[Critique] Relic : Quand la vieillesse rencontre l’horreur

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Natalie Erika James
  • Avec : Emily Mortimer, Robyn Nevin, Bella Heathcote, Chris Bunton et Steve Rodgers
  • Distributeur : Star Invest Films France
  • Genre : Epouvante-horreur, Drame
  • Nationalité : Américain, Australien
  • Durée : 89 minutes
  • Date de sortie : 7 octobre 2020

Un film d’horreur sur la vieillesse et la démence

Premier long-métrage de Natalie Erika James, Relic est un film d’horreur pas comme les autres par ses thèmes. Il s’intéresse à la vieillesse, la démence, voire Alzheimer, l’accompagnement en fin de vie, mais aussi à la passation – chose assez rare dans ce genre de cinéma.

Le pitch est le suivant : lorsque Edna, la matriarche et veuve de la famille, disparaît, sa fille Kay et sa petite-fille Sam se rendent dans leur maison familiale isolée pour la retrouver. Peu après le retour d’Edna, et alors que son comportement devient de plus en plus instable et troublant, les deux femmes commencent à sentir une présence insidieuse dans la maison. Edna refuse de dire où elle était, mais le sait-elle vraiment ?

Le scénario de Natalie Erika James et Christian White nous plonge au départ dans un mystère. Celui de la disparition d’Edna durant plusieurs jours. Ce qui commence par une enquête sera vite désamorcé par le retour de la personne âgée toute seule alors que sa fille, Kay, et sa petite fille, Sam, étaient revenues pour la retrouver. Le mystère étant : où était Edna durant ces derniers jours ? Et là, le long-métrage, après avoir bien posé ses différents protagonistes, nous plonge au cœur de cette énigme. Le mystère n’est pas trop mis en avant, au profit des relations entre les trois personnages de trois différentes générations. Le développement de chacun est très bon et permet de traiter avec finesse leurs problèmes relationnels. 

Si l’horreur est peu présente au début, c’est pour effectuer une montée vers celle-ci, avec quelques petits éléments instillés de ci de là, pour nous offrir un final d’épouvante claustrophobique assez efficace, jusqu’à une dernière image tellement symbolique…

Mais revenons-en aux thèmes. Au travers du personnage d’Edna, les thèmes de la vieillesse et de la démence sont abordés métaphoriquement de belle manière. On comprend les différents messages du scénario sans que celui-ci  utilise de gros sabots. On pourra reprocher de petites choses au script : malgré une durée de métrage assez courte, le film contient quelques longueurs dans son second acte.

Un film angoissant à l’ambiance travaillée

image emily mortimer relic

La réalisation de Natalie Erika James est efficace à plus d’un titre car Relic sent la putréfaction dans chacune de ses images, que ce soit dans les décors à l’extérieur mais principalement à l’intérieur de la maison de famille qui est aussi délabrée qu’Edna, que ce soit dans les costumes, maquillages de la matriarche ou encore avec la lumière de Charlie Sarroff. Tout doit nous faire ressentir cet effet et cela fonctionne. La réalisatrice préfère nous poser une ambiance bien glauque avec des soupçons horrifiques que de nous faire sursauter avec des jumps-scares. Cela fait mouche et surtout un bien fou.

Côté défauts, nous émettons la même réserve que pour le scénario : quelques petites longueurs dans le second acte. Un comble pour un film d’1h31. Enfin, la musique de Brian Reitzell s’avère minimaliste, mais efficace quand il le faut.

Côté casting, Emily Mortimer (Le Retour de Mary Poppins), que l’on a peu vue dans le cinéma d’horreur depuis son apparition dans Scream 3, offre une belle prestation. Le personnage de Kay doit jongler entre sa mère et sa fille et cela rend le personnage assez complet, avec des nuances bienvenues. Il n’y a rien redire non plus sur la performance de Robyn Nevin qui arrive à se montrer tantôt mystérieuse tantôt effrayante. L’actrice joue bien sur le côté horrifique ou non du personnage d’Edna. Enfin, Bella Heathcote pourrait se montrer agaçante avec son personnage, mais ce n’est pas le cas ici. Elle distille un jeu plus subtil qu’il n’y parait et fait bien passer la terreur quand il faut dans le dernier acte du film.

Au final, Relic est un très bon premier long-métrage d’une réalisatrice qui maîtrise ses thèmes jusqu’au dernier plan de son film et pose parfaitement son  ambiance horrifique. Elle est bien aidée aussi par les performances de ses actrices. Une réalisatrice à suivre pour voir si elle confirme tout le bien que l’on pense de ce premier essai.

7/10

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