article coup de coeur

[Test] Capcom Arcade Stadium : un concept très soigné

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
  • Développeur : Capcom
  • Editeur : Capcom
  • Date de sortie : 17 février 2021
  • Acheter : Cliquez ici

Capcom Arcade Stadium, une compilation qui fait du bien

image test capcom arcade stadium

Ah, les compilations de jeux rétros. Toujours des parutions assez clivantes, entre les joueurs nostalgiques qui en apprécient la substantifique moelle, et ceux qui n’y voient qu’une démarche commerciale. La vérité se situe dans l’intention de l’éditeur, comme d’habitude. Si certaines de ces sorties peuvent effectivement faire penser à de l’exploitation de catalogue (n’est-ce pas Castlevania Requiem), d’autres se dirigent plus vers la transmission à la fois utile et soignée. Mis en ligne juste après un tout récent Nintendo Direct, Capcom Arcade Stadium se situe dans cette seconde catégorie. Et on va voir, que l’éditeur culte prend même quelques jolies initiatives.

Tout d’abord, il faut faire la lumière sur le modèle économique de cette sortie. Capcom Arcade Stadium peut être consommé de deux façons : dans un téléchargement tout en un (ce qu’on conseille, très clairement), ou en acquérant l’habillage avant de lui ajouter des packs de jeux. Ceux-ci sont au nombre de trois, que voici en détails :

Dawn of the Arcade (1984 – 1988)

  • Vulgus
  • Pirate Ship Higemaru
  • 1942
  • Commando
  • Section Z
  • Takai no Banka
  • Legendary Wings
  • Bionic Commando
  • Forgotten Worlds
  • Ghouls ‘n Ghosts

Arcade Revolution (1988 – 1992)

  • Strider
  • Dynasty Wars
  • Final Fight
  • 1941 Counter Attack
  • Senjo no Okami II (Mercs)
  • Mega Twins
  • Carrier Air Wing
  • Street Fighter II – The World Warrior
  • Captain Commando
  • Varth Operation Thunderstorm

Arcade Evolution (1992 – 2001)

  • Warriors of fate
  • Street Fighter II’ : Hyper Fighting
  • Super Street Fighter II Turbo
  • Powered Gear Strategic Variant Armor
  • Cyberbots Fullmetal Madness
  • 19xx The War Against Destiny
  • Battle Circuit
  • Giga Wing
  • 1944 The Loop Master
  • Progear

Dix titres par packs donc, et rassemblés par séquence historique. Bonne idée, car cela induit une cohérence technique qui pourra aussi parler à un public qui recherche une sensation en particulier. Sachez aussi que Capcom permet l’accès à deux titres de manière totalement gratuite : 1943 – The Battle Of Midway et Ghosts ‘n Goblins, ce dernier ne pouvant être récupéré que jusqu’au 25 février 2021. Aller hop, que faites-vous encore là, foncez le télécharger ! Entre nous, il est très probable que ce casting soit bientôt complété d’autres packs, car certains gros titres manquent à l’appel, comme Cadillacs And Dinosaurs ou Alien Vs. Predator (peut-être des questions de droits, pour celui-ci).

Notre test va avant tout aborder le contenant Capcom Arcade Stadium. Votre dévoué serviteur vous prépare d’autres articles plus axés sur les jeux en eux-mêmes, patience. De suite, le joueur sera étonné de voir apparaître l’écran RE Engine. On ne s’attendait pas à retrouver ce moteur ici, lui qui sert notamment à propulser un Resident Evil 7. Et pourtant, on en comprend le recours : l’éditeur a mis le paquet sur la direction artistique. Ainsi, l’enrobage donne l’impression d’être dans une salle d’arcade à l’ancienne, avec des représentations de bornes et toute l’ambiance sonore qui va avec. Il faut appuyer sur ce fait, car il est finalement peu commun dans le monde cruel des compilation rétros : Capcom a mis les petits plats dans les grands en terme d’interface.

