[Preview] Outriders : un TPS aux sensations encourageantes

Caractéristiques

    • PlayStation 5
    • Xbox One
    • PlayStation 4
    • PC
    • Xbox Series
    • Stadia
  • Développeur : People Can Fly
  • Editeur : Square Enix
  • Date de sortie : 1er avril 2021

La démo d’Outriders pose des bases intéressantes

image preview outriders

Cela fait maintenant quelques temps que Square Enix s’est ouvert au jeu vidéo occidental. Tomb Raider, Marvel’s Avengers, Hitman, voilà des licences qu’on n’aurait jamais cru être un jour édité par le géant japonais. Dès lors, quand, en 2019, est apparue la rumeur d’un nouveau jeu construisant une nouvelle passerelle vers l’Ouest, on n’était pas spécialement étonné. Par contre, l’officialisation d’Outriders, lors de l’E3 de la même année, nous a laissé bouche bée : voir le nouveau projet de People Can Fly, l’un des grands spécialistes du Third person shooter (Bulletstorm, Gears of War : Judgment, c’était eux) pris en charge par Squenix, alors là… La curiosité était donc de mise, et la toute récente démo, parue le 25 février 2021, nous permet d’y voir plus clair. Et même d’en sortir avec quelques belles espérances.

Cette démo permet de découvrir l’intégralité du chapitre d’introduction, et ce depuis les tous premiers instants de l’intrigue. Sans trop l’aborder, car notre test complet sera le lieu idéal pour cela, écrivons qu’il s’agit là de la première source d’étonnement positif. Entre nous, on ne peut pas dire que les différents trailers et journaux de bord aient mis le paquet sur cet élément, et pourtant l’univers d’Outriders sera l’un de ses points forts. Pour faire simple, l’action se situe dans le futur et l’humanité a encore fait des siennes et aura réussit à venir à bout de notre bonne vieille Terre. Alors, prouvant que l’être humain est un colon par nature, voilà que des survivants se lancent à la recherche d’une planète de substitution. Celle-ci n’est autre qu’Enoch, qui paraît assez hospitalière pour tout recommencer. Le joueur incarne l’un de ces pionniers, les Outriders, et très vite il va se rendre compte que quelque chose cloche. Et pas qu’un peu : l’endroit est en fait invivable, en proie à des manifestations aliens, mais les supérieurs vont décider de tout de même tenter le coup, quitte à nous plonger dans un coma artificiel pour faire taire le malheureux avatar. Lequel va se réveiller quelques dizaines d’années plus tard pour découvrir l’impensable…

Cela faisait bien longtemps qu’un jeu occidental n’était pas parvenu à nous faire découvrir un univers de science-fiction qui soit à la fois fouillé, référentiel, et mystérieux. En fait, le dernier dans le genre, pour votre humble serviteur, remonte au premier Mass Effect. Pour le moment, on ne peut pas encore affirmer qu’Outriders parviendra aux mêmes sommets, cependant la démo rassure sur le soin de l’écriture. Le conflit s’installe rapidement, sans trop nous noyer dans les informations, et c’est important : au lieu de lutter pour comprendre, on parvient à s’approprier l’endroit, les personnages, avant que tout cela ne soit précisé longuement dans un carnet de bord qui s’annonce très riche en détails. Aussi, le rythme va bon train : on est encore marqué par le premier twist, ce réveil qui dévoile une situation bien différente que la colonisation tranquille espérée dans les premiers instants. L’avatar, personnalisé sommairement par le joueur (sexe, couleur de peau, coiffure, barbe, etc) va alors être plongé dans une véritable guerre des tranchées, chaotique, et provoquée par un vilain despotique très mystérieux. Surtout, il aura droit à des pouvoirs provoqués par son contact avec une tempête alien, l’Anomalie.

Une prise en mains très agréable

image ps5 outriders

Tout cela est prometteur car, bien évidemment, Outriders est fait pour exploiter les spécificités du scénario. People Can Fly oblige, on fait face à un bon gros TPS hyper calibré, tout à fait dans la mouvance aujourd’hui moins productive du cover système. Donc, comprendre par là que le level design s’applique à laisser un peu partout la possibilité de se couvrir, exactement dans l’esprit d’un Gears of War. On insiste avec cette référence, même si l’on sent aussi que les développeurs n’ont pas chômé afin de rendre des sensations plus nerveuses. Alors que certains pourront hurler au classicisme, ce qui est contreproductif de notre point de vue (entend-on les mêmes remarques quand The Last Of Us Part.2 en fait aussi preuve ?), on préfère noter qu’il s’agit du premier TPS, depuis très longtemps, à ne pas nous forcer de passer par le réglage de la sensibilité de l’axe horizontal. Pareillement, la phase de tutoriel, totalement incorporée au scénario (bonne chose), rappelle à quel point le studio est l’un des meilleurs dans la gestion de la visée. C’est globalement on ne peut plus agréable dans la prise en mains, on est sous le charme.

Il est vrai, cependant, que cela manque tout d’abord de l’idée qui ferait la différence. Courir, sauter par-dessus des obstacles, changer d’armes à la volée parmi plusieurs types (fusil, pompe, flingue, etc), esquiver, on connait la chanson. Mais si nous n’avons pas ressenti une trop forte impression de déjà-vu, c’est parce qu’Outriders fait intervenir non pas des originalités, mais d’autres mécaniques qui rendent le tout plus sympathique à jouer sur la longueur. Tout d’abord, il s’agit d’un looter : on récupère du butin dans des coffres ou sur les cadavres ennemis. Il faut donc s’attendre à une grosse emphase sur la personnalisation de l’arsenal. L’autre idée forte, c’est bien entendu le choix de classes : Illusionniste, Pyromage, Telluriste et Technomage. Toutes ont leurs spécificités non seulement dans les skills et l’arbre de compétence, mais aussi dans l’allonge du pouvoir. Cela, bien entendu, afin de créer une complémentarité idéale pour le jeu en coopération car, c’est à signaler, l’aventure est entièrement jouable en solo ou à plusieurs. Enfin, la dernière mécanique qui fait la différence est le regain de vie par l’utilisation du pouvoir : cela pousse intelligemment le joueur à aller au contact, et surtout à utiliser l’entièreté du potentiel de la classe.

Cette démo d’Outriders est aussi l’occasion de découvrir la première zone habitée du jeu. Là, on est un peu plus circonspect : la vie n’y est pas très détaillée, et l’on s’y rendra principalement pour avoir accès aux magasins, du moins pour le moment. Autre petite anicroche, le système de progression par niveau de monde n’est pas des plus simples à capter, mais on s’y fait à la longue. Techniquement, cette démo est encore loin de présenter le travail terminé, du moins on l’espère. Sans être moche, loin de là, ce sont surtout les cinématiques qui inquiètent : on y voit trop de flou, et surtout les secousses sensées apporter du dynamisme provoquent surtout une impression de vertige. Enfin, le souci de synchronisation des dialogues disparaitra, sauf catastrophe. D’ailleurs, le jeu complet sera l’occasion de foncer sur les doublages anglais, le français étant loin d’être convaincant. Au-delà de ces remarques, la direction artistique s’avère séduisante. Enoch est pleine de surprises, verdoyantes ou bien plus sombres, et il nous tarde de les découvrir plus amplement.

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 avant de lancer Jeux Vidéo Plus en 2021. Manque clairement de sommeil.

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