[Critique] Mademoiselle : la nouvelle esbroufe de Park Chan-wook

image affiche mademoiselleCaractéristiques

  • Réalisateur : Park Chan-wook
  • Avec : Kim Min-hee, Kim Tae-ri, Ha Jeong-woo, Jo Jin-woong
  • Distributeur : The Jokers
  • Genre : Thriller, Érotisme
  • Durée : 144 minutes
  • Sortie : 2 novembre 2016

Critique

Chez Culturellement Vôtre, on suit Park Chan-wook depuis maintenant 16 ans et le film qui l’a lancé internationalement : JSA. Son second effort parvenu jusqu’à nous, Sympathy for Mister Vengeance, nous confirmait que l’on tenait là un véritable espoir du cinéma mondial. Espérance totalement transformée en fait avéré avec le second volet de sa trilogie de la vengeance, le désormais culte Old Boy. Seulement voilà, après ce sommet, Park Chan-wook semblait décidé à rejoindre les réalisateurs qui n’ont pas su rester au firmament sur plusieurs œuvres, et la suite fut de moins en moins intéressante. Lady Vengeance était encore traversé de nombreuses fulgurances, mais le côté très « m’as-tu-vu » du style pouvait parfois prendre le dessus sur le récit. Puis, la suite ne cessa de creuser le fossé. La comédie romantique Je suis un cyborg était tout bonnement insipide, Thirst relevait le niveau, mais peinait à rester intéressant tout du long. Et Stoker, premier (et dernier ?) essai du cinéaste à Hollywood, s’avérait convenu et accouchait d’une sorte de sous-Harry, un ami qui vous veut du bien pas finaud pour un sou. On peut donc écrire que nous attendions de pied ferme Mademoiselle, film qui se devait de totalement redresser la barre, sous peine de nous faire prendre le large. Hélas…

Mademoiselle nous fait voyager, direction la Corée. Années 30, pendant la colonisation japonaise. Une jeune femme, prénommée Sookee, est engagée comme servante d’une riche japonaise, Hideko, vivant recluse dans un immense manoir sous la coupe d’un oncle tyrannique. Mais Sookee a un secret. Avec l’aide d’un escroc se faisant passer pour un comte japonais, ils ont d’autres plans pour Hideko…

Adaptation d’une romancière pas vraiment connue pour l’équilibre de ses textes (Du bout des doigts, de Sarah Waters), Mademoiselle débute dans la grande tradition du film de bandit en costume. Et cela fonctionne plutôt bien : les décors naturels apportent toute la personnalité qu’on en attend, le directeur de la photographie Chung Chung-hoon, fidèle à Park Chan-wook depuis Old Boy, fait toujours des merveilles. Le récit se met en place correctement, même si l’on sent assez vite que certains détails sont distillés afin de nous faire comprendre que les apparences sont trompeuses, et tout le tralala. Clairement, on se dit que les personnages manquent un peu de subtilité, dans leur écriture et les dialogues les mettant en relief, et cela va aller en s’empirant…

Une esbroufe clinquante

image mademoiselle

Autant ne pas faire durer le suspense, l’intrigue « policière » de Mademoiselle n’a pas grand chose de folichon, et Park Chan-wook le sait autant que le spectateur, lui qui mise sur un effet de structure pour lui sauver la mise. Il est difficile de rentrer ne serait-ce que dans la superficialité du récit, sous peine de spoiler, mais sachez que l’œuvre se forme en trois actes, que chacun est annoncé par un chapitrage hautement inutile, et que l’un d’eux (le plus long, damn !) se borne à donner un autre point de vue pourtant très téléphoné. On n’est cependant pas trop agacé par un tel recours, pourtant laborieux (Mademoiselle dure 144 minutes, une aberration tant cela est injustifié par le sujet), car le réalisateur réussit à rendre l’action vivante. Il se passe toujours quelque chose : un dialogue étonnant, une direction d’acteurs surprenante, un plan renversant… Voire même un moment nanardesque qui pourra amuser les amateurs de Category 3, comme ce cadre du point de vue du vagin d’une des héroïnes (c’est fin !). Park Chan-wook nous rappelle qu’il est doué pour l’esbroufe, parfois sympathiquement outrancier, avant de se prendre les pieds dans le tapis fondamental.

Car si Mademoiselle ne souffrait que d’une intrigue policière plutôt moyenne, on aurait peut-être davantage réussi à lui trouver d’autres qualités. Seulement, c’était sans compter sur le propos de l’œuvre, sidérant de bêtise. A tel point qu’on a dû, pour ne rien vous cacher, créer un débat avec d’autres personnes ayant vu le film, afin de vérifier si l’on n’avait pas loupé certaines clés, un second degré par-ci, de l’ironie par-là. Rien. Le résultat de cette discussion, nous a permis d’être certains de ne rien avoir compris de travers. L’affront est si fort qu’on en a encore le souffle coupé. Mademoiselle est un film féministe. Jusqu’ici, tout va bien. Seulement, tout comme Ghostbusters 3, il est bêtement féministe. Et là, ça le fait beaucoup moins. Park Chan-wook est du genre à ne pas reculer devant un sujet grinçant, ce qui est une qualité de notre point de vue, seulement on doit dire que le cinéma actuel commence un peu trop à jouer avec les valeurs du féminisme, en leur accolant d’autres qui ne sont pas aussi sympathiques.

Un essentialisme nauséabond

image park chan wook mademoiselle

Mademoiselle raconte comment un vieil homme japonais est devenu complètement maboule à force de lire une littérature érotico-sadique qui, chez lui comme chez tous les autres hommes (ah, la beauté des valeurs non-englobantes !), a provoqué autre chose qu’un lointain fantasme. Park Chan-wook fait preuve d’un racisme de bas étage (le japonais est un pervers, pas mal comme raccourci !), ce qu’a évité avec subtilité l’excellent et tout aussi coréen The Strangers, pourtant bien moins mis en avant par le marketing. Il tombe carrément dans une forme d’extrémisme absolument indéfendable, et pour étayer son propos nauséabond, le metteur en scène ira jusqu’à filmer le recours à la bêtise profonde comme s’il s’agissait d’un acte salvateur. Nous n’en dirons pas plus, mais une séquence d’autodafé aura failli nous faire quitter la salle promptement. Non content d’exposer une idéologie sans mesure (tous les hommes du film sont des salauds, toutes les femmes sont des victimes), le metteur en scène rejoint donc l’association Familles de France dans son combat lunaire pour tenter de nous faire croire qu’une œuvre pousse au meurtre, au viol ou, pire selon certains (suivez le regard), au patriarcat. C’est tellement stupide, insultant, et surtout un tel paradoxe pour le réalisateur (qui répète à l’envie, et sans qu’on le lui demande, être socialiste, mais qui se retrouve sur les plates-bandes de la droite dure et conservatrice) qu’on a peine à croire qu’il était seul à la manœuvre. Pilote automatique après son échec hollywoodien ? Recherche d’un sujet outrancier et actuel afin de toucher un public ciblé pas très recommandable ? Complot satanico-reptilien ? En tout cas, force est de constater que Mademoiselle est l’un des films les plus fondamentalement douteux de cette année 2016 (il se tire la bourre avec Bang Gang).

Évidemment, on n’avance pas une telle analyse sans avoir au préalable essayé de comprendre tous les tenants et aboutissants de la matière que Mademoiselle met à disposition, et ce jusque dans son final. Le dernier quart d’heure est sans aucun doute un sommet dans l’immondice, une sorte d’apothéose pour Park Chan-wook qui vomit toute sa haine de l’homme (que le réalisateur s’immole, qu’on en finisse !), du japonais tout particulièrement (et non, ce n’est pas une question de contexte, même Clint Eastwood l’a compris avec son Lettre d’Iwo Jima), sans le moindre recours à la mesure. Monsieur Park Chan-wook, attention à ce que vos spectateurs, la prochaine fois que vous filmerez une histoire traitant de l’inceste, ne vous accusent pas d’en faire la promotion. Ce serait aussi étrange que d’affirmer que, puisqu’on a lu Sade, on est soi-même aussi tordu que l’auteur. Ou que, parce qu’on passe son temps à filmer des intrigues ultra-violentes, on l’est tout autant. A bon entendeur.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
/10

Réactions (17)

  1. Wahou. Et dire que pour en arriver à une critique aussi mal informée, il a fallu que vous en parliez à plusieurs…ça fait peur !

    « Mademoiselle raconte comment un vieil homme japonais est devenu complètement maboule »
    Kouzuki (le vieil oncle), est en fait… coréen. Oui, il a un nom japonais, car c’est tout le propos de l’histoire : il déteste la Corée (il le dit de manière très claire), et rêve d’être plus japonais qu’un Japonais ; c’est pourquoi il a épousé la fille d’un grand industriel japonais et a pris son nom (ce qui se fait très fréquemment au Japon quand un grand patron n’a que des filles mais veut transmettre son nom malgré tout) : c’est d’ailleurs très bien raconté au début du film.
    Donc la théorie selon laquelle Park Chan Wook serait un gros raciste anti-japonais alors que son personnage d’escroc et son personnage d’oncle fou sont tous les deux des Coréens ne tient pas debout. Au contraire, les personnages les plus positifs de l’histoire sont toutes les deux japonaises (Hideko et sa tante) ! Je dirais même que tous les personnages du film ont une identité complètement ambiguë, ce qui prouve très bien qu’en parlant de racisme pour ce film vous êtes complètement à côté de la plaque.
    Quand vous allez voir un film, peut-être devriez-vous moins penser aux critiques que vous allez rédiger sur votre blog et davantage prêter attention à l’intrigue du film…

      1. @Rédaction

        Point Godwin ?

    1. Attention, spoiler peut-être

      Tout à fait d’accord avec Teresa, vous êtes je crois un peu à côté de la plaque. En n’ayant par exemple pas vu les rapports coloniaux Corée/Japon que vous n’avez pas l’air de très bien connaître et leurs enjeux. L’oncle est bien Coréen et c’est vos propres clichés qui vous auront fait voir en lui la figure du japonais obsédé.

      Le film ne suggère pas que les livres sont à l’origine de l’obsession du vieux, toujours est-il qu’il en sont l’objet, et que ne pouvant pas le tuer, c’est une vengeance puissante ainsi qu’une libération (Vous vous rappelez qu’on la garde dans une maison pour lire ces livres. S’il n’y a plus de livres, sa prison n’a plus de sens. Il faut être de mauvaise foi pour suggérer que ce sont les livres eux-même qui sont accusés).

      Tous les hommes du film ne sont pas montrés comme des salauds ni les femmes comme des victimes, c’est juste faux. On a affaire à un film grand spectacle avec des personnages plutôt intéressants même si parfois un peu bouffons pour les besoins du comiques et si ce n’est pas un Fassbinder, un Pasolini, ce n’en pas moins un pas trop mauvais film.

      Je vous accorde que la troisième partie est un peu poussive, c’est bien dommage, parce que c’est justement celle qui ne montre pas les femmes comme des victimes (même si ce n’est pas très réussi).

      « Park Chan-wook qui vomit toute sa haine de l’homme (que le réalisateur s’immole, qu’on en finisse !) » ? Vraiment ? Je veux bien que ce soit un peu léger en terme de féminisme, mais Thelma et Louise ne l’est pas moins et pourtant c’est super que ces films existent. Parce qu’y figurent des personnages féminins crédibles qui ont à dealer avce leur place dans la société et c’est bien plus intéressant que bien des merdes sentimentalistes humanistes !

      1. OK. Quel homme, au sein de cette histoire, est montré comme autre chose qu’un prédateur sexuel ?
        Ensuite, les autodafés ont toujours revêtu une valeur symbolique. Celle de Mademoiselle ne fait aucun doute, et vous-même Tom le confirmez : ils sont l’image même de l’homme qui les a lu. Cela fonctionne, donc, dans les deux sens : détruire les livres c’est tuer l’oncle, donc tuer l’oncle c’est détruire les livres. Logique purement « Familles de France », CQFD.

        1. Oh pardon, on a oublié de mettre un homme gentil pour pas qu’ils se sentent trop mal. Comme dans les films ou on peut pas trop éviter le sujet des violences policières alors on a un bon flic.
          Le personnage de l’arnaqueur n’est pas présenté comme un prédateur sexuel, il est d’abord fasciné par la liseuse (scène ou il s’imagine que …) et ensuite de son propre aveu il n’est pas intéressé par mademoiselle. Quand son coup réussit il se dit que pourquoi pas.

          Quand au comte ce n’est pas un « prédateur », il a plutôt la libido du collectionneur. Il ne la touche pas, il n’a jamais eu de rapports avec elle (de son propre aveu à la fin). Il la maintient sous son joug.

          Donc 1. Tous les hommes de sont pas présentés comme des « prédateurs » et 2. même s’ils l’étaient, il y a deux personnages masculins dans le film …

          Pourquoi essayer de voir du simplisme là ou il n’y en a pas ?

          Par contre pour que ce soit clair le film se situe dans une époque où les femmes n’ont aucun droits et sont soumises à des hommes. Si c’est ça qui vous choque… : http://www.lesinfluences.fr/Condition-feminine-en-Coree-du-Sud.html

          Ecrire moins, lire plus.

