Caractéristiques
- Titre : Dolly
- Réalisateur(s) : Rod Blackhurst
- Scénariste(s) : Rod Blackhurst & Brandon Weavil
- Avec : Fabienne Therese, Russ Tiller & Michalina Scorzelli
- Distributeur : ESC Films
- Genre : Horreur
- Pays : Etats-Unis
- Durée : 1h23
- Date de sortie : 1er avril 2026
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- Note du critique : 5/10 par 1 critique
Dolly s’inscrit dans la longue tradition du survival, un sous-genre qui peine souvent à se renouveler, et ce n’est pas franchement avec ce métrage que l’originalité va pointer le bout de son nez.
Une forme intéressante pour un fond creux
Un couple va faire du camping car c’est l’occasion rêvée selon l’homme (Sean William Scott, tentant une seconde vie après la saga American Pie) pour faire sa demande en mariage et offrir une nouvelle mère à sa chère petite fille. Il faut souvent une idée de départ un peu bête pour lancer ce genre d’ intrigue, donc passons.
Entre promesses d’angoisse viscérale et esthétique soignée, le film tente de séduire à la fois les amateurs de frissons et les spectateurs plus sensibles à l’atmosphère. Pourtant, derrière ses qualités formelles indéniables, il révèle rapidement des limites narratives qui empêchent l’ensemble de réellement marquer les esprits.
Une réalisation plutôt inspirée
D’un point de vue purement visuel, Dolly mérite une certaine reconnaissance. La photographie se révèle particulièrement travaillée, avec son grain sale, on pense souvent au style de Massacre à la tronçonneuse. Un parallèle plutôt flatteur avec en plus, 2026 oblige, la violence graphique beaucoup moins hors champ voire s’inscrivant dans une logique qui frôle parfois le grand-guignol assumé.
Et ça marche : l’ambiance poisseuse et angoissante s’en retrouve grandie, que ce soit dans cette forêt étouffante ou cette maison de poupée semblant tout droit sortie d’un conte de fée déformé. Le découpage par chapitre renforce l’aspect Lewis Carroll sous acide et les effets de focale s’ouvrant et se fermant pour les séparer rappellent ceux des anciens films d’horreur muets comme le Nosferatu de Murnau.
Tout concourt à créer une ambiance inquiétante et immersive. Sans être révolutionnaire, l’ensemble offre un terrain propice à la tension, avec des espaces tantôt oppressants, tantôt trompeusement ouverts, qui participent à une sensation constante de menace diffuse.
La musique, lancinante la plupart du temps, alimente ponctuellement par des bruits stridents les incontournables jump scare. Malheureusement, un budget manifestement étriqué impose certaines limites qui s’illustrent particulièrement dans une scène grotesque où l’on voit clairement un personnage apercevoir le tueur arriver sur lui et faire comme s’il ne l’avait pas vu. À moins que personne sur le tournage n’ai repéré cette incohérence (auquel cas les analyses sur la baisse du QI mondial viennent de se vérifier), on ne peut qu’en déduire que le budget et les délais ne permettaient pas qu’on tourne une nouvelle prise pour effacer l’erreur.
Ceci dit, si les incohérences se limitaient à cela, on pourrait éventuellement être encore indulgent. Hélas ce n’est pas le cas.
La copie d’une copie de la copie
Les acteurs livrent des performances honnêtes, parfois même convaincantes. On sent une implication réelle dans leur jeu, notamment dans les scènes de panique ou de confrontation
L’héroïne, Fabianne Thérèse est en liste pour le titre de la nouvelle « Scream Queen » tandis que l’interprète de la fameuse « Dolly », une catcheuse transsexuelle reconnue (aussi terrifiante en vrai que dans le rôle), s’avère crédible dans un rôle se confondant avec celui d’un mime, comme dans les métrages Terrifier.
Cependant, ce travail se heurte à un problème majeur : la caractérisation des personnages. Comme dans beaucoup de films d’horreur contemporains, les situations archétypales s’enchaînent sans nuance, au point de donner une impression de déjà-vu permanent et cette absence de profondeur finit par nuire à l’attachement du spectateur, rendant certaines situations et réactions des personnages presque involontairement risibles.
Mais le véritable point faible du film réside dans son scénario. Là où l’on pourrait attendre une variation, un retournement ou au moins une tension progressive bien construite, Dolly enchaîne des situations absurdes et des décisions incohérentes – comment, au 21ème siècle, peut on encore nous faire le coup du protagoniste qui abandonne son arme sans vérifier si son ennemi est bien mort ?
L’intrigue semble avancer par automatisme via un boogeyman increvable (rappelant maladroitement Jason Vorhees de Vendredi 13) sans aucune logique interne solide, et avec certaines révélations frôlant le ridicule. Ce manque de crédibilité narrative transforme peu à peu la peur en désengagement, voire en amusement involontaire. Le film donne ainsi l’impression de recycler mécaniquement des recettes usées sans jamais chercher à les transcender.
Un verre de sang à demi-vide
En définitive, Dolly est un film en demi-teinte dont la réussite visuelle par l’utilisation correcte du décor forestier et de la maison du massacre témoignent d’un certain savoir-faire, et les acteurs font de leur mieux pour porter l’ensemble.
Mais ces qualités ne suffisent pas à compenser un scénario franchement faible et des personnages trop stéréotypés pour susciter un réel intérêt. Dolly se regarde sans déplaisir pour son ambiance, mais s’oublie rapidement, faute d’avoir su dépasser les limites d’un survival trop convenu.






