Caractéristiques
- Titre : Devine qui vient diner
- Titre original : Guess Who's Coming to Dinner
- Réalisateur(s) : Stanley Kramer
- Avec : Spencer Tracy, Sidney Poitier, Katharine Hepburn, Katharine Houghton...
- Editeur : Sony Pictures France/ESCD
- Date de sortie Blu-Ray : 1er avril 2026
- Date de sortie originale en salles : 20 mars 1968 (France)
- Durée : 108 Minutes
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- Note : 8/10 par 1 critique
Image : 5/5
Devine qui vient dîner a été tourné en pellicule 35 mm (pas plus d’information disponible) et le Blu-ray, présenté dans son format respecté 1.85:1, se montre magnifique. Précisons que nous avons affaire ici à un master HD issu d’une restauration 4K datant de 2015. Et le travail de remasterisation, bien que remontant à une dizaine d’années, demeure toujours remarquable.
Les défauts liés à la pellicule (rayures, poussières, cheveux, etc.) ont été soigneusement nettoyés, tandis que la stabilité de l’image se montre exemplaire, sans scintillement notable. Le grain argentique est bien présent, parfois assez épais – ce qui reste parfaitement normal pour un long-métrage de 1967 – mais il conserve un rendu homogène et naturel, sans jamais paraître figé. On note toutefois, sur quelques plans, notamment certains gros plans de Katharine Hepburn, une présence du grain plus marquée, accompagnée d’une légère baisse de définition.
De manière générale, le piqué se montre solide, avec un bon niveau de détails sur les visages. Le maquillage des acteurs est clairement perceptible, notamment celui de Katharine Hepburn. Les textures des costumes et des décors se révèlent fines et bien restituées. Cette précision accrue met également davantage en évidence certains artifices d’époque, comme le fond peint visible sur la terrasse des Drayton, renforçant encore le caractère théâtral de l’ensemble. La profondeur de champ s’avère, elle aussi, satisfaisante.
La colorimétrie apparaît globalement juste, avec des teintes bien saturées sans excès, dominées par une palette chaleureuse. Les noirs se montrent convaincants, tout comme les contrastes, qui assurent une bonne lisibilité, y compris lors des séquences nocturnes sur la terrasse. Les blancs sont bien gérés, tandis que les teintes de peau restent naturelles, même si elles peuvent paraître légèrement pâles sur certains plans, en particulier chez Katharine Hepburn.
Enfin, aucun problème de compression n’a été relevé. L’encodage se montre solide du début à la fin. Nous avons donc droit à un très beau master pour ce film important. Le débit moyen image s’élève à 28,5 Mbps.
Son : 3/5
Sony Pictures France /ESCD (Raison et Sentiments, Sisu : le chemin de la vengeance) nous propose une piste anglaise en DTS-HD Master Audio 5.1. Celle-ci se montre propre, bien équilibrée et suffisamment ample, même si elle reste naturellement limitée par la nature du film. Il ne faut pas s’attendre ici à une spatialisation démonstrative ni à une dynamique particulièrement marquée. Les dialogues, au cœur du film, sont parfaitement mis en avant sur les canaux frontaux et bénéficient d’une excellente clarté.
Quelques effets d’ambiance viennent ponctuellement enrichir l’ensemble, notamment lors des scènes à l’aéroport ou dans les rues de San Francisco, mais cela reste discret. La musique composée par Frank De Vol profite en revanche d’une bonne répartition sur les différents canaux, avec une présence notable dès qu’elle intervient. Sans surprise, le caisson de basses reste inexploité. Une piste globalement efficace et cohérente avec les intentions d’origine. Le débit moyen s’établit à 3,5 Mbps, avec des pointes à 4,1 Mbps.
La piste française est proposée en Dolby Digital 2.0 mono. Une piste d’époque qui remplit correctement son rôle, avec un doublage français de bonne tenue, agréable et bien intégré au mixage, tandis que la musique et les rares effets ne souffrent pas d’étouffement particulier. Les chansons doublées en français sont également bien incorporées. Une piste forcément limitée, mais fidèle à son matériau d’origine. Le débit moyen/maximal est de 192 kbps.
Bonus : 4/5
Aucun nouveau supplément pour cette édition : l’ensemble des bonus est repris de l’édition 40e anniversaire sortie en 2007. On retrouve ainsi :
- Présentations (9′)
- une histoire d’amour d’aujourd’hui (30′)
- Une forme d’amour particulière (17′)
- Stanley Kramer : à la recherche de la vérité (17′)
- Stanley Kramer reçoit le prix Irving Thalberg (2′)
- Présentation à Al Gore du prix « Stanley Kramer » de la Producer Guild en 2007 (4′)
Un ensemble de suppléments solide et pertinent, qui permet de replacer le film dans son contexte historique et sociétal, tout en revenant sur la carrière de son réalisateur.
Conditions du test
- TV 4K UHD Sony Bravia KD49XF7077SAEP
- Lecteur Blu-ray Samsung 4K UHD UBD-M8500
- Ampli Yamaha 4K UHD YHT-1840
Synopsis
Joey Drayton, jeune fille de bonne famille, décide de présenter son fiancé à ses parents lors d’un dîner. Quelle n’est pas leur surprise quand ils constatent que le futur mari de leur fille est noir…
Le Film
Sorti en 1967, Devine qui vient dîner s’impose comme une œuvre aussi emblématique que profondément ancrée dans son époque. Réalisé par Stanley Kramer, le film aborde de front la question du mariage interracial dans une Amérique encore traversée par de fortes tensions sociales et identitaires, avec une volonté pédagogique assumée qui pourra sembler aujourd’hui un brin appuyée, mais qui n’enlève rien à sa portée.
Porté par un trio d’acteurs remarquable, le long-métrage doit beaucoup à la justesse de Spencer Tracy, dont la prestation toute en retenue et en humanité constitue l’un des grands atouts du film. Face à lui, Katharine Hepburn incarne avec finesse une épouse partagée entre ses convictions progressistes et le poids des conventions sociales, tandis que Sidney Poitier impose une présence charismatique, même si son personnage, presque trop parfait, peut apparaître idéalisé.
Si Stanley Kramer privilégie les dialogues aux effets de mise en scène, donnant parfois au film des allures de pièce de théâtre filmée, cette approche sert néanmoins un propos qui repose avant tout sur la confrontation des idées et des mentalités. Le rythme peut sembler inégal, notamment dans une dernière partie très bavarde, mais la force des échanges et la sincérité du regard porté sur ses personnages compensent largement ces quelques longueurs.
Œuvre importante dans l’histoire du cinéma américain, Devine qui vient dîner reste aujourd’hui un témoignage précieux sur l’évolution des mentalités, porté par des performances d’exception et une volonté sincère de faire bouger les lignes, même si son traitement peut paraître, avec le recul, parfois un peu trop démonstratif.
