[Test – PS5] Death Stranding Director’s Cut : plus, c’est mieux ?

Caractéristiques

    • PlayStation 5
  • Développeur : Kojima Productions
  • Editeur : Sony Interactive Entertainment
  • Date de sortie : 24 septembre 2021
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Death Stranding complété par du contenu parfois discutable

Décidément, la trajectoire de Hideo Kojima, créateur et producteur de la licence Metal Gear Solid, n’est pas du genre facile à décrypter. Après son départ tonitruant de chez Konami, occasionnant notamment l’abandon (regretté) de Silent Hills, l’artiste s’est lancé dans une aventure grandiose : la transformation de Kojima Productions en studio indépendant. Le premier jeu, Death Stranding, paru en 2019, fut une détonation. Mais les ventes n’ont pas spécialement été à la hauteur des attentes. Alors que des rumeurs envoyaient le créateur Japonais chez Microsoft, le voilà bel et bien de retour… mais toujours en partenariat avec Sony Interactive Entertainment. Et ce pour un Director’s Cut intrigant.

Avec Hideo Kojima, il n’y a pas de long fleuve tranquille. À peine annoncé (par le biais d’un trailer remarquable, l’un de ses meilleurs), Death Stranding : Director’s Cut a dû faire face à une polémique. En effet, le producteur refuse catégoriquement de parler de DC, en se justifiant de manière un peu trouble. Pas que cela nous étonne de sa part, mais il ne s’agit pas d’un élément rassurant. Et pourtant, l’exercice du Director’s Cut se fait plutôt à la mode, comme on a pu récemment le voir avec Ghost Of Tsushima, donc on restait très curieux du résultat. Seulement voilà, ce dernier a autant de quoi provoquer un certain plaisir chez les fans que les faire frémir.

Le jeu de base reste excellent, très courageux

image test death stranding director's cut

Si vous voulez savoir tout le bien que l’on pense du jeu de base, aussi bien en termes ludiques que scénaristiques, nous vous dirigeons vers notre test très enjoué. Rappelons tout de même que l’on fait face à un soft d’une grande maitrise, au game design courageux au possible. Beaucoup de mauvaises langues trollesques ont voulu résumer l’expérience à une série de quêtes Fedex, un raccourci lié au métier de notre avatar, le facteur du turfu Sam Porter Bridges (interprété par Norman Reedus). Seulement, c’est faire fi de tout ce qu’il y a autour, de cet univers futuriste hyper travaillé, de ces territoires évolutifs, et même des mécaniques d’équilibre très réussies. Bref, le titre est excellent, et la mission de Death Stranding : Director’s Cut était de ne surtout pas en dénaturer le trip.

Death Stranding : Director’s Cut rajoute énormément de contenu, et opère un bond en avant technologique. Pour ce qui est des nouveautés de gameplay, il faut d’abord préciser que cette version embarque toutes celles sorties uniquement sur la version PC, des opérations en lien avec Half-Life et Cyberpunk 2077. De plus, on a droit à trois quêtes exclusives à cette sortie PlayStation 5 (une accessible dès le début, les autres plus tard dans l’aventure). Sans ne rien vous spoiler, elles sont plus axées sur l’approche infiltration mise en avant par le trailer dont on parlait plus haut, que sur leur apport très minime au récit.

C’est un regret, car on peut dire que l’univers du jeu a tout pour être encore fouillé. C’est d’ailleurs le principal regret que nous émettons en sortant de cette expérience : finalement, elle n’apporte rien au récit, et Hideo Kojima d’avoir raison sur sa déclaration initiale.

Des nouveautés qui rendent l’expérience plus accessible

image gameplay death stranding director's cut

Heureusement, d’autres contenus viennent tout de même rééquilibrer le constat. Death Stranding : Director’s Cut voit arriver de nouvelles machines avec, en premier lieu, la catapulte à colis. Son principe est simple : elle balance vos colis à plusieurs dizaines de mètres, et l’on déclenche à distance un parachute afin de ne pas endommager les précieuses cargaisons. Pratique, surtout quand on approche d’un nid à Mules ! Aussi, le Mécabot offre un support précieux : il peut autant porter des colis que vous-même. Par contre prenez garde, car son utilisation bloque la note de mission au A, vous pouvez oublier le S. On a aussi droit à un véhicule planant, voire « jetpackant » dont on vous laisse l’entière surprise.

Et ce n’est pas tout, car Death Stranding : Director’s Cut ajoute une méga-rampe pour effectuer des sauts dingos en véhicule. Mais aussi une nouvelle autoroute simplifiant l’accès à la zone montagneuse, des gants anti-gravité, une amélioration du radar très efficace et un pont chiral exclusivement dédié aux motos. On pourra accueillir ces nouveautés de deux manières différentes.

Soit avec bonheur, car le niveau de difficulté maximal (on en trouve cinq) se fait tout de même délicat. Soit en regrettant que ces ajouts soient presque entièrement dédiés à une volonté évidente de simplifier la prise en mains du soft. Une ouverture plutôt sympathique de notre point de vue, vers un public qui n’a pas nécessairement l’envie d’un gros challenge. Elle se prolonge dans l’accessibilité, avec une police d’écriture enfin plus apte à une pratique sur écran de télé. Ouf.

Note : 16/20

Par contre, on ne peut pas en écrire de même pour l’ajout d’un circuit de course, à partir du troisième chapitre. Là, Death Stranding : Director’s Cut vacille un peu, porte un peu atteinte à la nature même de l’expérience originelle. Certes, le délire est en partie sympathique, et tire partie des mécaniques de construction du soft. Vous aurez donc besoin de différents éléments pour le construire et, de manière superficielle, on pourrait prendre cette activité pour un simple hors-piste. Mais il n’est ni bien implémenté dans la globalité, ni très amusant à jouer. Le tracé ne fait pas preuve d’inventivité et les courses en camion manquent clairement d’énergie. Finalement, ce contenu parvient même à prendre le contrepied de l’ambiance du titre, avec un côté délirant pas vraiment à sa place ici. Par contre, cette activité débloque un roadster très efficace, c’est toujours ça de pris.

Ajoutons un stand de tir (avec classements en ligne), sorte de mode training pour capter les subtilités des armes. Tout cela allonge une durée de vie déjà très solide à la base, on arrive aux soixante-dix heures pour les jusqu’au-boutistes. Techniquement, Death Stranding : Director’s Cut apporte beaucoup. On découvre deux modes. Performances privilégie les 60fps, et Qualité assure un 4K avec une fluidité un chouïa moins parfaite, mais très largement meilleure que sur la version PS4. C’est tout simplement sublime, avec ces magnifiques panoramas encore plus mémorables. Aussi, les temps de chargement se font quasi-inexistants, là encore un prodige par rapport à ce qu’on a connu en 2019.

Signalons aussi une intelligence artificielle un poil plus vicieuse qu’auparavant. Et la DualSense est très bien mise à contribution : retours haptiques précis pour la pluie, gâchettes qui réagissent au poids porté par l’avatar. Enfin, l’OST accueille des morceaux très à-propos signés par Woodkid.

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 avant de lancer Jeux Vidéo Plus en 2021. Manque clairement de sommeil.

8/10

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