Caractéristiques
- Titre : Piranha 2 : Les Tueurs Volants
- Titre original : Piranha II - The Spawning
- Réalisateur(s) : James Cameron
- Avec : Tricia O'Neil, Steve Marachuk, Lance Henriksen, Ricky Paull Goldin...
- Editeur : ESC Éditions
- Date de sortie Blu-Ray : 20 mai 2026
- Date de sortie originale en salles : 5 janvier 1983
- Durée : 94 minutes
- Acheter : Cliquez ici
- Note : 6/10 par 1 critique
Image : 4/5
Piranha 2 : Les Tueurs Volants a été tourné en pellicule 35 mm (pas plus d’informations disponibles) et le Blu-ray, proposé dans un format légèrement recadré en 1.78:1 au lieu du 1.85:1 d’origine, s’avère globalement très convaincant. Le film a bénéficié d’une restauration reposant sur un nouveau scan 2K des négatifs. Le résultat se montre franchement solide pour ce type de série B du début des années 80. La restauration a permis de nettoyer la quasi-totalité des défauts de pellicule. Il subsiste encore quelques points blancs épars, mais rien de réellement gênant. Aucun problème de stabilité n’a été relevé.
Le grain argentique demeure relativement fin pour une production de cette époque. Cela laisse supposer une utilisation parfois un peu appuyée du DNR, même si le rendu évite heureusement l’effet « poupée de cire ». Certains plans conservent d’ailleurs un grain légèrement plus marqué. La profondeur de champ gagne en précision, notamment durant les séquences sous-marines qui affichent une belle lisibilité. Le piqué se montre même assez surprenant pour un long-métrage à petit budget de cette période. Les détails sur les visages restent corrects, tandis que les textures des costumes et des décors profitent d’un rendu très satisfaisant. Là encore, les scènes sous-marines offrent quelques très beaux moments visuels. Les maquillages horrifiques tiennent encore bien la route malgré les années, contrairement aux marionnettes des piranhas qui accusent davantage le poids du temps.
Les couleurs apparaissent respectées et bien saturées. Les scènes aquatiques affichent logiquement une dominante bleutée, tandis que les séquences terrestres proposent des teintes estivales assez naturelles. Les rouges du sang ressortent correctement dans la majorité des scènes, même si certaines attaques nocturnes manquent un peu d’intensité. Les contrastes se montrent globalement précis, avec des scènes sombres qui restent lisibles malgré quelques plans plus limites. Les noirs demeurent propres, relativement profonds et jamais bouchés. Les blancs sont bien gérés et les teintes de peau respectées.
Aucun problème de compression notable n’a été observé. Malgré quelques imperfections, il s’agit donc d’une restauration sérieuse qui permet de redécouvrir le film dans de très bonnes conditions. Le débit moyen image s’élève à 30,8 Mbps.
Son : 3/5
ESC Editions (Timecop, Massacre au camp d’été) nous propose les pistes française et anglaise en DTS-HD Master Audio 2.0. Les deux mixages se montrent assez proches dans leur rendu général. La spatialisation frontale fonctionne correctement, avec des effets et une musique bien répartis sur les deux canaux. Du côté de la VO, les dialogues restent clairs et parfaitement intelligibles. La VF affiche quant à elle un volume de doublage légèrement plus élevé, sans pour autant écraser le reste du mixage. L’ensemble demeure donc cohérent et fidèle aux limitations techniques de l’époque. Ces deux pistes remplissent ainsi leur rôle de manière satisfaisante. Le débit moyen de la VO atteint 1,7 Mbps avec des pointes à 1,8 Mbps, tandis que la VF affiche un débit moyen de 2 Mbps avec des montées à 2,1 Mbps.
Bonus : 3/5
Le coffret inclut une affiche du film.
- un livret de 32 pages
- La version alternative « US EMBASSY LASERDISC » (84′)
- « De Corman à Avatar, retour sur la carrière de James Cameron » (31′)
- Quelques images filmées du tournage (1′)
La version alternative « US Embassy Laserdisc » correspond au montage diffusé en VHS et Laserdisc aux États-Unis dès 1983. Plus courte et différente de la version cinéma, elle serait attribuée à James Cameron. Elle propose notamment une introduction différente, des dialogues modifiés, plusieurs scènes alternatives ainsi qu’une bande-son distincte. Cette version est proposée pour la première fois en France, en VOST, avec une qualité directement issue d’une source VHS.
« De Corman à Avatar, retour sur la carrière de James Cameron » prend la forme d’un entretien avec Antoine Desrues, journaliste pour Écran Large et So Film. Il revient sur les débuts du réalisateur chez Roger Corman, la genèse du premier Piranha, les droits de cette suite, l’arrivée compliquée de Cameron sur le projet ainsi que les nombreux problèmes de production rencontrés. L’entretien évoque également la suite de la carrière du cinéaste. Un supplément intéressant pour mieux comprendre la naissance chaotique du film.
Nous retrouvons également moins d’une minute d’images filmées sur le tournage, essentiellement anecdotiques.
Enfin, le livret de 32 pages, rédigé par Marc Toullec, revient de manière détaillée sur la production particulièrement mouvementée du film et constitue un complément de lecture très appréciable.
Conditions du test
- TV 4K UHD Sony KD-49XF7077
- Lecteur Blu-ray Samsung 4K UHD UBD-M8500
- Ampli Yamaha 4K UHD YHT-1840
Synopsis
Lors d’une plongée, un élève de la monitrice Anne Kimbrough meurt, devoré par un piranha. Quelques heures plus tard, une femme de service est tuée par un piranha volant sortant du ventre du cadavre. Anne décide alors de mener l’enquête.
Le Film
Difficile d’évoquer Piranha 2 : Les Tueurs Volants sans penser immédiatement à la trajectoire incroyable qu’empruntera ensuite James Cameron. Car derrière cette série B chaotique, largement reniée par son auteur lui-même, se dessinent déjà plusieurs obsessions qui irrigueront toute sa filmographie : la menace surgissant des profondeurs, la survie en milieu hostile et une fascination évidente pour les créatures prédatrices.
Sur le papier, le film tient pourtant du pur nanar opportuniste, capitalisant maladroitement sur le succès du premier Piranha. Le scénario accumule les situations improbables et les dialogues parfois involontairement comiques, tandis que les effets spéciaux artisanaux accusent régulièrement leurs limites. Mais malgré ses nombreuses maladresses, le long-métrage possède aussi une énergie sincère qui l’empêche de sombrer totalement dans l’ennui.
La mise en scène laisse entrevoir, par moments, le sens du découpage et de la tension que Cameron développera ensuite avec beaucoup plus de maîtrise. Certaines séquences sous-marines fonctionnent étonnamment bien et quelques attaques bénéficient d’une atmosphère anxiogène plutôt efficace, compte tenu du budget réduit. Le cinéaste tente également d’insuffler un rythme nerveux à l’ensemble, même si le montage demeure inégal et que la production semble souvent lui échapper.
Reste alors un objet profondément bancal mais curieux, oscillant sans cesse entre le film d’exploitation fauché et l’ébauche maladroite d’un futur grand réalisateur. Piranha 2 : Les Tueurs Volants n’est clairement pas une réussite au sens strict, mais il conserve aujourd’hui une vraie valeur de curiosité historique. Derrière les poissons volants en caoutchouc et le kitsch omniprésent, on aperçoit déjà les premiers battements d’ailes d’un cinéaste qui s’apprête à révolutionner le cinéma de science-fiction quelques années plus tard.

