Caractéristiques
- Titre : Entretien avec un vampire
- Titre original : Interview with the Vampire
- Réalisateur(s) : Neil Jordan
- Avec : Tom Cruise, Brad Pitt, Antonio Banderas, Christian Slater, Kirsten Dunst, Stephen Rea...
- Editeur : Warner Bros France
- Date de sortie Blu-Ray : 30 septembre 2026
- Date de sortie originale en salles : 21 décembre 1994
- Durée : 123 minutes
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- Note : 8/10 par 1 critique
Image 4K : 5/5
Entretien avec un vampire a été principalement tourné en Super 35, à l’aide de caméras Panavision Panaflex Platinum. Le master présenté ici repose sur une nouvelle restauration 4K issue d’un scan des négatifs d’origine, validée par le réalisateur Neil Jordan et le directeur de la photographie Philippe Rousselot. Respectant le format 1,85:1, ce Blu-ray 4K est donc issu d’un master 4K et propose une compression HEVC/H.265, un espace colorimétrique BT.2020, WCG, ainsi que des présentations HDR10 et Dolby Vision.
Cette restauration entend restituer plus fidèlement la photographie très sombre de Philippe Rousselot, sans chercher à modifier l’identité visuelle du film. Celui-ci ayant été presque entièrement tourné de nuit, le grain argentique est logiquement assez présent, davantage que sur de nombreuses productions de la même époque. Il reste toutefois bien géré, naturel et sans augmentation significative. Les défauts de la pellicule ont été soigneusement nettoyés, tandis qu’aucun problème de stabilité n’a été relevé. Le gain de définition est immédiatement perceptible : l’image gagne largement en netteté et en lisibilité face au Blu-ray de 2008.
Les détails des visages, en particulier le maquillage des vampires, sont parfaitement restitués. Les veines apparentes, les différentes blessures et brûlures, ainsi que les visages plus creusés lorsque les vampires sont affamés, profitent pleinement de ce nouveau master. Les textures des costumes et des décors, qu’il s’agisse des intérieurs ou des extérieurs, sont superbes. De ce côté, il s’agit d’une véritable redécouverte. Les effets spéciaux passent également bien, même si un ou deux plans trahissent leur âge, notamment lors de l’incendie de la tanière des vampires à Paris. La profondeur de champ est excellente et l’image ne souffre d’aucun défaut particulier.
L’étalonnage HDR constitue une mise à jour respectueuse de la superbe direction de la photographie d’origine, sans dénaturation ni dominante excessive. Les scènes se déroulant dans le passé reposent essentiellement sur une lumière douce, souvent éclairée à la bougie, tandis que les séquences de l’interview, situées dans les années 1990, profitent d’une luminosité plus franche. Les couleurs sont riches et douces, sans saturation excessive, ce qui renforce l’atmosphère romantique du film.
C’est toutefois au niveau des contrastes, ici d’une maîtrise exemplaire, que le long-métrage gagne le plus. Les zones d’ombre sont mieux détaillées et l’image, de façon générale, gagne sensiblement en lisibilité. Les noirs affichent une très belle profondeur sans être bouchés. Les quelques hautes lumières, notamment lorsque Claudia est brûlée, sont également bien gérées. Les blancs sont respectés, tandis que les teintes de peau restent naturelles pour les humains et, évidemment, très pâles pour les vampires.
Aucun problème de compression n’a été détecté. Warner propose donc une magnifique restauration, qui fait pleinement honneur à la force visuelle du film.
Son : 3,5/5
Warner Bros France (Mars Attacks!, Le Réveil de la Momie) propose une nouvelle piste anglaise en Dolby Atmos, avec un cœur Dolby TrueHD 7.1. Il nous semble toutefois que cette piste constitue davantage une extension du mixage 5.1 qu’un remixage intégral. Elle se révèle néanmoins puissante, bien répartie et précise. Certaines séquences se démarquent particulièrement, comme lorsque Louis met le feu à sa maison ou lors de l’attaque de la tanière des vampires du Théâtre des Vampires.
Dans ces passages, tous les canaux sont sollicités, y compris les canaux Atmos, notamment pour les effets liés aux flammes. Le reste du mixage mise davantage sur les ambiances urbaines, météorologiques — notamment la pluie — ou les discussions en arrière-plan. La superbe musique d’Elliot Goldenthal profite également d’une belle mise en valeur. Le canal LFE est rarement sollicité, mais toujours avec intelligence. Enfin, les dialogues restent clairs et parfaitement intelligibles. Une nouvelle piste efficace qui ne fait pas redécouvrir le film sur le plan sonore, mais qui demeure supérieure aux précédentes propositions.
La seconde piste anglaise est proposée en DTS-HD Master Audio 5.1, ce qui reste préférable au Dolby Digital 5.1 du précédent Blu-ray. Elle profite d’un mixage efficace sur les cinq canaux, notamment durant les scènes d’action et les séquences avec le feu. Les effets d’ambiance sont également bien répartis, la musique est mise en valeur et le caisson de basses, peu sollicité, intervient avec pertinence. Les dialogues demeurent parfaitement clairs. Cette piste, respectueuse du mixage d’origine, remplira pleinement son rôle auprès des puristes.
