[Critique] Primate : Un chimpanzé qui mord… mais pas assez longtemps

Caractéristiques

  • Titre : Primate
  • Réalisateur(s) : Johannes Roberts
  • Avec : Johnny Sequoyah, Jessica Alexander, Troy Kotsur, Victoria Wyant, Gia Hunter, Benjamin Cheng, Charlie Mann et Tienne Simon.
  • Distributeur : Paramount Pictures France
  • Genre : Epouvante-horreur
  • Pays : Etats-Unis
  • Durée : 89 minutes
  • Date de sortie : 21 janvier 2026
  • Acheter ou réserver des places : Cliquez ici
  • Note du critique : 6/10

Nouveau long-métrage co-écrit et réalisé par Johannes Roberts (Strangers: Prey at Night, 47 meters Down, Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City), Primate suit un groupe d’amis dont le séjour idyllique sur une île lointaine dégénère en un affrontement. Nous pourrions résumer le film de Johannes Roberts à un simple concept : un chimpanzé qui décime un groupe d’adolescents. Et, dans les faits, c’est effectivement ce dont il est question. Mais ce serait malgré tout réducteur, car le film tente — avec plus ou moins de réussite — d’aller au-delà de ce postulat de série B, en y greffant quelques thématiques émotionnelles et familiales.

Quand le drame familial flirte avec la série B

 Nous faisons ainsi la connaissance de Lucy (Johnny Sequoyah, convaincante en jeune femme forte et marquée par les épreuves), qui rentre à Hawaï pour passer quelques jours de vacances dans la maison familiale. Cela fait plusieurs mois qu’elle n’est pas revenue, la raison étant le décès récent de sa mère. Elle est accompagnée de deux amies : Hannah (Jessica Alexander, parfaite dans l’archétype de la meilleure amie loyale) et Kate (Victoria Wyant, volontairement agaçante, ce qu’elle assume plutôt bien). Dès leur arrivée dans la superbe villa familiale, le film installe rapidement ses personnages et leurs dynamiques.

Lucy retrouve sa petite sœur Erin (Gia Hunter, jeune actrice prometteuse), encore profondément marquée par la disparition de leur mère, ainsi que leur père Adam (Troy Kotsur, toujours aussi sérieux et impliqué), sourd et communiquant en langue des signes. Mais cette famille possède une particularité pour le moins inhabituelle : elle vit avec Ben, un chimpanzé recueilli et élevé par la mère défunte. Ben communique lui aussi en langue des signes ou à l’aide d’une tablette, et est présenté comme un membre à part entière de la famille. Nick (Benjamin Cheng, dans un rôle discret mais juste), meilleur ami de Lucy, gravite également autour de ce petit groupe.

image Johnny Sequoyah primate
Copyright Paramount Pictures

Une montée en violence précipitée

Évidemment, les choses ne tardent pas à dégénérer. Lorsque le père doit s’absenter pour une conférence, Ben contracte la rage et bascule progressivement dans une violence incontrôlable. C’est ici que se situe sans doute l’un des principaux reproches que l’on peut adresser au film : tout va beaucoup trop vite. Nous n’avons pas réellement le temps de nous attacher au chimpanzé ni de mesurer pleinement son lien avec la famille. Les bases sont posées, les archétypes sont clairs, mais Primate bascule très, voire trop, rapidement dans l’horreur pure. C’est regrettable, car en passant un peu plus de temps avec Ben et les membres de la famille, nous aurions ressenti une plus grande empathie et le film aurait gagné en impact émotionnel. Le drame aurait été plus fort, la tragédie plus douloureuse.  À partir de ce point de rupture, le film s’engage dans une succession de morts violentes qui s’enchaînent sans temps mort. Et sur ce terrain-là, le film se montre plutôt efficace.

