[Test] Street Fighter 30th Anniversary : de l’arcade perfect sur consoles

Caractéristiques

    • Playstation 4
    • Ordinateur/PC
    • Xbox One
    • Nintendo Switch
  • Développeur : Digital Eclipse
  • Editeur : Capcom
  • Date de sortie : 29 mai 2018
  • Acheter : Cliquez ici

La montée en puissance d’une légende

image gameplay street fighter 30th anniversary
High Five si vous aussi vous disiez “atsatsatsakette”.

Trente années de règne, ça se fête ! Bon, dans les faits, cette compilation très attendue débarque un tout petit peu en retard, Street Fighter étant sorti en 1987, tout d’abord en version arcade. Cela ne nous rajeunit pas, et ce même si la popularité de la licence a véritablement explosé avec Street Fighter 2, en 1991. Quatre années qui auront été nécessaires pour peaufiner le concept du jeu de baston en 2D, et atteindre les cimes que tout le monde connaît. Trente ans, c’est fou. Trois décennies qui ont vu Ryu et Ken devenir de véritables icônes, reconnues au premier coup d’œil, et pas seulement par les gamers. La série rentre de l’age de raison, l’occasion rêvée pour un Capcom actuellement très en forme (Resident Evil 7, Monster Hunter World) de nous concocter une piqûre de rappel, en forme de Shorryuken.

Street Fighter 30th Anniversary, propose à la fois de redécouvrir douze jeux, mais aussi l’Histoire de la licence. Si les jeux, pris un par un, ne s’appuient pas sur une histoire solide, c’est celle avec un grand « H » qui nous intéresse. D’ailleurs, on attendait Capcom au tournant sur ce point précis, tant certaines compilations, chez d’autres éditeurs, la jouent petit joueur. Rassurez-vous, le mode Musée va vous combler de joie, que vous soyez pointus sur le sujet ou néophytes. On y trouve ce qui est le plus gros morceau de la compilation : une frise chronologique qui regorge d’informations, non seulement à propos des jeux de la série, mais aussi d’autres gourmandises comme les apparitions des personnages dans d’autres softs. L’éditeur parie tellement sur ce contenu, que l’interaction va jusqu’à contenir des artworks, parfois commentés, et la possibilité d’y lancer les jeux embarqués. Pratique.

Un musée à dévorer

image jeu street fighter 30th anniversary
Vous saviez qu’une version 8 bits de Street Fighter aurait pu voir le jour ?

La partie musée de Street Fighter 30th Anniversary contient aussi l’entièreté des musiques de chacun des softs disponibles, ainsi que la présentation de tous les personnages jouables, génération par génération. Pour le côté OST, cela manque clairement de mise en forme. Tous les morceaux sont bien présents, notamment les versions accélérées pour les fins de round, mais cela manque de clarté dans l’agencement. Un reproche qui fait tache tant, on va le voir par la suite, le reste de l’enrobage n’est pas touché par ce phénomène. Aussi, on aurait apprécié de voir des vidéos venir compléter ce tableau. Les jeux étant la cible privilégiée des compétiteurs, pourquoi ne pas proposer des extraits de joutes impressionnantes, par exemple ? On pense évidemment à celle qui a opposé, en 2004, Daigo contre Justin. Si la compilation donne exactement ce qu’on attend d’elle, elle ne produit pas de dépassement de fonction, ce n’est pas décevant mais on espérait le contraire. Pas de présence de jeux plus exotiques, comme l’adaptation vidéoludique du film (tirée du jeu, vous suivez ?), aussi nanardesque que ce dernier, aucun bonus à débloquer. Dommage.

Street Fighter, Street Fighter II, Street Fighter II’ : Champion Edition, Street Fighter II : Hyper Fighting, Super Street Fighter II, Super Street Fighter II Turbo, Street Fighter Alpha, Street Fighter Alpha 2, Street Fighter Alpha 3, Street Fighter III, Street Fighter III : 2nd Impact, Street Fighter III : 3rd Strike. Cela en impose, n’est-ce pas ? C’est le programme que cette collection vous réserve, soit un véritable voyage à travers toute l’époque 2D de la série. C’est ici que l’on doit mettre en garde les joueurs : il s’agit des versions arcades de ces jeux, et non consoles. C’est une précision importante, car côté contenu cela change un peu la donne, avec des modes qui ne font pas le voyage. Est-ce un regret ? Non, car c’est une une volonté assumé de la part de Capcom : cet anniversaire est l’occasion de proposer, aux joueurs consoles, le fameux arcade perfect, soit la totale fidélité aux bornes. Un plaisir d’esthète qui touchera les puristes, quant aux autres ils pourront se rassurer avec la possibilité d’influer sur le niveau de difficulté. Ouf.

Quelques retenues remarquées

image playstation 4 street fighter 30th anniversary
La grosse mandale de Sagat, toujours aussi efficace.

Street Fighter 30th Anniversary va droit à l’essentiel, et son habillage se met au diapason. Pas d’introduction digne de ce nom, mais un écran de sélection épuré de toute fantaisie. C’est clairement un objectif de Capcom : faire en sorte que les joueurs naviguent rapidement d’un titre à l’autre, sans se perdre dans des coursives inutiles. Arcade, Online et Musée, si vous ne vous y retrouvez pas, c’est de votre faute ! Cette facilité d’accès se retrouve aussi dans les différentes options : quelques filtres (dont un qui simule très bien le rendu sur télé cathodique), la possibilité de changer le ratio, ou de choisir son fond d’écran. Sur ce dernier point, on sera parfois interloqué par le mauvais goût de certains choix. Heureusement, il est tout à fait possible de désactiver ces artworks pour ne garder que l’essentiel : les jeux.

Street Fighter 30th Anniversary est l’occasion de se rendre compte des différentes évolutions qu’a connu la licence, aussi bien du côté de la technique que du gameplay. Le chemin parcouru depuis l’embryonnaire Street Fighter, dans lequel les coups spéciaux sortent une fois sur douze, jusqu’à l’ultra précis et tactique Street Fighter 3 : 3rd Strike, donne le vertige. L’apparition des Super, des Combo custom, des gardes aériennes, des différentes approches via les nouveaux personnages, tout suit une courbe de progression qu’il est parfois difficile de suivre quand on loupe ne serait-ce qu’un opus. Bien entendu, l’ensemble garde toute ses qualités de prise en mains, même si l’on regrette l’absence, très remarquée tant elle est étrange, de touche-raccourci pour les trois poings et pieds. Enfin, soulignons la présence du jeu en ligne pour Street Fighter 2 : Hyper Fighting, Super Street Fighter 2 Turbo, Street Fighter Alpha 3 et Street Fighter 3 : Third Strike. On préférera, comme toujours les parties locales, mais il s’agit d’une bonne occasion de comparer son skill, et ce même si le menu manque de détails sur plein d’éléments.

Note : 15/20

Street Fighter 30th Anniversary vaut le détour pour deux raisons : sa valeur pédagogique, par le biais d’un musée complet même si prudent, et sa volonté de proposer de l’arcade perfect. Tout n’est pas parfait, loin de là, on reprochera surtout un manque de folie dans le contenu, et l’absence du pourtant indispensable raccourci des trois poings et pieds. Mais, dans l’ensemble, l’expérience s’avère satisfaisante. Car la qualité des softs est indiscutable, et admirer la courbe de progression de la licence force le respect. De quoi plaire aux amateurs de combos bien placés.

0/10

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