[Test] Shaolin vs Wutang : une surprise recommandée

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
    • Xbox One
    • PC
  • Développeur : Jezrun Bowman
  • Editeur : Godspeed Games
  • Date de sortie : 7 septembre 2020
  • Acheter : Cliquez ici

Shaolin vs Wutang, un fantasme pour fans de cinéma asiatique

image gameplay shaolin vs wutang
On reconnait de suite les combattants…

Quand on est joueur depuis bon nombre d’années, l’un des petits plaisirs les plus précieux est de défricher l’offre en cours, de trouver la perle rare. Et d’autant plus aujourd’hui, alors que les différents stores croulent sous les titres plus ou moins obscurs, et parfois sans grand effort de présentation. On peut presque parler de travail archéologique, d’une fouille minutieuse et délicate visant à tenter le strike plutôt que la mauvaise pêche. Parfois on échoue lamentablement, et la démarche laisse des traces, n’est-ce pas l’ignoble Shadow of Loot Box ? D’autres fois, on en ressort plus heureux, comme avec ce Shaolin vs Wutang que l’on n’a absolument pas vu venir.

Et pourtant, Shaolin vs Wutang ne sort pas non plus totalement de nulle part. Ce jeu de combat sur un axe 2D, clairement destiné tout autant aux amateurs de softs de combat qu’aux cinéphiles à tendance septième art asiatique, a fait parler de lui dès 2017. Du moins chez ceux qui ont l’oreille et l’œil pour écouter ou voir l’actualité des early access. C’est donc sur Steam qu’a commencé l’aventure du jeu, et quelle aventure ! Pour vous situer la chose, sachez que le développement fut assuré par une seule personne : Jezrun Bowman, ici édité par Godspeed Games. Influencé par la Shaw Brothers et d’autres entités cultes du cinéma d’action venu de l’Est lointain, le monsieur livre un véritable fantasme vidéoludique qui, s’il n’est pas parfait, a profondément marqué votre humble serviteur.

Débutons par ce qui nous a le moins emballé, car c’est ce sur quoi vont buter de suite les joueurs. On va faire simple : Shaolin vs Wutang n’est pas du genre à mettre les petits plats dans les grands. L’écran principal n’est pas du tout engageant, et encore moins celui de sélection des combattants. Il règne une petite impression de Mortal Kombat à l’ancienne dans ce tout premier contact, voire même de Street Fighter : The Movie, et là c’est quand même moins reluisant. On le regrette fortement, Digital Tribe aurait dû aider J. Bowman à peaufiner tout ça, car on sait que la première approche peut marquer durablement un joueur. Ce serait dommage ici, car le principal se trouve ailleurs.

Le roster défonce tout !

image test shaolin vs wutang
Les combats se font parfois bien tendus.

Comme avancé plus haut, Shaolin vs Wutang est un fantasme pour amateurs de films d’action asiatiques (et d’inspiration). Le roster est sensationnel, on retrouve une tripotée de personnages directement inspirés par la culture kung fu (et affiliés). Ainsi, on a droit à des clones de Gordon Liu, Donnie Yen, Jackie Chan, Bruce Lee, Jean-Claude Van Damme, Lo Lieh, Sonny Chiba, et d’autres qu’on vous laissera découvrir pour ne pas tout spoiler non plus. Aller, encore un ? Bon, d’accord : Michel Quissi. Mais si, vous le connaissez, il est l’horrible Tong Po de Kickboxer. On a bien quelques absents, comme l’immense Ti Lung, mais globalement on est bel et bien dans un casting pensé pour les fans de bastonnade. C’est déjà une grande qualité, qu’on se le dise. Ce sont au total trente personnages qui composent le casting, et tous dans un style précis, de la capoeira au ninjutsu en passant par la boxe de l’homme ivre (ou Zui Quan, pour les puristes) ou par le kung fu de la mante religieuse. Vraiment, on boit du petit lait à la paille.

Ensuite, le gameplay se révèle étonnamment bon. La prise en mains se veut ultra efficace, rapide, avec assez de permissivité et, paradoxalement, de limites à franchir pour que l’on sente tout de même une bonne marge de progression. Shaolin vs Wutang met avant tout le paquet sur le rendu des différents styles, l’animation se fait donc assez précise pour qu’ensuite les différentes écoles se combattent plus ou moins précisément. Les hitboxes se font globalement bonnes, et les enchainements sortent de manière fluide. Les commandes vont droit au but avec trois coups de base : pied, poing et arme. Il suffit ensuite de bien comprendre l’allonge du personnage, de maitriser des attaques spéciales toujours pensées dans une optique de « réalisme » du personnage (comprendre par là qu’il ne faut pas attendre de boules de feu à la Street Fighter), et le tour est presque joué. Signalons aussi une grosse emphase sur l’esquive, absolument géniale quand elle est digérée. On obtient alors des duels dans la plus pure tradition, découpés dans les offensives et les contre-offensives.

Côté contenu, Shaolin vs Wutang ne peut cacher son statut de jeu indépendant à tout petit budget. Il manque un mode Histoire, ça se voit comme le nez au milieu de la figure. En l’état, on enchaine donc les tournois, non sans déplaisir mais aussi sans oublier que l’on aurait pu prendre encore plus notre pied avec un cheminement scénarisé, bouclé par une fin spéciale. Et même d’autres bonus, soyons fous, comme une encyclopédie rendant hommage au meilleur cinéma d’action que l’on puisse découvrir ! Hélas, ce n’est pas le cas. Aussi, le multijoueur est au rendez-vous, mais uniquement en local. Techniquement, le jeu se tient honorablement, sans être une baffe non plus. Les environnements rendent eux aussi hommage à la 36e Chambre et autres lieux cultes, et les modèles se font précis juste ce qu’il faut. Ce qui est moins le cas des spectateurs, quand il y en a dans les décors, mais ce n’est pas un vrai souci. Évidemment, la fluidité est au rendez-vous, condition sine qua non à la bonne tenue de l’ensemble. Et les musiques s’inscrivent dans cette lignée : on est dans du bonheur pour les cinéphiles.

Note : 15/20

Oh la bonne pioche ! Shaloin vs Wutang sort de nulle part, est le fruit d’un seul homme, et il revêt les atours de l’hommage inespéré au cinéma d’arts martiaux. Jeu de combat 2D fantasmatique, véritable ode à une culture asiatique fourmillante, le jeu trouvera rapidement ses adeptes. Et ce malgré l’absence remarquée d’un mode Histoire. Reste que le roster fait rêver, avec ses trente personnages tous inspirés par de grandes pointures (Bruce Lee, Gordon Liu, Jackie Chan, etc). Et la prise en mains, surprenante mais inspirante notamment grâce à des esquives à placer, fait le job. Voilà un titre que vous pouvez noter sur votre to-play-list.

7/10

Réagir à l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *