Caractéristiques
- Titre : Pour une poignée de Dollars
- Titre original : Per un pugno di dollari
- Réalisateur(s) : Sergio Leone
- Avec : Clint Eastwood, Marianne Koch, Gian Maria Volonté, Antonio Prieto, Sieghardt Rupp...
- Editeur : ESC Éditions
- Date de sortie Blu-Ray : 9 septembre 2026
- Date de sortie originale en salles : 1er mars 1966
- Durée : 99 minutes
- Acheter : Cliquez ici
- Note : 9/10 par 1 critique
Image 4K : 4,5/5
Pour une poignée de Dollars a été tourné en pellicule 35 mm (Arriflex II C). Le master 4K de 2022, issu d’un scan du négatif original Techniscope à deux perforations réalisé par le laboratoire L’Immagine Ritrovata, a ensuite bénéficié d’une restauration complémentaire et d’un étalonnage en SDR, HDR10 et Dolby Vision par Silver Salt Restoration, à Londres. Puis enfin exploité à partir d’un master 4K Arrow Films. Le Blu-ray 4K UHD d’ESC Éditions, proposé dans le format respecté 2.35:1, bénéficie ainsi d’une présentation en 2160p, encodée en HEVC/H.265, avec un espace colorimétrique BT.2020, une large gamme de couleurs (WCG) et une compatibilité Dolby Vision et HDR10.
Le grain argentique reste bien présent, avec une texture globalement fine, homogène et naturelle pour un film qui fête ses 60 ans. Il se révèle toutefois parfois plus marqué dans certaines scènes extérieures très lumineuses et dans quelques passages particulièrement sombres. Les défauts de pellicule ont été largement nettoyés et la stabilité de l’image est exemplaire. Aucun problème notable n’est à signaler de ce côté.
Très clairement, le gain de définition par rapport à l’édition Blu-ray de 2010, qui proposait déjà une très belle image, est perceptible. Le bond en avant n’est pas spectaculaire, mais les visages profitent d’un niveau de détails supérieur, notamment dans les gros plans. Les barbes, les textures de peau et les maquillages des blessures, en particulier lorsque Clint Eastwood est torturé, gagnent en précision. Les costumes et les décors bénéficient également d’une reproduction convaincante de leurs textures. La photographie conserve néanmoins les limites propres au négatif et aux conditions de tournage de l’époque, avec un piqué parfois moins convaincant sur certains plans. La profondeur de champ progresse légèrement, sans pour autant transformer radicalement la perception de l’image.
Concernant l’étalonnage, cette édition propose une présentation qui cherche à respecter l’identité visuelle du film. Là encore, il ne faut pas s’attendre à des miracles : les limites du matériau d’origine restent perceptibles. Les couleurs, dominées par des tonalités chaudes, affichent une saturation convaincante, sans excès notable. Le rouge du sang ressort toutefois un peu davantage. Les scènes nocturnes ou faiblement éclairées gagnent légèrement en lisibilité, avec de meilleurs détails dans les zones d’ombres, tandis que les contrastes sont mieux maîtrisés. Les noirs sont suffisamment profonds et non bouchés. Les hautes lumières sont également mieux contenues que sur les précédentes éditions HD. Enfin, les teintes de peau et les blancs bénéficient d’une reproduction globalement naturelle.
Aucun artefact de compression notable n’a été détecté. S’il ne s’agit pas de la restauration la plus spectaculaire que nous ayons découverte, notamment en raison des limites du matériau d’origine, cette arrivée en 4K UHD du premier volet de la Trilogie du Dollar est néanmoins convaincante. Sans constituer une redécouverte visuelle du film, cette édition offre une présentation soignée et représente une excellente façon de le revoir dans les meilleures conditions possibles.
