article coup de coeur

[Test] Psikyo Shooting Stars Alpha : une sortie très conseillée

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
  • Développeur : Psikyo
  • Editeur : NIS America
  • Date de sortie : 24 janvier 2020
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Psikyo Shooting Stars Alpha en physique, ça ne se refuse pas

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La Limited Edition est un must-have.

Dans cet article, nous allons aborder non seulement une compilation, Psikyo Shooting Stars Alpha, mais aussi un studio qui, de notre point de vue, fait partie de la légende du jeu vidéo. Sans aucun doute moins connu que d’autres acteurs japonais de ce secteur, Psikyo a pourtant hautement participé à l’époque d’or de l’arcade, grâce à des Shoot’em up (ou shmup, pour les initiés) la plupart du temps de grande qualité. D’ailleurs, nous vous conseillons le dossier de Neo Arcadia, pour mieux comprendre l’importance de ces développeurs. Malheureusement rachetée en 2002 puis drastiquement réduite jusqu’à la disparition (ce fut une grand page de l’histoire de ce divertissement qui se tourna, on ne s’en rend pas bien compte), l’entité a laissé derrière elle une ludothèque fascinante. Après quelques sorties consoles pas tojours appréciées par les fans, lesquels fustigeaient contre une perte de fluidité et de qualité visuelle, voilà que le toujours aussi précieux éditeur NIS America nous balance une bombe.

NIS America n’a pas fait les choses à moitié. On se doit de souligner l’excellence de cet éditeur, de plus en plus conscient de son rôle primordial pour une diversité du jeu vidéo qui, reconnaissons-le, en a pris un coup depuis pas mal d’années (et ça va malheureusement s’accentuer, à notre grand désarroi, vu la politique de certains constructeurs). C’est à peine croyable, mais on accueille une version physique. C’est déjà inespéré, à l’heure où le genre de jeux inclus dans Psikyo Shooting Stars Alpha ont tendance à être négligemment balancés au fin fond des différents stores, hormis quelques rares exceptions. Mais, en plus, on a droit à une Limited Edition. Elle contient une boite collector, six illustrations imprimées, le jeu physique, un artbook (situé dans le boitier, à la place de la notice). Et, surtout, un coffret de trois CD, intitulé Alpha Code Blue, comprenant les bandes originales des six softs embarqués dans cette compilation. Certes, on aurait aimé un boitier dans une autre matière que du carton, qui demande une attention particulière afin de ne pas être marqué par le temps qui passe. Mais il faut souligner à quel point tout cela représente un véritable événement, en ce début d’année.

Une compilation à intérêts multiples

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Strikers 1945 fait partie de la légende du shmup.

Outre que la sortie physique de Psikyo Shooting Stars Alpha est à saluer, le contenu n’est pas en reste. Vous le sentez depuis notre introduction : votre humble serviteur apprécie particulièrement les shmup Psikyo, et ce n’est pas pour rien. Si le casting des softs est peut-être un chouïa moins impressionnant que celui de Psikyo Shooting Stars Bravo (qui sortira, lui, le 21 février 2020), il reste éminemment intéressant quand on apprécie le genre. Il faut d’ailleurs préciser, ici, qu’être en phase avec le concept des shoot’em up nous parait assez indispensable pour bien savourer cette édition. Cependant, les novices ou les curieux, peuvent se rassurer : chaque titre propose plusieurs modes de difficulté. Bon, par contre ils devront s’accrocher, car le challenge global peut parfois atteindre des sommets redoutables. Signalons d’ailleurs que Psikyo ne fait pas vraiment dans le vrai gros Danmaku (ou Manic Shooter), même si Dragon Blaze s’en rapproche fortement. La recette du regretté studio, c’était plutôt des niveaux assez courts qui se terminent par du combat de boss imposant, en plusieurs phases de transformation. Le rythme se fait effréné, histoire de pousser les joueurs à « boucler », c’est à dire à conclure le cheminement et directement s’y relancer, avec une difficulté rehaussée.

Voici les six titres inclus dans Psikyo Shooting Stars Alpha : Strikers 1945, Strikers 1945 II, Strikers 1945 III, Sol Divide, Dragon Blaze, Zero Gunner 2. Prenons ces invités dans l’ordre, tout en soulignant la bonne homogénéité du casting. Les trois premiers, vous l’aurez deviné, forment une licence. Surtout, ils sont indispensables pour bien comprendre la philosophie de Psikyo, ainsi que sa trajectoire. Strikers 1945 est sorti en 1995, le studio avait donc déjà une certaine expérience du genre, avec Gunbird et Sengoku Ace. Cela se perçoit immédiatement dans la solidité de la formule : on sent une volonté d’aller au bout des choses même si, on le verra après, le gameplay évoluera encore beaucoup par la suite. Le scrolling est vertical, et le tir se fait automatique. Ce dernier gagne en puissance au fil des améliorations récoltées, que l’on perd à chaque échec. Plus original, il vous sera demandé de choisir votre avion parmi six possibilités, et tous impliquent une spécificité (vitesse accrue, puissance accrue, etc). Surtout, le socle de l’expérience nous paraît idéal afin d’expliquer ce qu’est un soft Psikyo : les niveaux s’enchainent vite, les boss s’avèrent tous marquants. Cette qualité, on la retrouve dans tous les titres ici proposés.

Il est temps de réhabiliter Sol Divide

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Sol Divide n’est pas le ratage qu’on décrit souvent.

