[Critique] Greenland – Le Dernier Refuge : Un blockbuster plaisant

Caractéristiques

  • Titre original : Greenland
  • Réalisateur(s) : Ric Roman Waugh
  • Avec : Gerard Butler, Morena Baccarin, Roger Dale Floyd et Scott Glenn.
  • Distributeur : Metropolitan Filmexport
  • Genre : Thriller, Science-fiction
  • Pays : Etats-Unis
  • Durée : 122 minutes
  • Date de sortie : 5 août 2020

Un blockbuster minimaliste

Qui se souvient encore de l’été 1998 ? La France gagnait sa première coupe du monde à la maison, et au cinéma nous avions deux longs-métrages racontant le désastre qu’un astéroïde provoquerait en s’écrasant sur Terre. Ces deux films étaient bien entendu Deep Impact et Armageddon. En cette période un peu bizarre de Covid-19 où les blockbusters sont tous repoussés à une date ultérieure, il est bon de voir arriver sur grand écran un film à “gros budget” au cœur de l’été. Greenland – Le Dernier Refuge raconte, comme les deux films cités plus haut, l’histoire d’une comète qui est sur le point de s’écraser sur la Terre et de provoquer un cataclysme sans précédent.

John Garrity décide de se lancer dans un périlleux voyage avec son épouse Allison et leur fils Nathan pour rejoindre le dernier refuge sur Terre à l’abri du désastre. Alors que l’urgence devient absolue et que les catastrophes s’enchaînent de façon effrénée, les Garrity vont être témoins du meilleur comme du pire de la part d’une humanité paniquée au milieu de ce chaos.

Côté scénario, on est sur du classique de film catastrophe. Nous suivons une famille qui cherche à se protéger de l’apocalypse. Choisis par le gouvernement pour se réfugier dans un bunker, ils vont devoir franchir de nombreuses épreuves. En cela, le long-métrage lorgne plus du côté de Deep Impact que du film de Michael Bay. Certes, le spectacle de destruction est bien là mais, comme on reste du point de vue de la famille, on ne voit finalement presque pas ce qu’il se passe dans le reste du pays et du monde. Une bonne chose ? Clairement, oui.

Rester centrés sur les personnages principaux permet d’établir une proximité avec les spectateurs et de nous plonger dans leur état d’esprit. Greenland – Le Dernier Refuge montre ainsi comment peuvent réagir certaines personnes lors d’apocalypse, en bien comme en mal. Entre entraide et personnes sans scrupules profitant de la faiblesse d’autrui, tout y passe. Certaines scènes sont assez déchirantes sur ce point..

La relation du couple est également bien développée. Nous découvrons dès le début que John et Allison sont en froid, voire au bord de la rupture. Évidemment, nous découvrirons le pourquoi du comment lors de l’avancement de l’intrigue, ce qui permettra de développer les personnages. Rien à redire sur ce point-là. On regrettera cependant des facilités scénaristiques dans le dernier acte qui nous ont un peu sorti du film.

Un film divertissant

image le dernier refuge greenland gerard butler

Ric Roman Waugh (La Chute du Président) reste au plus près de ses acteurs tout au long du film, sans jamais trop en faire. Sa mise en scène est carrée. Il enchaîne ainsi aussi bien les scènes d’actions que les moments plus intimistes et arrive à faire passer certaines émotions. Le rythme de Greenland est très bon et ne ménage aucun moment de répit. Les péripéties de la famille Garrity sont nombreuses et, face au danger, le sentiment d’urgence est clairement présent.

La musique de David Buckley soutient l’action juste quand il faut. Sa composition, bien qu’assez discrète, remplit parfaitement son office. Seul vrai gros défaut du film (et pas des moindres) : les effets-spéciaux. On sent que le réalisateur n’a pas eu le budget espéré pour un film de cette envergure. Certains plans sont clairement ,à l’image du tout dernier plan du film, où l’on voit clairement le fond vert. Et c’est bien dommage, car certaines scènes de destruction, comme celle de la route, sont par ailleurs réussies.

Enfin, il faut reconnaître qu’il y a un excellent travail sur le son. Une onde de choc qui frappe une maison, une explosion, etc. Tout est fait pour immerger le spectateur dans ce spectacle.

Côté casting, Gerard Butler fait mieux qu’à son habitude, du moins sur ces dernières années, dans le rôle de John. Il diversifie son jeu, ce qui n’est pas plus mal. Sans être excellente, son interprétation témoigne d’une sensible amélioration. La toujours sublime Morena Baccarin (Deadpool 2) est quant à elle impeccable dans le rôle d’Allison. Le film lui offre plusieurs scènes riches en émotion, et l’alchimie entre elle et Butler passe plutôt bien à l’écran. Roger Dale Floyd s’en tire plutôt bien, vu son jeune âge, dans le rôle de Nathan, le fils du couple. Enfin, Scott Glenn apporte en très peu de scènes son charisme et son savoir faire.

Au final, Greenland – Le Dernier Refuge est un blockbuster minimaliste assez sympathique, réalisé de manière carrée avec des acteurs impliqués. Malgré ses défauts évidents, il s’agit là d’un film tout à fait correct. Sa sortie en salles en ce début d’août très chaud est un vent de fraîcheur dont on aurait tort de se priver.

Auteur

  • Adore le cinéma en général, que ce soit les gros blockbusters ou les plus petits films, les séries TV et les jeux vidéo. Il réalise de nombreux tests de blu-ray et films en UHD 4K.

6/10

Réactions (2)

  1. Pingback: [Critique] Tenet : Tempore Mutationem

  2. Bah non, ce film n’a rien de sympathique. Je dirais même: bien au contraire.
    Nous voici donc avec un récit dans lequel l’humanité s’apprête à subir une catastrophe menaçant sa survie ainsi que celle d’une bonne partie de la biosphère. Ça ne vous rappelle rien?
    Mais bien sûr, il y a une différence de taille: cette catastrophe ne repose en rien sur la responsabilité humaine, et en particulier celle de son mode de vie suicidaire. Au contraire, la famille beauf dont on suit la “fuite” fait étalage de ce qu’il y a de pire en la matière…
    Mais il y a pire. Face à l’inéluctable, donc, une seule solution: sauver la “crème” de la société, ici un petit patron donc (on apprend au détour d’une remarque que la sélection des happy fews reposerait sur des critères basés sur des “compétences”…), protégée de la plèbe (les “inutiles”) par l’armée. Ouééé.
    Bref, un récit bien dégueu compte tenu de la réelle catastrophe qui nous arrive, sur fond de darwinisme social éhonté.
    Si encore il y avait un once de critique, voir d’humour, mais non, rien. Les acteurs eux-mêmes ne semblent pas y croire un instant (à part le petit patron-chef de famille-responsable, trop con pour réaliser l’ampleur du scandale de sa composition).
    Rien à sauver donc pour ma part dans ce monument de propagande trumpienne, limite nazie (et hop, point godwin). Sinon pour les historiens du futur… s’il en reste un.

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