Les scènes gore sont bien dosées et certaines mises à mort s’avèrent même franchement savoureuses pour les amateurs du genre. Johannes Roberts ne recule pas devant la violence graphique, sans pour autant tomber dans l’excès gratuit. Au-delà de son aspect purement horrifique, le film tente également d’aborder le thème du deuil. Certes, nous restons dans le cadre d’un divertissement grand public, et il ne faut pas s’attendre à une exploration particulièrement profonde ou subtile. Mais l’idée est là, notamment à travers le conflit entre Lucy et sa sœur Erin, cette dernière reprochant à son aînée de l’avoir laissée seule après la mort de leur mère. Ce ressentiment donne un minimum d’épaisseur aux personnages et permet d’instaurer une certaine compassion à leur égard. Cela fonctionne partiellement, même si là encore, on aurait aimé que le film prenne un peu plus son temps.

image Jessica Alexander primate
Copyright moviexchange

Efficace, mais perfectible

Avec une durée inférieure à une heure et demie, Primate fait le choix de l’efficacité. Le rythme est globalement bien tenu, malgré un léger creux au milieu du métrage. La mise en scène de Johannes Roberts est correcte, sans éclat particulier, mais suffisamment solide pour servir le récit. Le réalisateur privilégie davantage une ambiance oppressante et des situations tendues que les jump scares faciles, même si quelques sursauts viennent ponctuer le film. Ce mélange entre tension, horreur et gore est plutôt bien équilibré. Le chimpanzé, véritable cœur du film, se révèle réellement effrayant.

Côté effets spéciaux, les séquences où Ben est recréé en images de synthèse passent globalement bien, surtout dans les scènes rapprochées. En revanche, certains plans plus larges trahissent davantage les trucages, notamment les vues extérieures de la maison incrustée dans la forêt hawaïenne, qui manquent de naturel. Enfin, la musique composée par Adrian Johnson accompagne efficacement le film, soulignant aussi bien les moments de tension que les passages plus émotionnels, sans jamais être envahissante.

Sans révolutionner le cinéma d’horreur animalier, Primate remplit l’essentiel de son contrat : divertir, faire monter la tension et offrir son lot de séquences gore efficaces. Johannes Roberts livre un film correctement mis en scène, rythmé et parfois réellement stressant, porté par une idée de départ accrocheuse et un antagoniste aussi original qu’effrayant. Malheureusement, le long-métrage souffre d’un manque de développement émotionnel, allant trop vite vers l’horreur au détriment de l’attachement aux personnages et, surtout, au chimpanzé Ben, pourtant au cœur du récit. Avec un peu plus de chair autour de ses thèmes — le deuil, la famille, la responsabilité humaine face à l’animal — le long-métrage aurait pu viser plus haut. En l’état, il reste un divertissement honnête, brutal quand il le faut, mais légèrement frustrant, donnant l’impression de passer à côté de son plein potentiel.

Article écrit par

Adore le cinéma en général, que ce soit les gros blockbusters ou les plus petits films, les séries TV et les jeux vidéo. Il réalise de nombreux tests de blu-ray et films en UHD 4K et couvre l'actualité cinématographique en salles.

Et maintenant, on fait quoi ?

L'équipe de Culturellement Vôtre vous remercie pour vos visites toujours plus nombreuses, votre lecture attentive, vos encouragements, vos commentaires (en hausses) et vos remarques toujours bienvenues. Si vous aimez le site, vous pouvez nous suivre et contribuer : Culturellement Vôtre serait resté un simple blog personnel sans vous ! Alors, pourquoi en rester là ?

+1 On partage, on commente

Et pour les commentaires, c'est en bas que ça se passe !

+2 On lit d'autres articles

Vous pouvez lire aussi d'autres articles de .

+3 On rejoint la communauté

Vous pouvez suivre Culturellement Vôtre sur Facebook et Twitter (on n'a pas payé 8 euros par mois pour être certifiés, mais c'est bien nous).

+4 On contribue en faisant un don, ou par son talent

Culturellement Vôtre existe grâce à vos lectures et à l'investissement des membres de l'association à but non lucratif loi 1901 qui porte ce projet. Faites un don sur Tipeee pour que continue l'aventure d'un site culturel gratuit de qualité. Vous pouvez aussi proposer des articles ou contribuer au développement du site par d'autres talents.

S’abonner
Notification pour

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x