[Test] Hunt Showdown : le vrai Crytek enfin de retour

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • PC
  • Développeur : Crytek
  • Editeur : Deep Silver
  • Date de sortie : 18 février 2020
  • Acheter : Cliquez ici

Hunt : Showdown parvient à lier différents styles

image test hunt showdown
L’ambiance de Hunt : Showdown est l’une de ses belles qualités.

Crytek a beau être une entreprise finalement assez jeune (ouverte en 1999), son nom résonne déjà en nous comme celui d’un acteur ayant bien bourlingué. Ses premiers pas étaient, il faut bien l’écrire, plus que prometteurs : un jeu qui fut une véritable vitrine technologique pendant longtemps (Far Cry), une licence appréciée par les fans de FPS (Crysis), un moteur solide (le CryEngine, utilisé notamment pour Prey ou Sniper : Ghost Warrior 3). Seulement voilà, l’industrie est parfois cruelle, et le studio a connu, ces dernières années, quelques revers importants, lesquels ont mené à la fermeture de certaines équipes, et l’abandon pur et simple de certains projets au profit de productions de moindre envergure (Robinson : The Journey) ou carrément très décevantes (qui se rappelle de Ryse : Son of Rome ?). On se demandait donc si Crytek allait remonter en selle, et Hunt : Showdown nous apporte des éléments de réponse.

Tout d’abord, il faut préciser que Hunt : Showdown est un jeu axé sur l’expérience multi. Du coup, sur PlayStation 4 comme sur Xbox One, il faudra être abonné aux services en ligne adéquats (PlayStation Plus pour la PS4) si vous voulez profiter de toute la substantifique moelle. Le jeu est cependant pratiquable en solo, du moins vous pourrez vous y lancer. Mais, dans ce cas, c’est une expérience fortement tronquée qui vous attend, et fort peu passionnante. Ce soft est un FPS qui cherche à marier deux styles : le PVP (joueur contre joueur) et le PVE (coopération), le tout sur une carte en monde monde ouvert, et mettant le paquet sur l’aspect chasse. On y détecte plusieurs saveurs : du Evolved pour l’impression de se mesurer à des bêbêtes supérieures en force, du Battle Royal car un seul partira avec la prime et le territoire ne cesse de se réduire, et du Monster Hunter World pour la recherche d’indices (très basique, dans le titre qui nous intéresse ici, contrairement à celui de Capcom). Tout cela, une fois mélangé, résulte sur un concept joliment efficace.

Hunt : Showdown a beau être un jeu axé sur le multi, il n’en reste pas moins que l’univers se fait assez intéressant, même s’il manque un peu de détails selon notre point de vue. L’action se déroule en 1985, en Louisiane. Bon, déjà c’est un bon choix : on a toujours pensé que cette région du monde, avec ses bayous anxiogènes, constitue une véritable valeur ajoutée pour l’ambiance. Et c’est aussi le cas ici. On voit débarquer des hordes démoniaques, constituées de zombies et d’autres monstres bien flippants, comme une araignée géante du meilleur effet (accompagnés d’une fiche descriptive très soignée). Un véritable chaos monstrueux, et vous allez devoir remettre combattre ces menaces, ou plutôt y survivre tant le challenge s’avère corsé.

Un chasseur chassant chasser…

image gameplay hunt Showdown
On utilise le sixième sens pour mieux y voir et… AAAAAAAAAH !

Le monde de Hunt : Showdown se divise en deux catégories. Il y a ceux qui se lanceront dans le mode Chasseur de prime, et ceux qui iront vers une Partie rapide. La première solution est clairement destinée à ceux qui ont du temps devant eux. Il est question de retrouver la menace qui plane sur le bayou, que ce soit un spectre agressif ou une sorte de montre-boucher pour le moins effrayant. Dans ce but, il va falloir le retrouver au sein de la carte, ce qui ne sera possible qu’après avoir récolté des indices concernant sa position. Cette tâche étant rendue plus difficile par par la présence de zombies aussi affamés que vivaces, mais aussi par d’autres chasseurs qui tenteront tout pour venir à bout du monstre avant vous. Une fois celui-ci tué, il est indispensable de bannir son âme par le biais d’un rituel dont l’effet secondaire est de vous faire apparaître aux yeux de tous les concurrents. Vous l’aurez compris, il s’agit d’une phase de défense du butin contre les joueurs adverses. Enfin, il est nécessaire de s’emparer de la prime, puis de l’emmener vers un point d’extraction. Là encore, le gros défi sera de survivre aux assaillants humains, lesquels ne vous laisseront pas fuir aussi facilement avec un butin qu’ils peuvent récupérer. Avec une moyenne d’une heure par partie, Chasseur d prime est le meilleur mode du soft, même si l’on regrette le peu de boss au final. Ces derniers restent tout de même difficiles à occire, surtout quand ils entrent en phase de furie, après avoir encaissé beaucoup de dégâts.