Un gros effort sur l’interface

image gameplay capcom arcade stadium

L’écran de sélection des softs donne envie de jouer, ce qui est trop rare dans ce domaine. C’est évidemment très malin, car Capcom Arcade Stadium doit créer le besoin pour vendre ses packs, et ici c’est fait avec justesse. On a passé beaucoup de temps à égrainer le casting, à passer d’un titre à l’autre, et à comprendre les quelques spécificités. Car le titre ne fait pas que balancer de la rom, il accompagne l’exercice avec des bonus très sympathiques. Et n’ayez crainte, quelques tutoriels vous attendent pour vous les expliquer, ce qui n’est pas de refus. La première bonne idée, selon nous, est le gain de CASPO, une sorte de monnaie virtuelle amassée en fonction de vos parties, et dont l’utilité est de débloquer des grades, ou des bonus purement cosmétiques. Aller, on aurait aimé que ça aille encore plus loin, avec un gros musée à compléter par exemple, des documents de production, mais c’est déjà pas mal.

Et ce n’est pas tout : Capcom Arcade Stadium cherche aussi à fédérer les joueurs en proposant des défis spéciaux, de manière temporaire. Par exemple, à tel moment on pourra essayer d’atteindre un score de 60 000 sur Vulgus (gloups, pas facile) avec des règles très précises (non utilisation du rewind, du ralenti, etc). On a aussi des campagnes bonus, qui permet de gagner plus de CASPO en jouant à tel jeu de telle date à telle date. Bref, cela créé de l’émulsion, donne envie de découvrir et pose même des objectifs. Les amateurs d’exploits en tous genres peuvent aussi se frotter les mains : Capcom a pensé à proposer une trentaine de Triomphes, qui deviendra dans un futur proche les Trophées des versions PlayStation 4, Xbox One et Steam récemment annoncées.

Il est certes dommage qu’on n’ai pas accès à un véritable musée, mais Capcom Arcade Stadium a tout de même le bon goût de proposer une notice dématérialisée pour chacun des titres. Si l’on n’y retrouve pas les artworks, on a tout de même droit à quelques détails concernant l’histoire, et même des secrets pour mieux jouer ou exploiter des failles. Les fans de l’éditeur pourront aussi regarder une vidéo spécialement tournée pour l’occasion, laquelle revient quelques minutes sur l’histoire de Capcom. Vraiment agréable, plaisant, et si l’on ajoute des statistiques toujours bienvenues (à quel titre jouez-vous le plus ?), on peut estimer qu’on se retrouve là devant une compilation qui chouchoute le fan.

Surtout que ce n’est pas terminé, il y a encore de bonnes choses au programme. Capcom Arcade Stadium propose les versions internationales des titres mais aussi japonaises, et beaucoup d’options indispensables à une pratique moderne. Oui, on a tous perdu notre niveau de skill de l’époque, ne nous voilons pas la face, et terminer un run de Strider est devenu une véritable épreuve pour les nerfs. Heureusement, on a droit à plusieurs niveaux de difficulté, un réglage du nombre de vies, une fonction rewind carrément indispensable, la sauvegarde à la volée, et même la possibilité de ralentir la vitesse du soft (très utile pour les shoots). Pour le format d’image, on retrouve des choix classiques : plein écran, original ou encastré dans une borne que l’on peut même modifier. Pour cette dernière possibilité, on conseille évidemment de jouer docké pour une meilleure visibilité. Enfin, les habituels filtres (scanlines, CRT, etc) sont de la partie, ainsi que la possibilité de reconfigurer les touches.

Note : 16/20

Capcom Arcade Stadium est le genre de compilation qui ne pourra que plaire aux joueurs nostalgiques, ce qui est finalement assez rare. En effet, le soin apporté à l’enrobage fait qu’on ne se sent pas ponctionné en raison de notre seule passion, et ça c’est important. Le modèle économique, certes assez spécial mais finalement dans l’air du temps, fonctionne assez bien, et surtout l’habillage donne envie de tout (re)découvrir. De plus, Capcom a pensé à ajouter des défis, des choses à débloquer, et assez d’options pour faciliter l’accessibilité. Espérons que d’autres packs sortiront dans le futur, et pourquoi pas une version dédiée cette fois-ci aux jeux parus sur consoles…

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015. Manque clairement de sommeil.

8/10

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