Caractéristiques
- Titre : Michael
- Réalisateur(s) : Antoine Fuqua
- Avec : Jaafar Jackson, Nia Long, Laura Harrier, Miles Teller et Colman Domingo.
- Distributeur : Universal Pictures International France
- Genre : Biopic, Drame, Musical
- Pays : Etats-Unis
- Durée : 128 minutes
- Date de sortie : 22 avril 2026
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- Note du critique : 6/10 par 1 critique
Nouveau long-métrage réalisé par Antoine Fuqua (Training Day, Equalizer 3) Michael est un biopic consacré à Michael Jackson. Le film retrace son histoire au-delà de la musique : de la découverte d’un talent hors du commun en tant que leader des Jackson Five jusqu’à l’artiste visionnaire, dont l’ambition créative nourrit une quête incessante pour devenir le plus grand artiste au monde. Il met également en lumière sa vie hors scène ainsi que les performances les plus emblématiques de ses débuts en solo.
Une ascension fulgurante, mais survolée
Il y a des biopics qui choisissent de raconter toute une vie, d’autres préfèrent se concentrer sur une période précise. Michael appartient clairement à la seconde catégorie. Le récit s’étend ainsi de la formation des Jackson 5 jusqu’à l’émancipation de Michael vis-à-vis de son père, après le succès monumental de Thriller. Un choix logique, qui permet à la fois d’explorer l’emprise de Joseph Jackson sur sa famille et de suivre la montée en puissance du groupe, puis de la carrière solo du chanteur.
Le long-métrage débute en 1968, alors que l’on suit les débuts des Jackson 5. Des répétitions sous la férule autoritaire du père jusqu’à leur consécration, cette première partie, bien que relativement expédiée, pose efficacement les bases. Elle met en lumière l’influence écrasante de Joseph sur ses enfants, privés d’une véritable enfance. Du côté de Michael, le film insiste déjà sur son talent précoce, mais aussi sur son besoin d’évasion dans un imaginaire nourri de références à Peter Pan ou au Magicien d’Oz. L’ensemble est cohérent, mais cette introduction aurait mérité d’être davantage développée, tant le saut temporel qui suit — une dizaine d’années — paraît abrupt.

De l’émancipation contrariée à la consécration mondiale
La seconde partie s’attarde sur une période charnière : Michael est encore au sein des Jackson 5, mais aspire à s’émanciper pour lancer sa carrière solo, contre l’avis de son père. Cela aboutira à Off the Wall, premier grand succès personnel. Le film aborde également les débuts du vitiligo (la dépigmentation de sa peau), ses excentricités grandissantes (animaux exotiques, etc.) ainsi que les premières interventions de chirurgie esthétique, notamment motivées par les moqueries paternelles. Une section dense, qui navigue entre sphère intime et ascension médiatique, mais où l’artiste peine encore à se libérer pleinement.
La troisième et dernière partie marque enfin cette émancipation, avec la création de Thriller et son succès planétaire inégalé. Le film enchaîne alors les moments iconiques : Motown 25, la naissance du clip de Thriller, l’arrivée du manager John Branca (Miles Teller toujours excellent), ou encore l’accident lors d’une publicité Pepsi, événement clé dans la trajectoire du chanteur. C’est à partir de là que Michael s’affranchit véritablement, jusqu’à la fin de la tournée des Jackson 5.

Une approche efficace, mais frustrante
Sur le fond, le film se tient. Il traite efficacement la quête d’émancipation de Michael Jackson, tout en esquissant les contours de sa personnalité complexe. La célébrité grandissante, la création artistique et les moments cultes sont bien restitués. Néanmoins, on ne peut s’empêcher de ressentir un certain manque d’approfondissement. Des éléments majeurs sont à peine esquissés, comme la dépendance du chanteur aux médicaments après son accident, ou son évolution physique liée à la chirurgie esthétique. De même, la première partie souffre d’une conclusion trop abrupte. Une vingtaine de minutes supplémentaires n’aurait clairement pas été de trop pour mieux développer ces vingt années de vie.
Côté interprétation, en revanche, la réussite est indéniable. Jaafar Jackson, neveu du chanteur, impressionne par sa capacité à incarner son oncle, que ce soit dans les mimiques, la gestuelle ou les performances scéniques. Tout y est. Le jeune Juliano Krue Valdi, dans le rôle de Michael enfant, dégage, lui aussi, une énergie remarquable et une justesse appréciable. Le reste du casting est à l’avenant, avec notamment Colman Domingo, très solide en patriarche autoritaire, Nia Long en mère protectrice, et KeiLyn Durrel Jones en garde du corps devenu confident.

L’efficacité technique au service d’un film trop lisse
Techniquement, difficile de prendre le film en défaut. Antoine Fuqua confirme son savoir-faire, faisant s’alterner avec efficacité moments intimistes et séquences spectaculaires. La direction d’acteurs est maîtrisée, et l’ensemble reste constamment propre, sans débordement. Les séquences de concerts constituent évidemment les temps forts du film, offrant un spectacle d’une qualité visuelle et sonore remarquable, avec un travail immersif particulièrement soigné.
La direction artistique se montre également très convaincante. Costumes et décors recréent avec précision les années 60, 70 et 80, tandis que les tenues emblématiques de Michael Jackson sont reproduites avec un grand souci du détail. Les effets spéciaux, discrets mais efficaces, accompagnent bien la reconstitution des performances scéniques. Enfin, le rythme global se révèle solide : on ne s’ennuie jamais durant les deux heures du film, même si l’on regrette justement qu’il ne prenne pas davantage son temps.
Michael est un biopic solide et efficace, porté par l’interprétation bluffante de son acteur principal et une reconstitution particulièrement soignée. S’il parvient à capter l’essence de l’artiste et de son ascension, il laisse néanmoins une impression persistante de retenue. Malgré ses nombreuses qualités, le film apparaît en effet trop lisse, aussi bien dans sa manière d’aborder la personnalité complexe de Michael Jackson que dans la mise en scène d’Antoine Fuqua, toujours appliquée mais rarement audacieuse. À vouloir trop maîtriser son sujet, le long-métrage finit par en atténuer les aspérités, là où un regard plus frontal ou plus nuancé aurait sans doute apporté davantage de profondeur. Une œuvre plaisante, mais qui reste en surface et donne le sentiment d’un potentiel partiellement exploité.