Son : 4/5
ESC Éditions (Dolly, House 1 & 2) propose ici les premières pistes anglaise et française en DTS-HD Master Audio 5.1. Si la version anglaise était déjà disponible dans ce format sur le précédent Blu-ray, c’est une nouveauté pour la piste française. Les deux pistes se révèlent suffisamment puissantes, solides et précises dans la répartition des différents éléments sonores. Le rendu reste toutefois assez frontal, ce qui est parfaitement logique pour une production des années 1960. Les enceintes surround sont principalement sollicitées pour quelques effets d’ambiance, les tirs et les explosions, mais surtout pour la musique d’Ennio Morricone, largement mise en valeur par ce mixage. Le canal LFE est peu sollicité, mais ses interventions restent pertinentes.
Les dialogues de la version anglaise sont clairs et parfaitement intelligibles. Sur la version française, le niveau du doublage est un peu élevé et empiète légèrement sur les autres éléments du mixage. Ce déséquilibre relatif est particulièrement perceptible dans certaines séquences, même s’il faut tenir compte des caractéristiques du doublage d’époque. Dans l’ensemble, ces deux pistes multicanales restent satisfaisantes et adaptées au film.
Une seconde piste anglaise et une seconde piste française sont également proposées en DTS-HD Master Audio mono, correspondant aux mixages d’origine. Les puristes pourront ainsi retrouver une restitution plus proche de l’expérience sonore historique du long-métrage. Ces pistes se montrent suffisamment puissantes et assurent une bonne cohérence entre les dialogues, les effets et la musique. On relève néanmoins une légère distorsion lorsque cette dernière atteint ses moments les plus intenses. Le niveau des dialogues reste satisfaisant en version anglaise, tandis que le doublage français apparaît, là encore, un peu trop présent et empiète légèrement sur les autres éléments sonores.
Bonus : 4,5/5
Nouveaux Bonus :
- « Pour une poignée de Westerns – épisode 1 » (55′)
- Analyse de séquence par Frédéric Mercier (16′)
- « Quand tout a commencé » (13′)
- « Quatre doigts, quatre notes » (15′)
- « Le vent et le feu » (16′)
- « Une nuit au cinéma » (12′)
- « Pour une poignée de rushs » (36′)
- « La mélodie du dollar selon Ennio » : Étude de l’historien de la musique Lovely Jones (22′)
Nous commençons avec « Pour une poignée de Westerns – épisode 1 », une discussion réunissant Jean-François Rauger, directeur de la programmation à la Cinémathèque française, Frédéric Mercier et Raphaëlle Pireyre, tous deux critiques de cinéma. Ensemble, ils reviennent sur la carrière de Sergio Leone avant ce premier western, son désir de s’approprier le genre et le fait que la trilogie du Dollar n’était pas initialement programmée comme telle. Ils abordent également l’inscription du film dans son époque, l’incarnation du personnage par Clint Eastwood, le remake officieux de Yojimbo d’Akira Kurosawa, la réalisation, le costume du héros, la relation entre Leone et Ennio Morricone, les longs silences, le travail du son, l’iconographie chrétienne, le climax, la violence et la réception critique. La discussion se termine notamment sur l’état du cinéma italien à cette époque. Un supplément riche et passionnant.
Le deuxième nouveau bonus est une analyse de séquences par Frédéric Mercier. Le critique s’intéresse à l’arrivée du héros au village et au duel final, en étudiant aussi bien la narration que la mise en scène. Une analyse pointue, qui permet de mieux apprécier la construction de ces deux moments importants du film. « Quand tout a commencé » donne la parole à l’historien Fabio Melelli, qui revient sur les origines du long-métrage et, surtout, sur son impact sur le western. Il évoque les différences avec le western américain, la musique de Morricone, la dilatation du temps, le choix de Clint Eastwood, les limites du budget et le succès rencontré par le film, ainsi que ses répercussions sur le genre. Un bon supplément, qui replace efficacement ce premier volet dans son contexte historique et cinématographique.
