du genre. L’évolution, quant à elle, se fait sentir par le biais d’un arbre de compétences bien garni, avec trois troncs couvrants toutes les mécaniques : armes, magies, construction, accessoire, vol et cuisine. De quoi faciliter votre séjour en Ignus, lequel est costaud en terme d’activités à y mener. Notre partie affiche, au stade de notre test, une cinquantaine d’heures au compteur, et il nous en faudra beaucoup plus, au moins le double, pour atteindre tous nos objectifs. Aussi, nous avons pris le temps de tenter l’aventure en solo. La présence de ce mode est une très bonne chose, notamment pour l’accessibilité à celles et ceux qui ne peuvent compter sur une connexion constante. Si l’expérience reste clairement pensée pour être découverte au sein d’un serveur peuplé (vous pouvez choisir parmi plusieurs, divisés par continents) jusqu’à cinquante gamers, les loups solitaires trouveront aussi de quoi s’amuser. D’ailleurs, c’est par ce bais qu’on a eu le plus de plaisir à se construire une bonne forteresse, sans être dérangé par de vils adversaires humains. Par contre, autant vous prévenir : c’est très compliqué de s’en sortir ainsi dans les donjons, sans aide.

Nous avons testé Citadel Forged With Fire sur PlayStation 4 et, techniquement, le jeu se tient moyennement, sans pour autant que ça ne soit médiocre. Bien entendu, cela n’est pas à la hauteur d’un PC avec toutes les options poussées au maximum : on a vu le soft ainsi boosté, et il affiche un tout autre visage. En l’état, le résultat se veut tout de même assez fin, même si quelques textures manquent de détails. Aussi, la distance d’affichage a parfois du mal à suivre le rythme de vol du dragon, et l’on voit la nature se former au fur et à mesure. Les serveurs s’avèrent solides, et le lag ne s’est quasiment pas fait ressentir. Par contre, on a compté quelques bugs, parfois gênants. Notamment dans la création de demeures, avec des éléments qui ne s’affichent pas toujours à la bonne place. Plus énervant : l’avatar est lié au serveur. Du coup, impossible d’en changer sans tout reprendre à zéro. Cela pose problème quand la limite de cinquante joueurs est atteinte : on est forcé d’attendre qu’une place se libère. Espérons que Blue Isle Studios réglera ce souci par le biais d’un patch. Par contre, on a apprécié la direction artistique, avec ces effets de lumière surprenants, et ses couleurs chaudes qui changent de ce qu’on voit d’habitude dans ce genre de jeu. Côté musiques, les amateurs de thèmes épiques seront heureux de retrouver un nom bien connu : Gareth Cocker (Ori And The Blind Forest, Ark : Survival Evolved). Dès l’écran d’introduction, ss notes marient le mystère et l’appel de l’aventure, avec une belle aisance.

Note : 14/20

Citadel Forgd With Fire est surtout pensé pour celles et ceux qui apprécient les MMO à forte emphase sur la construction, l’exploration et le combat. Si c’est votre cas, alors vous découvrirez un titre à potentiel, avec quelques originalités agréables. Par contre, on ne peut qu’espérer que Blue Isle Studios revoie le système d’avatar attaché à un serveur, car on a passé trop de temps à attendre que de la place se libère afin de rejoindre notre partie. Ce qui signifie, d’ailleurs, que le soft est actuellement bien peuplé, voilà une bonne chose. Aussi, l’expérience est émaillée de quelques bugs énervants. Cela écrit, on a apprécié de jouer un magicien, avec ce qu’il faut de baguettes et de balais, cela apporte de a fraicheur à un concept qui commence pourtant à être usé. Voilà de quoi relancer la machine, et ce pour de nombreuses dizaines d’heures.

7/10

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