[Test] Life is Strange 2 Episode 1 : des débuts encourageants

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Ordinateur/PC
    • Xbox One
  • Développeur : DONTNOD
  • Editeur : Square Enix
  • Date de sortie : 26 septembre 2018
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Deux fois plus d’émotions

image gameplay life is strange 2
Des débuts prometteurs…

Qui aurait pu prévoir un tel destin pour la licence Life is Strange ? Le jeu épisodique de DONTNOD, le studio derrière le récent Vampyr, a su créer un véritable engouement auprès des joueurs, au plus fort de la mode des softs narratifs. Après Life is Strange : Before the Storm, un prologue un peu moins séduisant mais toujours traversé de cette ambiance si caractéristique au jeu, voilà que la série retourne entre les mains de ses géniteurs. Toujours accompagné de cette volonté de raconter une histoire fantastique, baignée d’éléments plus réalistes. La réussite est-elle au rendez-vous ?

Si Life is Strange 2 parvient à nous enthousiasmer, c’est avant tout grâce à son récit. Autant vous prévenir : nous marchons sur des œufs, afin de ne rien vous spoiler. Et ce n’est pas aisé. Le joueur incarne Sean Diaz, un adolescent d’origine mexicaine, qui vit ce que des enfants de son âge peuvent vivre dans une petite ville des États-Unis. Le sport, mais sans grande passion. Les filles, sans grand succès. Et la fête, même si les débordements ne sont pas trop du goût de notre avatar. Mais le voilà invité à la soirée de l’année, et son crush aussi, alors le garçon se prépare avec attention, en suivant la liste de recommandations formulée par sa meilleure amie. Malheureusement, en cette journée plutôt heureuse, un événement va tout mettre en charpie, forçant Sean et son jeune frère, Daniel, à prendre la fuite.

Life is Strange 2 représente la maturité, pour la licence. Si le personnage principal reste un adolescent, ce qui peut parfois (dans les premières minutes, plus précisément) créer des problématiques à sa hauteur, les thématiques nous ont paru beaucoup plus adultes. Le fait d’incarner un américain d’origine mexicaine va servir un propos que DONTNOD ne cache pas : anti-Trump, et très critique sur le citoyen de l’Amérique profonde, souvent montré (un peu facilement) comme raciste, lâche, ou violent. Bien entendu, l’aspect très politique pourra agacer ou délecter chacun d’entre nous, cela dépend de votre vision du monde, cependant on ne peut que souligner le courage de l’intention.

Life is Strange 2 développe un récit très centré sur ses deux personnages principaux. Oui, deux. Si la licence nous a, jusqu’ici, proposé des protagonistes secondaires forts, il n’était pas question d’un duo aux commandes. Ici, la relation entre Sean et Daniel est au cœur de tout. DONTNOD organise l’histoire en laissant assez de moments intimistes entre eux deux. La séquence de camping n’a, finalement, que peu d’intérêt pour l’intrigue, même si elle permet un très léger sursaut de l’élément fantastique. La raison de l’existence de cette parenthèse, c’est surtout de nous présenter quelques choix moraux, pas très cornéliens (ce sera pour plus tard) mais aptes à nous faire prendre conscience que chaque décision peut avoir une incidence sur Daniel, son caractère. Par exemple, c’est très tentant de faire peur au petit frère. Mais ne vous étonnez pas si la nuit se passe plus mal que prévu. On apprécie aussi ces petites phases sensibles, comme l’apprentissage du ricochet. Cela fonctionne, créé un véritable lien entre le gamer et les deux enfants.

La relation au frère au centre de l’expérience

image life is strange 2
Des situations qui interpellent les joueurs au plus profond.

Life is Strange 2 connaît des phases plus mouvementées, que celles et ceux qui aiment l’action se rassurent. On ne vous en dévoilera pas les problématiques qui s’y étalent, mais sachez que Sean va devoir faire confiance à son frère. D’autres moments ont su créer une vraie émotion. On pense à cette rencontre, avec des voyageurs venus de loin. Toute la sève de cet instant se trouve dans la possible honte que le joueur ressent, à demander de l’aide, à imposer une discussion clairement pas agréable pour tout le monde. Là encore, la réussite de DONTNOD se situe dans sa capacité à gratter l’expérience de celles et ceux qui découvriront le soft. On s’est tous demandé ce que ça ferait de devoir mendier, ce moment peut apporter un début de réponse.

Life is Strange 2 nous a charmé, mais on peut aussi capter quelques légers regrets. Le gameplay, s’il s’évertue à être parfaitement fonctionnel, manque peut-être de cette petite mécanique qui apporterait un peu de profondeur. On ne parle pas d’un véritable pilier, mais d’une feature qui aurait pu faire la différence. Ce n’est pas le cas, et l’on retrouve tous les grands classiques du jeu narratif. On sent bien que la priorité était de voir le gamer digérer au plus vite la prise en main, et en ce sens c’est une réussite. Sean se dirige avec une grande aisance, la caméra s’avère lisible, et les différents points d’intérêt se révèlent parfaitement décelables. Certains d’entre eux héritent d’une signalétique spéciale, afin d’indiquer une interaction qui embarque les deux enfants. Pratique.

Life is Strange 2 propose même quelques petits à-côtés, qui ont tous en commun de creuser l’univers. On pourra citer le téléphone portable, dont on vous conseille de découvrir les différents textos. Ces discussions pourront éclairer sur la nature des relations de Sean avec son entourage. Quant à ses passions, elles ont aussi droit de citer : quelques situations lui permettent de s’exercer au dessin, et vous demanderont de recréer ce que l’avatar observe. De manière aisée, bien entendu. Comme tout jeu d’aventure, il sera aussi possible de récupérer des objets, qui seront stockés dans le sac à dos. Rien de bien original, mais cela fonctionne.

L’aspect technique représente un vrai gap avec la précédente saison. Sans être un foudre de guerre, Life is Strange 2 sait titiller l’esthète qui sommeille dans chaque joueur, grâce à des jeux de lumière très efficaces, et des textures bien détaillées. Beau travail aussi sur les animations, même si une poignée nous a paru un peu sèche. Quant à la musique, signée Jonathan Morali (le compositeur de Life is Strange), elle est dans la droite lignée de l’opus antérieur. Est-ce un mal ? La réponse est mitigée : on aurait préféré une personnalité différente, qui colle à l’esprit d’un récit qui sait se démarquer. Enfin, on ne peut certes pas rentrer dans les détails, mais sachez que quelques clins d’œil à la première itération sont décelables, ici ou là. À vous de ne pas les louper, même s’ils ne sont pas vitaux pour la bonne compréhension de l’intrigue.

Note : 16/20

Avec Life is Strange 2, DONTNOD a décidé de ne pas se reposer sur ses lauriers, et c’est tout à l’honneur de ce studio. Plus adulte dans les sentiments brassés, le soft parvient à nous embarquer dans ce road trip aux accents contestataires, contre la politique de Donald Trump. Si cet aspect politisé pourra cliver, l’intention est assez ébouriffante, propulse le medium jeu vidéo au rang d’œuvre qui pense, propose une vision du monde. Au-delà de ce constat, le gameplay nous a paru assez prudent, mais efficace. Le but avoué étant de construire une véritable relation entre Sean et David, mais aussi entre le joueur et cette fratrie. Mission réussie et, en terminant cet épisode long de trois heures, on se dit qu’on attend la suite avec impatience.

8/10

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