La piste française est proposée en Dolby Digital 5.1. Il s’agit de la même piste que sur les précédentes éditions. Limitée par sa compression, elle reste néanmoins bien répartie, avec des effets et une musique correctement mixés. Le niveau sonore du doublage français est satisfaisant. On regrettera toutefois l’absence d’une restauration ou d’un remixage pour la version française.
Bonus : 3,5/5
Nouveaux bonus :
- Nuit Eternelle et lumière mortelle (8′)
- Entretien avec un vampire : la création de l’univers (11′)
Anciens bonus :
- Introduction par Anne Rice, Neil Jordan et Antonio Banderas (1′)
- Dans l’ombre du vampire (30′)
- Lestat, Louis et le phénomène vampire (24′)
- Scènes coupées (8′)
- Commentaire par le réalisateur Neil Jordan
Côté nouveaux bonus, nous commençons par Nuit éternelle et lumière mortelle, dans lequel Neil Jordan et le monteur Mick Audsley reviennent sur le style visuel du film, le tournage de nuit, les inspirations, le maquillage et l’apparence des vampires, la photographie, la scène de la mort de Claudia ainsi que les thèmes abordés. Une rétrospective courte mais intéressante qui permet de mieux comprendre les intentions artistiques du réalisateur.
Dans Entretien avec un vampire : la création de l’univers, Neil Jordan et le chef décorateur Dante Ferretti s’intéressent davantage à la création des décors, aux différentes époques traversées par le récit, aux lieux et aux costumes. Les nombreux croquis de préparation présentés à l’écran constituent l’un des points forts du module. Un très bon complément au précédent bonus.
Les suppléments déjà connus restent également intéressants. Le commentaire audio de Neil Jordan demeure particulièrement instructif sur l’adaptation du roman, le casting et les conditions de tournage. Dans l’ombre du vampire propose un retour complet sur la production, tandis que Lestat, Louis et le phénomène vampire replace le film dans l’univers d’Anne Rice et dans l’histoire récente du mythe vampirique. Enfin, les scènes coupées, inédites en vidéo jusqu’à présent, présentent un intérêt certain malgré leur état de conservation plus brut.
Conditions du test
- TV 4K UHD OLED Samsung S90F
- Lecteur Blu-ray Samsung 4K UHD UBD-M8500
- Ampli Yamaha 4K UHD YHT-1840
Synopsis
San Francisco dans les années 90. Un jeune journaliste, Malloy, s’entretient dans une chambre avec un homme élégant, à l’allure aristocratique et au visage blafard, Louis, qui lui fait de bien étranges confidences. Malloy, subjugué par la séduction de son interlocuteur lui demande, à l’aube, de le faire pénétrer dans son monde, celui des vampires.
Le Film
Sorti en 1994, Entretien avec un vampire adapte le roman d’Anne Rice sous la direction de Neil Jordan. À travers le récit de Louis, vampire lassé par deux siècles d’existence, le film aborde la solitude, le deuil, la culpabilité et le poids de l’immortalité. Après la mort de sa famille, Louis accepte de devenir le compagnon de Lestat, un vampire séduisant, cruel et profondément égoïste. Leur relation, bientôt bouleversée par l’arrivée de Claudia, prend la forme d’une cellule familiale aussi fascinante que destructrice. Brad Pitt compose un Louis mélancolique et tourmenté, personnage constamment partagé entre sa nature de prédateur et le souvenir de son humanité. Face à lui, Tom Cruise joue Lestat avec une énergie théâtrale qui peut parfois diviser, mais qui convient finalement assez bien à ce vampire flamboyant, cruel et incapable d’accepter l’abandon. Kirsten Dunst marque durablement les esprits dans le rôle de Claudia, enfant condamnée à ne jamais grandir, dont la colère et la tristesse constituent l’un des aspects les plus forts du film. Antonio Banderas, plus discret, apporte également une présence troublante dans la dernière partie du récit.
La mise en scène de Neil Jordan, soutenue par la photographie de Philippe Rousselot, privilégie l’atmosphère gothique et le faste des décors à l’horreur frontale. Les éclairages à la bougie, les rues de La Nouvelle-Orléans, les intérieurs luxueux et le Théâtre des Vampires participent à créer un univers sombre, romantique et décadent. La partition d’Elliot Goldenthal renforce encore cette impression, en accompagnant le récit d’une musique ample et souvent mélancolique. Si le scénario manque parfois de rythme, notamment dans sa dernière partie, et ne retrouve pas toujours toutes les nuances du roman, le film conserve toutefois une vraie force visuelle et émotionnelle. Longtemps discuté pour certains choix d’adaptation et de casting, le long-métrage est devenu culte avec le temps grâce à son esthétique singulière, son casting emblématique et son traitement mélancolique du mythe vampirique. Une œuvre imparfaite mais ambitieuse et attachante, qui reste l’un des films de vampires les plus marquants des années 1990.