Dans « Quatre doigts, quatre notes », le guitariste et compositeur Bruno Battisti D’Amario raconte ses débuts, sa rencontre avec Ennio Morricone et les expérimentations musicales qui ont accompagné la composition de la bande originale. Une interview particulièrement passionnante, qui permet de mieux comprendre le travail du musicien et la singularité de la partition. « Le vent et le feu » donne la parole à Alessandro De Rosa, compositeur et biographe d’Ennio Morricone. Il se concentre sur la relation entre Sergio Leone et le compositeur, depuis leur rencontre jusqu’à l’élaboration de la musique du film. Il évoque également la collaboration avec Bruno Battisti D’Amario et livre plusieurs anecdotes intéressantes. Un complément particulièrement appréciable pour les amateurs de la bande originale.
« Une nuit au cinéma » propose une discussion avec le chef opérateur Paolo Bianchini. Celui-ci revient sur sa relation avec Sergio Leone, sur la genèse de Pour une poignée de dollars et sur les débuts du western spaghetti. Il évoque également le procès pour plagiat intenté par Akira Kurosawa, tout en partageant des souvenirs personnels de cette époque. Un témoignage précieux d’un homme qui a vécu cette période de l’intérieur. « Pour une poignée de rushs » rassemble des images inédites du tournage, comprenant des prises de scènes utilisées dans le film, mais aussi des séquences non retenues au montage. Un document rare, d’autant plus intéressant qu’il est présenté dans une très belle qualité d’image.
Enfin, « La mélodie du dollar selon Ennio » est une étude de l’historien de la musique Lovely Jones. Celui-ci revient sur la rencontre entre Leone et Morricone, leur relation de travail, leurs désaccords, l’évolution de la musique au fil de leurs collaborations et le rôle de certains musiciens. Il propose également une analyse musicale de plusieurs scènes du film. Un supplément instructif qui complète idéalement les autres entretiens consacrés à la bande originale.
Anciens bonus :
- Les archives de Chirstophe Frayling » (18′)
- « Un nouveau genre de héros » (23′)
- « Quelques semaines en Espagne » : Entretien avec Clint Eastwood (8′)
- « Pas prêt pour le Prime Time » (6′)
- Le prologue TV (8′)
- « 1964 – 2004 : les décors avant/après » (5′)
- « Tre Voci (Trois voix) » (11′)
- « Restauration à l’italienne » (6′)
Cette édition reprend également plusieurs suppléments déjà disponibles sur les précédentes éditions vidéo. Ils permettent de prolonger la découverte du film, notamment à travers les témoignages de Christopher Frayling et de Clint Eastwood, les coulisses du tournage en Espagne, les comparaisons entre les décors de 1964 et ceux de 2004, ainsi que des documents consacrés aux collaborateurs de Sergio Leone et à la restauration d’une précédente édition.
Au regard de la richesse des nouveaux entretiens, des analyses et des images inédites du tournage, cette édition se montre particulièrement généreuse en suppléments. Les bonus consacrés à Ennio Morricone et à la fabrication du film sont les plus passionnants, tandis que les documents d’archives complètent utilement l’ensemble.
Unboxing
Conditions du test
- TV 4K UHD OLED Samsung S90F
- Lecteur Blu-ray Samsung 4K UHD UBD-M8500
- Ampli Yamaha 4K UHD YHT-1840
Synopsis
Deux bandes rivales, les Baxter, trafiquants d’armes, et les Rojo, qui font de la contrebande d’alcool, se disputent la suprématie et la domination de la ville de San Miguel, au sud de la frontière américano-mexicaine. Un étranger, vêtu d’un poncho, arrive à dos de mulet dans cette petite ville et s’immisce entre les deux bandes. Proposant d’abord ses services aux Rojo, l’étranger va très vite tirer profit des deux camps à la fois, à la grande joie du fabricant de cercueils Piripero.
Le Film
Pour en savoir plus, nous vous conseillons le podcast consacré à Sergio Leone et, en partie, à la Trilogie du Dollar, du podcast Capture Mag :