Psikyo Shooting Stars Alpha ne rate heureusement pas le coche : les deux suites sont au programme. Strikers 1945 II introduit un autre élément très important : le tir chargé, qui reviendra dans tous les autres titres du studio. Certes, cela manque de renouvellement dans l’univers, et surtout dans les skins des ennemis. Mais le public arcade a tout de même été marqué, car ce titre fut le premier développé sur système Psikyo SH2, et cela s’en ressentait notamment dans l’introduction de grande qualité. Strikers 1945 III est moins resté dans les esprits, même si le soft reste tout à fait fun. Peu de changements dans la prise en mains, mais quelques moments qui pourront faire penser à du Danmaku, et une difficulté encore plus élevée que les deux précédentes itérations (c’est parfois très, mais alors très dur). Abordons le titre le moins satisfaisant, qui n’est autre que Zero Gunner 2. S’il reste tout à fait séduisant visuellement, rappelons qu’il est sorti en 2001 sur Dreamcast, on n’est décidément pas du tout à l’aise avec le système de visée. En effet, le scrolling produit d’importantes variations, et pour les suivre le vaisseau peut se mouvoir sur son propre axe, en appuyant sur un bouton afin de faire apparaître un réticule. Cela ne fonctionne toujours pas, créé un désagréable paradoxe avec le besoin de vitesse d’exécution.

Vient ensuite le fameux Sol Divide, celui qu’on serait tenté de surnommer le vilain petit canard tant il aura divisé à l’époque de sa sortie, en 1997. Ce désamour, on ne le comprend toujours pas aujourd’hui. Avec ce jeu, Psikyo fait preuve d’un véritable courage en prenant à revers les fans mais aussi les codes du shmup. En y apportant un peu de Beat’em all et de RPG, le studio a accouché d’un titre atypique, et selon nous mémorable même si imparfait. Le scrolling est horizontal, on récupère des power-up qui peuvent notamment améliorer la barre de vie, mais surtout les ennemis viennent au contact et l’on peut se défendre au corps-à-corps. Cela changement drastiquement les automatismes des habitués, et ce n’est pas du tout un mal. Aussi, il va falloir trouver des parchemins afin d’utiliser des sorts, surtout salvateurs contre les magnifiques boss. L’univers heroic-fantasy donne lieu à une petite histoire, plus du domaine de l’enrobage qu’autre chose, et il se dégage une personnalité toujours aussi étonnante. Voilà un soft à réhabiliter au plus vite.

Une absence de musée remarquée

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Dragon Blaze est le bijou de cette compilation.

On arrive à celui qui, à nos yeux, représente le sommet du programme concocté par Psikyo Shooting Stars Alpha : Dragon Blaze. Un jeu inoubliable pour deux raisons : sa grande qualité évidemment, mais aussi son statut de dernier shmup arcade du studio. Nous sommes en 2000, et le rachat par X-Naut s’approche, ce qui sonnera le glas pour l’entité, du moins dans l’esprit des fans. Alors, comme un dernier rappel, les développeurs ont balancé tout ce qu’ils avaient. Ce jeu est une expérience qui, vingt ans plus tard, reste toujours aussi grandiose. Précisons que le scrolling est vertical, et vous devrez choisir entre quatre pilotes de dragon, lesquels vont devoir sauver un royaume en rassemblant quatre pierres magiques. Alors là, il faut prévenir les nouveaux venus : vous qui découvrez Dragon Blaze, apprêtez-vous à souffrir plus que de raison. La difficulté est carrément dantesque, et ce dès le deuxième niveau. Puis, par la suite, on est dans du véritable Danmaku, avec des passages où il faudra se frayer un chemin à travers des rideaux de boulettes roses bien psychédéliques. Les environnements sont superbes, la tactique importante (veillez à bien placer la séparation d’avec le dragon), les musiques phénoménales. Un grand hit, qui ne peut que nous faire regretter la disparition de Psikyo.

Psikyo Shooting Stars Alpha pourra chagriner sur un point : l’absence remarquée d’un musée. N’espérez pas la moindre mise en contexte, il n’y en a pas. C’est tout de même un peu fâcheux, surtout qu’on sait que ces jeux d’arcade ont fait l’objet de pubs, et étaient livrés avec tout une gamme d’éléments marketing qu’on aurait aimé découvrir. Vraiment dommage, c’était l’occasion ou jamais. Aussi, l’absence d’une option de sauvegarde reste un peu regrettable. Certes, on comprend cette décision, liée à la recherche de l’arcade perfect (rendu original jusqu’au bout des ongles), mais ça finit tout de même par manquer. Quant aux fonds d’écran, ils ne sont pas assez nombreux, tout comme les filtres au nombre de deux (HD et à l’ancienne). Heureusement, NIS America a tout de même inclus une option de configuration des touches (particulièrement utile pour Zero Gunner 2). Surtout, le mode Tate est de la partie, on peut donc faire basculer le jeu pour une utilisation à l’horizontale, ce qui s’avère particulièrement utile. Et l’on pourra aussi s’amuser en coopération avec un autre joueur, pour des parties bien funs. La compilation était aussi attendue pour le rendu de ses jeux, qui se devait d’être pixel perfect. Rassurez-vous : il l’est. Nous n’avons pas rencontré un début de trace de ralentissement. Quant aux musiques, on ne peut que réaffirmer notre grand respect pour le travail effectué par les compositeurs. Raison de plus pour vous conseiller chaudement la Limited Edition !

Note : 16/20

Psikyo Shooting Stars Alpha est une compilation incontournable pour qui aime les shmup, mais aussi pour les archéologues du jeu vidéo. Cette première partie contient une véritable page de l’histoire de ce divertissement, qui aura longuement marqué l’esprit des habitués des salles d’arcade. Certes, on regrette l’absence d’un musée, et de toute contextualisation des six jeux proposés. Mais la Limited Edition donne tout de même un sacré relief à cette sortie, que l’on ne peut que conseiller vivement.

8/10

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