article coup de coeur

[Critique] A Knight of the Seven Kingdoms : la surprise de Westeros

Caractéristiques

  • Titre : A Knight of the Seven Kingdoms
  • Créé par : Ira Parker et George R.R. Martin
  • Show runner(s) : Ira Parker et George R.R. Martin
  • Avec : Peter Claffey, Dexter Sol Ansel, Finn Bennet, Bertie Carvel, Tanzyn Crawford, Daniel Ings, Sam Spruell...
  • Saison : 1
  • Année(s) de diffusion : 2026
  • Chaîne originale : HBO
  • Diffusion françaisee : HBO Max
  • Note : 9/10

Nouvelle série spin-off de Game of Thrones, A Knight of the Seven Kingdoms se déroule un siècle avant les événements de la série principale et 72 ans après House of the Dragon. C’est l’histoire de deux héros improbables qui parcourent Westeros… Un jeune chevalier naïf mais courageux, Ser Duncan le Grand, et son écuyer, Egg/Œuf. Nous sommes à une époque où la lignée Targaryen règne encore sur le Trône de Fer, et où le souvenir du dernier dragon n’a pas disparu de la mémoire des vivants. De grandes destinées, des ennemis puissants et des exploits périlleux attendent ces amis aussi improbables qu’incomparables.

Quand la petite histoire rejoint la grande

Encore une série dans l’univers de Game of Thrones, allez-vous dire. Oui… mais pas n’importe laquelle. A Knight of the Seven Kingdoms fait le choix salutaire de s’éloigner des grandes figures royales, des intrigues de palais et des luttes de pouvoir à grande échelle.  L’histoire débute avec Dunk, ou Duncan, un jeune homme qui a passé toute sa jeunesse comme écuyer du chevalier Arlan de l’Arbre-sous, récemment décédé. Désormais seul, Duncan décide de se proclamer chevalier à son tour, prenant le nom de Duncan le Grand, en référence à sa stature imposante, et part sur les routes afin de prouver sa valeur lors d’un tournoi.

En chemin, il s’arrête dans une auberge où il fait la rencontre d’Egg (Œuf en VF), un jeune garçon vif et débrouillard qui va rapidement s’imposer comme son futur écuyer. Ensemble, ils se rendent au tournoi… Mais les événements ne vont pas se dérouler comme prévu. Ce qui devait être une simple épreuve de chevalerie va peu à peu faire basculer Dunk et Egg dans une histoire bien plus vaste, où la petite histoire rejoint la grande. C’est la naissance d’un duo inattendu, appelé à marquer durablement l’histoire de Westeros.

image peter claffey a knight of the seven kingdoms
Copyright HBO Max

La naissance d’un chevalier (pas comme les autres)

La série se compose de six épisodes. Les trois premiers se concentrent sur Duncan (un Peter Claffey absolument magistral, capable de naviguer entre naïveté, maladresse, noblesse morale et émotion brute), sa rencontre avec Egg (le jeune Dexter Sol Ansell, véritable révélation malgré son âge), et son désir de participer au tournoi. Mais pour cela, il doit trouver quelqu’un prêt à se porter garant pour lui… une tâche loin d’être simple. Cette première partie est particulièrement réjouissante. Dès la scène d’ouverture, la série pose clairement ses bases : Duncan n’est pas un héros charismatique et sûr de lui, mais un homme rustique, sincère, un peu gauche, souvent dépassé par un monde qu’il comprend mal.

L’utilisation du célèbre générique de Game of Thrones est d’ailleurs détournée avec une idée aussi drôle qu’intelligente, provoquant un vrai fou rire tant elle joue avec les attentes des fans. Ici, le générique se mérite. L’humour n’est pas là pour désamorcer artificiellement les enjeux, mais pour souligner à quel point Duncan est à contretemps dans cet univers codifié, brutal et impitoyable. Il découvre les règles de ce monde en même temps que nous.

image daniel ings a knight of the seven kingdoms
Copyright HBO Max

Figures clés et destin inattendu

C’est ainsi que nous faisons la connaissance de plusieurs figures clés : Baelor Targaryen, Main du Roi et héritier du Trône de Fer (un Bertie Carvel d’une grande sobriété), Aerion Targaryen (un Finn Bennett délicieusement détestable, tête à claques assumée), le prince Maekar Targaryen (un Sam Spruell impressionnant, capable de multiples registres en quelques scènes), et surtout Lyonel Baratheon, incarné par un Daniel Ings excessif, flamboyant… et parfaitement à sa place. Malgré son aspect introductif, cette première moitié ne donne jamais l’impression de poser laborieusement des jalons, grâce à un humour efficace et un rythme remarquablement maîtrisé.

Cette partie se conclut sur un cliffhanger que certains verront venir de loin, mais qui fonctionne pleinement ici en raison de la naïveté et de l’honnêteté désarmante de Duncan. La seconde moitié de la série adopte alors un ton plus sérieux, sans pour autant abandonner complètement l’humour. Les combats prennent davantage de place, la violence et le gore – marqueurs indissociables de la saga – font leur retour, et Duncan se retrouve malgré lui au cœur d’événements qui dépassent largement sa condition. Le “petit” chevalier va influencer la grande Histoire, non par ambition ou stratégie, mais par ses valeurs, son sens de l’honneur et sa droiture morale. Il prouve sa valeur autant par l’épée que par ce qu’il incarne.

image ansell sol dexter a knight of the seven kingdoms
Copyright HBO Max

Technique, rythme et musique : un spin-off à la hauteur

Sur le plan technique, la série est réalisée par Owen Harris pour les trois premiers épisodes et Sarah Adina Smith pour les trois suivants. Les productions Game of Thrones ont toujours été synonymes de haute qualité, et A Knight of the Seven Kingdoms ne fait pas exception. Décors, costumes, photographie, effets spéciaux : tout est soigné. Certes, il n’y a pas ici de batailles titanesques comme dans la série mère ou House of the Dragon, mais les scènes d’action sont parfaitement dosées, dont un affrontement mémorable impliquant quatorze chevaliers, à la mise en scène claire et percutante.

Autre nouveauté notable : la durée des épisodes, oscillant entre 30 et 40 minutes. Un format étonnamment court pour une série estampillée Game of Thrones, mais qui s’avère être un choix extrêmement judicieux. Le rythme est constant, sans temps mort, et l’on ne s’ennuie jamais. Chaque épisode va droit à l’essentiel, avec une maîtrise remarquable de la narration. Enfin, la musique de Dan Romer, succédant à Ramin Djawadi, s’inscrit dans l’ADN musical de la saga tout en parvenant à s’en émanciper par moments. Le thème principal est réussi, et l’utilisation ponctuelle du célèbre thème de Game of Thrones est toujours faite avec intelligence, au moment parfait, renforçant l’impact émotionnel.

A Knight of the Seven Kingdoms est donc une splendide surprise, une série à taille humaine qui parvient à renouveler l’univers de Game of Thrones en revenant à des valeurs simples : l’honneur, l’amitié, la transmission et le courage. Elle est portée par un duo central immédiatement attachant, un humour finement dosé et une écriture d’une grande justesse. Plus modeste dans ses ambitions, mais irréprochable  dans son exécution, A Knight of the Seven Kingdoms s’impose comme l’un des plus beaux ajouts à l’univers de Westeros.

Article écrit par

Adore le cinéma en général, que ce soit les gros blockbusters ou les plus petits films, les séries TV et les jeux vidéo. Il réalise de nombreux tests de blu-ray et films en UHD 4K et couvre l'actualité cinématographique en salles.

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