[Critique] Mourir Peut Attendre : Une bonne conclusion pour le Bond de Daniel Craig ?

Caractéristiques

  • Titre original : No Time to Die
  • Réalisateur(s) : Cary Joji Fukunaga
  • Avec : Daniel Craig, Rami Malek, Léa Seydoux, Lashana Lynch, Ben Wishaw, Naomie Harris, Ralph Fiennes, Ana De Armas, Jeffrey Wright et Rory Kinnear
  • Distributeur : Universal Pictures France
  • Genre : Action, Thriller, Espionnage
  • Pays : Britannique
  • Durée : 163 minutes
  • Date de sortie : 6 octobre 2021

Une vraie conclusion…

25ème film de la saga, mais aussi cinquième et dernier film avec Daniel Craig, Mourir Peut Attendre est-il une bonne conclusion pour l’acteur ? James Bond a quitté les services secrets et coule des jours heureux en Jamaïque. Mais sa tranquillité est de courte durée car son vieil ami Felix Leiter de la CIA débarque pour solliciter son aide : il s’agit de sauver un scientifique qui vient d’être kidnappé. Mais la mission se révèle bien plus dangereuse que prévu et Bond se retrouve aux trousses d’un mystérieux ennemi détenant de redoutables armes technologiques…

Premier constat : le scénario de Cary Joji Fukunaga, Neal Purvis, Robert Wade et Phoebe Waller-Bridge varie entre le bon et le moins bon. Pour ce qui est du positif, le long-métrage nous entraine dans une histoire autant bondienne que personnelle. Bond se révèle beaucoup plus humain et l’évolution du personnage incarné par Daniel Craig est plutôt intéressante. L’espion passe par pas mal d’émotions. Son traitement est des plus satisfaisants. D’ailleurs, pour la première fois dans la saga, un acteur de James Bond clôt vraiment son histoire. Et cela ne pouvait passer que par des allusions aux autres films, que ce soit des références aux dialogues et aux musiques des opus précédents (y compris ceux avant l’arrivée de Craig) ainsi que des clins d’œil visuels pour montrer que l’on est bien à la fin d’une ère. Et au final, tout l’arc narratif commencé par Casino Royale trouve une conclusion ici.

Autre réussite, l’humour. Les punchlines du film font mouche, davantage que dans les précédents films. Enfin, la place des femmes dans Mourir Peut Attendre est complètement inclusive. Ainsi, la nouvelle 007 est une espionne noire complètement compétente. Paloma a peu de scènes mais sa prestation est marquante et le retour de Madeleine – une première dans la saga – est pertinent. Aucune d’elles n’est montrée comme une femme-objet et chacune possède ses forces et ses faiblesses. En ce sens, ce long-métrage est le plus inclusif de la saga.

… Mais pas mal de défauts

image daniel craig mourir peut attendre

Ce qui ne marche pas : en premier lieu, le méchant Lyutsifer Safin. A aucun moment il ne semble menaçant. Ce qui est un très gros problème. Le second problème, c’est que ses motivations sont obscures. Si sa motivation première est bien réelle et compréhensible (se venger de SPECTRE), la suite ne l’est pas. De plus, il n’apparait pas suffisamment à l’écran pour qu’on puisse le craindre. Les scénaristes ont essayé d’imaginer un méchant « à l’ancienne » comme dans les films de Sean Connery, mais cela ne marche pas ici tellement ce modèle semble dépassé à notre époque.

Ensuite, on nous parle du grande secret de Madeleine : l’ennui, c’est que le film commence par un flashback (là aussi une première dans la saga) qui nous explique tout et amoindrit ainsi l’impact de cette révélation… Donc, non seulement nous n’avons aucune surprise, mais surtout, le secret est tellement anodin et anecdotique que cela plombe le long-métrage.

Enfin, le film est trop long : 2h43, sachant que la scène d’ouverture en fait déjà 30 – la scène d’introduction la plus longue de la saga. Un scénario plus ramassé aurait permis de gagner en intensité narrative. Enfin, si l’émotion fonctionne plutôt bien dans une scène, les au revoir à Daniel Craig manquent de force et c’est bien dommage !

Une réalisation moyenne et un casting inégal

image lashana lynch mourir peut attendre

En ce qui concerne la réalisation de Cary Joji Fukunaga, celle-ci est assez moyenne malgré quelques bons éléments. Il filme l’essentiel, mais sans style véritablement personnel. On est vraiment loin de la patte de Sam Mendes, par exemple. Malgré quelques sursauts bienvenus de temps en temps, on sent qu’il s’amuse davantage sur les scènes d’action que celles de dialogues, d’où un résultat inégal.

Le montage, comme nous le disions plus haut, est trop long. Malgré un rythme soutenu durant la première heure et demi, le rythme retombe ensuite jusqu’aux dernières 45 minutes. Il aurait fallu couper dix minutes du film pour une meilleure fluidité.

Pour le reste, les décors sont tout de même fabuleux et les effets spéciaux de qualité. Enfin, la musique de Hans Zimmer nous a agréablement surpris. Il a su garder la classe des musiques james bondiennes. Il y a même pas mal d’allusions musicales aux anciens films (que ce soit de l’ère Craig ou des plus anciens). Il y a tout de même deux-trois moments où il se lâche pour notre plus grand plaisir. Une belle partition.

En ce qui concerne les acteurs. Daniel Craig (A Couteaux Tirés) nous offre une belle performance pour le chant du cygne de son Bond. Il passe par toutes les émotions et arrive à nous émouvoir. L’acteur s’est vraiment donné à fond pour ce final. Rami Malek (Bohemian Rhapsody) ne passe malheureusement pas en méchant. Il ne semble pas menaçant une seconde. Dommage… Nous avions déjà du mal avec la performance de Léa Seydoux dans 007 SPECTRE. Celle-ci est cependant un peu meilleure dans ce dernier opus. Son personnage a évolué et l’actrice aussi. Alors certes, ce n’est pas une grande performance, mais c’est déjà ça.

Lashana Lynch, dans le rôle de la nouvelle 007, Nomi, est tout à fait convaincante. Autant dans les scènes d’action, d’humour ou de dialogues. Ana De Armas fait quant à elle une belle et courte entrée dans la saga. Son personnage a peu de temps à l’écran, mais elle réussit à voler la vedette à ses partenaires lors de ses scènes. Enfin, Ben Wishaw, Naomie Harris, Ralph Fiennes, Jeffrey Wright et Rory Kinnear reprennent les rôles qu’ils tenaient déjà dans les précédents Bond. Ils connaissent leurs personnages et les interprètent avec sérieux.

Mourir Peut Attendre n’est pas le chant du cygne parfait pour le James Bond de Daniel Craig. Le film a ses qualités et ses défauts. Si nous devions le positionner au sein des cinq films, nous dirions qu’il est meilleur que 007 SPECTRE et Quantum of Solace, mais moins bon que Casino Royale et Skyfall. Pas la conclusion parfaite que nous espérions, mais une vraie clôture et c’est déjà ça.

Auteur

  • Adore le cinéma en général, que ce soit les gros blockbusters ou les plus petits films, les séries TV et les jeux vidéo. Il réalise de nombreux tests de blu-ray et films en UHD 4K.

6/10

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