Partie rapide se destine à ceux qui veulent manger du Hunt : Showdown sur le pouce. Donc le concept perd un peu en tension ce qu’il gagne en dynamisme. Pour faire clair, c’est bien plus une guerre de tous contre tous, avec un aspect Battle Royal qui prend nettement le dessus. Si cela reste une bonne solution, c’est aussi grâce au gameplay, aux sensations. Crytek retrouve enfin de sa superbe à ce niveau, avec des armes (cohérentes avec l’époque, ce qui fait son effet) pleines de tonus, de patate. On observe et tente de maitriser un recul très juste, et l’on sent bien l’impact des balles, notamment quand on headshot un de ces fichus morts vivants. Aussi, l’avatar (homme ou femme) se déplace avec fluidité et agilité : il saute au-dessus de ce qui peut l’être, s’accroupit, court, utilise son arme au corps-à corps. Il a aussi recours à un sixième sens très utile, que ce soit afin de dénicher les indices ou d’y voir plus clair dans la pénombre. Malgré tout, on aurait peut-être voulu encore un peu plus de verticalité dans le level design. Autre regret, l’IA des zombies n’est pas hyper bonne, on les voit souvent buter un peu bêtement contre des éléments du décor. Certes, ce sont des trépassés, mais tout de même. Et les menus ne sont pas des plus ergonomiques (on sent bien que l’interface est pensée pour la proximité d’un écran PC), mais globalement la prise en mains se révèle agréable.

La durée de vie de Hunt : Showdown se fait satisfaisante, si vous accrochez au concept. Elle ne doit pas se juger sur son contenu, finalement assez décevant (deux cartes, une poignée de boss), mais sur le principe d’évolution de l’avatar. On lui fait gagner des niveaux, l’argent gagné nous offre la possibilité d’améliorer son équipement et de lui appliquer des compétences (qu’on peut aussi retirer). Mais sachez que tout cela peut être réduit à néant : hors niveaux débutant, la mort est permanente. Vous perdrez ainsi la totalité de votre évolution, et il faudra recommencer. Une mécanique qui, vous vous en doutez, ajoute une grosse dose de stress. Côté technique, le jeu souffle le chaud et le froid. On adore l’ambiance de la Louisiane, des marais : c’est suintant, l’ai lourd est presque palpable et ça fonctionne parfaitement. Par contre, on a croisé pas mal de bugs d’affichage, et les temps de chargement restent trop longs. Enfin, comment ne pas souligner l’exemplaire gestion du son ? Les thèmes musicaux participent à l’atmosphère, mais surtout les bruitages sont tous aussi soignés qu’utiles. Il est donc conseillé d’y jouer au casque, tant certains grognement indiquent de véritables indices quant à la présence de l’ennemi. Aussi, faites particulièrement attention aux animaux qui trahissent votre présence, ainsi qu’à ces chaines qui pendouillent : tout cela ne fera que provoquer la faim des zombies.

Note : 15/20

Hunt : Showdown signe enfin le vrai retour de Crytek sur le devant de la scène, par le biais d’un FPS multi intense et soigné côté gameplay. Si le résultat n’est pas dénué de défauts, comme ce contenu trop juste en terme de cartes et de boss, ou ces menus pas très ergonomiques, on ne peut que saluer la bonne structure de l’ensemble, un concept immédiatement digéré. On apprécie le stress lié à la mort permanente, et l’on n’est pas prêt d’oublier ces moments de pure tension quand d’autres chasseurs tentent de s’accaparer une prime pourtant méritée. Ces bayous sont décidément cruels, mais aussi très marquants en terme d’ambiance. Voilà une bonne relance, espérons qu’elle soit suivie d’une confirmation.

7/10

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