[Test] Twin Mirror : DONTNOD s’attaque au thriller

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • PC
  • Développeur : DONTNOD
  • Editeur : DONTNOD
  • Date de sortie : 1er décembre 2020
  • Acheter : Cliquez ici

Twin Mirror ne révolutionne pas la recette, mais reste très soigné

image test twin mirror

Remember Me, Life Is Strange, Vampyr : DONTNOD a le chic pour se lancer dans des projets surprenants. Même Life Is Strange 2, une suite numérotée, a eu la bonne idée de tenter des choses différentes, du moins côté scénario. Récemment revenu sur le devant de la scène avec un Tell Me Why qui a su charmé une bonne partie du public, et de la presse, le studio ne perd pas de temps. Quelques mois plus tard, on le retrouve toujours attaché au genre de l’aventure narrative, mais cette fois-ci avec un pur thriller : Twin Mirror.

Comme d’habitude, il est délicat d’aborder le scénario d’un jeu signé DONTNOD. Le studio est une valeur sûre pour celles et ceux qui apprécient de suivre un récit écrit avec soin, donc nous n’allons pas vous faire bouder ce plaisir. Sachez simplement que Twin Mirror vous projette dans la peau d’un avatar nommé Sam Higgs, journaliste déchu depuis un article incendiaire ayant entrainé la fermeture de la mine de Basswood. Alors qu’il avait décidé de ne plus revenir, notre personnage va devoir faire un écart pour rendre hommage à un ancien ami décédé mystérieusement. Tout cela sonne très thriller dans l’esprit, et le thème de la petite ville pleine de secrets n’est pas sans nous rappeler Twin Peaks et ses nombreux ersatz. Ce n’est pas du tout pour nous déplaire, même si le jeu doit composer avec certains petits défauts.

La première de ces anicroche est le caractère finalement assez prévisible de l’histoire. Si l’on prend plaisir à suivre le cheminement de ce personnage particulièrement bien caractérisé, plus crédible qu’un Alan Wake (pourtant très bon, là n’est pas la question) par exemple, on se prend à regretter que les rebondissements ne soient pas plus marquants. On en compte pourtant, mais cela manque un peu de préparation, voire ils se perdent dans des phases de dialogues pas toujours bien rythmées. Que l’on soit clair, Twin Mirror reste tout à fait plaisant à suivre, on sent toute l’expérience de DONTNOD dans le narratif, mais on a tout de même l’impression que le résultat global aurait été encore plus satisfaisant avec plus d’ampleur. La fin se découvre en cinq heures (six, si vous prenez le temps de tout découvrir), une durée assez courte qui explique cette impression de survol que l’on peut parfois ressentir. Par contre, on ne peut que féliciter l’équipe pour avoir enfin opté pour un format intégral. Cela met fin à cet exercice, espérons-le tant il a su démontrer toutes ses limites.

Techniquement, le jeu le plus abouti de DONTNOD

image dontnod twin mirror

Le second élément discutable n’est autre que le gameplay. On utilise l’adjectif « discutable » sciemment, car ici le débat va faire rage. Il y aura les amateurs, et les déçus. Pour faire simple, Twin Mirror ne peut cacher qu’il est un jeu signé DONTNOD dans sa prise en mains : des dialogues à choix, certaines actions à impact sur le déroulé de l’histoire (presque toutes centrées sur le personnage de Joan, vous vous en rendrez compte), maniement de l’avatar plus cinématographique que vidéoludique. Bref, on est en terrain conquis, ce qui pourrait pousser certains à se demander si le studio n’est pas entrain de trop prendre ses aises. Ajoutons que la mécanique de déduction se fait certes assez originale dans la forme, ici via un Palais Mental très impressionnant (et principale source d’étonnement dans des phases plus sombres, on vous en laisse la surprise), mais cela reste du déjà-vu dans le résultat. Non, le soft ne réinvente pas la roue : on fouille dans les environnements, les quelques énigmes sont d’une facilité assez déconcertante. Mais une révolution de gameplay n’était sûrement pas l’objectif.

Par contre, Twin Mirror marque une véritable avancée du studio dans le domaine technique. Il s’agit clairement du plus beau jeu de DONTNOD à ce jour, avec un photoréalisme quasiment atteint à l’occasion de certains environnements. Cela manque peut-être encore un peu d’animations dans les décors, et les personnages secondaires manquent parfois de fluidité dans les mouvements, particulièrement pendant les dialogues (doublés en anglais et sous-titrés en français). Mais, globalement, on est dans du joli, qui flatte la rétine. Avec une mention particulière pour les effets de lumière, les sources d’éclairage, très saisissants du début à la fin. Enfin, la musique joue encore un bon rôle dans cette réussite purement artistique. Le compositeur, David Wingo, que l’on connait surtout pour son brillant travail sur Take Shelter, évolue comme un poisson dans l’eau, s’adapte parfaitement à la tendance intimiste du studio tout en cherchant à accompagner les phases plus tendues.

Note : 14/20

Twin Mirror est fait pour contenter les fans des jeux signés DONTNOD. Ceux-ci découvriront un scénario certes manquant un peu de rebondissements efficaces, mais assez bien fignolé pour que l’on s’attache non seulement à ce personnage ainsi qu’à à la petite ville de Basswood. On pourra tout de même commencer à alarmer concernant la prise en mains, finalement assez convenue et qui imprime au résultat une sorte de ronronnement qu’il ne faudrait pas trop cajoler. On espère donc de la prise de risque pour la prochaine œuvre du studio, mais toujours avec ce soin qui nous séduit encore ici.

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015. Manque clairement de sommeil.

0/10

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