[Test] Crysis Remastered : un retour intéressant malgré des regrets

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • Nintendo Switch
    • PC
  • Développeur : Crytek
  • Editeur : Crytek
  • Date de sortie : 18 septembre 2020
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Crysis Remastered permet de redécouvrir un titre agréable à jouer

image test crysis remastered
Dévaler les routes pour atteindre l’objectif reste un vrai plaisir.

Décidément, la vérité vidéoludique d’un jour n’est que très rarement celle du lendemain. La première version de Crysis, parue en  2007, était un véritable avant-gardiste technique, une authentique prouesse seulement jouable sur les PC les plus puissants de l’époque. Et même eux avaient du mal à faire tourner le soft dans sa configuration maximale, c’est dire. Les différents forums s’embrasaient, on voyait des screenshots surréalistes de réalisme apparaître ici ou là, postés par des gamers qui ricanaient, en douce, des consoles et de leurs limitations. Bref, le jeu de Crytek prenait les atours de la grosse mandale. Pouvait-on imaginer, à l’époque, que, treize ans plus tard, nous aurions le droit à un remaster ? Et, surtout, dont la sortie s’est d’abord effectuée sur la moins puissante des consoles contemporaines, la Nintendo Switch ? Non, clairement pas. Aujourd’hui, Crysis Remastered sort sur les autres machines, l’occasion de vérifier son état.

C’est sans doute le point le plus attendus par les fans du jeu d’origine : la technique de Crysis Remastered est-elle à la hauteur des attentes ? La réponse est de l’ordre du mitigé : ce n’est ni paresseux, ni foufou. Tout d’abord, il faut préciser ce qui est une évidence, et pas des plus heureuses : ce remaster a été développé à partir des versions consoles parues en 2011. Et ça, c’est un vrai regret. On le sent particulièrement dans le rendu d’une faune qui, si elle reste globalement convaincante, ne profite pas de textures véritablement plus détaillées. Aussi un peu en-deça de ce qu’on pouvait espérer, les bâtiments sont souvent l’occasion de croiser des rendus un peu vieillots. Cela reste tout de même du domaine de l’acceptable, entendons-nous bien, mais on s’attendait à plus définitif.

Heureusement, le constat est plus agréable pour les effets de lumière, et la direction artistique très tropicale semble avoir gagné en puissance grâce à des couleurs plus tranchées. Aussi, on remarque une distance d’affichage bien plus éloignée qu’auparavant, ce qui a son importance tant certains panoramas restent parmi les plus impressionnants. Cela suffira-t-il pour faire oublier les quelques bugs de collision et d’affichage, et même une petite poignée de baisses de framerate ? Cela dépendra de vos attentes : Crysis Remastered vise clairement un résultat certes rendu plus agréable pour l’heure actuelle, mais pas totalement infaillible.

Techniquement pas aussi fou qu’attendu

image gameplay crysis remastered
Bien entendu, ça reste assez mignon…

Au-delà de ce constat technique mi-figue mi-raisin, rejouer à Crysis est tout de même une bonne chose. On redécouvre un jeu décidément en avance sur son temps, et même en terme de gameplay. Bien entendu, les mécaniques n’ont plus rien de révolutionnaires en 2020, mais elles restent d’une solidité qui force le respect. On incarne toujours Nomad, un soldat déployé sur une île proche des Philippines où les Nord-Coréens semblent en recherche de sites archéologiques mystérieux, ce qui rapporte directement à la passion des nazis pour l’occultisme. Bien vite, un autre ennemi se déclare, aussi insaisissable que cruellement sanguinaire, et il vous reviendra de faire toute la lumière sur des événements de plus en plus dramatiques. Pour cela, l’avatar est évidemment armé, mais aussi protégé, et pas n’importe comment : il porte une Nanocombinaison, laquelle est au cœur des sensations du titre. Elle peut vous permettre de vous fondre dans le décor, à la mode de Predator, mais aussi décupler les capacités physiques de Nomad. Et ça, c’est toujours aussi jouissif de nos jours.

On fait donc toujours face à un FPS des plus plaisants à jouer. C’était d’ailleurs une erreur que de résumer le jeu d’origine à une sorte de benchmark technique pour amateurs de PC de guerre : Crytek avait réellement soigné son bébé. Bien entendu, on a depuis croisé d’autres jeux du genre qui offrent une liberté de mouvement optimale, proposant diverses solutions pour atteindre un objectif. Mais cela reste bonnard à découvrir, malgré quelques limitations évidentes et compréhensibles. On pourra avoir recours à des véhicules pour rapidement atteindre un point éloigné, car l’île reste assez grande et ouverte pour que l’on ressente le besoin de s’y mouvoir en vitesse. D’ailleurs, ce besoin de toujours rester en mouvement est constant, jusque dans des gunfights toujours aussi nerveux, sans pour autant atteindre le stade du Fast-FPS à la DOOM Eternal. L’intelligence artificielle des ennemis reste très accrocheuse (et parfois beaucoup moins, on sent un petit déséquilibre), voire même trop parfois, il faudra donc la jouer tactique si vous voulez vous en sortir, surtout à haut niveau.

On peut aussi modifier les armes à la volée, on apprécie toujours autant la « destructabilité » de certains éléments du décor, bref on prend plaisir. Mais une dernière ombre vient tout de même ternir ce tableau globalement plutôt sympathique : le contenu n’a pas bougé. Il faut toujours une dizaine d’heures pour en voir le bout, et deux de plus afin de vider le 100%. C’est court, surtout que le terrain de jeu aurait pu donner à Crytek des idées dans le but de renforcer un peu ce résultat. Pire, comme nous avons droit à un remaster basé sur la version console, il manque toujours la dixième mission du jeu d’origine, à l’époque jugée trop gourmande pour les PlayStation 3 et Xbox 360 (et à juste raison). On aurait pu s’attendre à ce qu’elle fasse enfin son retour, et ce n’est pas le cas, dommage.

Note : 13/20

Crysis Remastered est l’occasion de redécouvrir un jeu fondateur, bien plus intéressant que la seule baffe technique à laquelle il fut résumé en 2007. On émet tout de même des réserves concernant la mise à niveau technique, qui connait des hauts (en premier lieu, la distance d’affichage) mais aussi des bas (certaines textures, des bugs étonnants). Le résultat ne se fait donc pas aussi impressionnant qu’attendu, mais le jeu reste tout de même plaisant à parcourir, et ce grâce à un gameplay plus plaisant qu’il n’y parait.

6/10

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