          1. Vous évoluez de commentaire en commentaire, c’est bien. On est passé de « mais non » à « oui mais ». Le reste vous appartient. Vous qualifiez cette lecture de simpliste, bien, cela vous regarde. Les faits sont effectivement très simples : on se trouve dans un film qui utilise le symbolisme pour mettre en scène des femmes « hors-époque », et cela vous va bien. Le simple fait que vous n’imaginiez pas une seule seconde le même genre de personnage « hors-époque » côté hommes, sans que votre esprit n’imagine cela comme une marque de pitié, démontre que vous êtes du genre à avoir un problème sexué. On espère, tout simplement, ne pas vous retrouver à la participation d’un autodafé. Plus sérieusement, on espère que vous n’étiez pas de celles et ceux qui, quand on demandait plus de représentation féminine hors cliché, répondaient « oh pardon, on a oublié de mettre une femme gentille pour pas qu’elles se sentent trop mal ».
            Bien à vous, et pensez à réfléchir avant de commenter.

        2. « Les autodafés ont toujours revêt une dimension symbolique ».

          — Les sacrifices d’animaux, le mariage, l’échange de papier monnaie, et une bonne partie des activités humaines ont une dimension symbolique. La question c’est quelle est cette valeur symbolique. Dans le film la destruction des livres (pas un autodafé, qui est un acte public de la part d’une institution) a la valeur symbolique de la chaîne brisée et non de la mauvaiseté des livres, et du mal qui contiendrait comme vous le sous-entendez.

          Je crois que vous manquez de sommeil

          1. Blanc bonnet, bonnet blanc. Les deux femmes détruisent les livres qui représentent l’aliénation par le pseudo-patriarcat. Encore une fois, et on vous le répétera autant de fois que nécessaire, ce lien est à deux sens. Donc, pour l’ignoble PCW, cela signifie que les livres ont aussi fabriqué ce méchant patriarcat. Preuve ultime, si vous avez vu le film, ce cliché gigantesque du poulpe qui prend vie.
            Je crois que vous manquez de lucidité.

  2. Votre critique est carrément douteuse et vos réponses condescendantes sont complètement niaises ! Qu’est-ce-qui vous a gêné au juste, que tous les hommes du film soient des salauds? ou que les femmes soient montrées fortes, émancipées et libérées? Ahahahaha!!

    1. Juste qu’il n’y ait pas de juste milieu. Mais, visiblement, les extrêmes sont votre dada, on vous laisse en profiter : chacun son truc.

      1. C’est quoi cette histoire de personnage « hors époque » ?
        Je crains de ne plus arriver à dégager le sens de vos propos.

        « Blanc bonnet et bonnet blanc » : Summum de la critique.

        Juste mileu ? Il y a un juste milieu entre la domination historique des femmes et leur résistance à cette domination ?

        Allez j’en ai terminé ici, je retourne brûler des livres car comme vous l’avez démontré avec brio je pense secrètement tout comme Park Chan Wook que ce sont les livres qui produisent les rapports sociaux entre les hommes et les femmes.

        1. La résistance à cette domination est intervenue par la suite. Donc, oui, Mademoiselle met en scène des femmes hors-époque, un artifice utilisé par à peu près toutes les fictions rassurez-vous, mais pas avec autant de malhonnêteté intellectuelle que dans Mademoiselle… et que dans vos propos.
          Et non, vous ne le pensez pas secrètement, vous le hurlez très fort. Il va falloir retrouver un peu de sang froid, effectivement je vous conseille de retourner à vos saines occupations guerrières.

  3. Je trouve ça tellement déplacé de dire que l’auteur fait des généralités lorsqu’il placent deux hommes masculins dans le rôle de pervers ! Parce que dans la majorité des films que l’humanité a pu construire jusqu’ici, les femmes ont été décrites dans leur plus grande pluralité ??? Laissez-moi rire ! Je ne viens pas pleurer quand je vois le 1000ème film de ma vie qui relate une histoire où la femme est passive et uniquement là pour tenir le second rôle, jouer la meuf pour laquelle on se bat car elle est là en objet de désir uniquement. OBJET j’insiste. Là, vous vous offusquez lorsque des deux seuls personnages masculins du film sont des pervers.
    C’est vrai que ça doit être difficile à avaler des rôles féminins forts alors qu’il y en a si peu dans le monde du cinéma.

    Et je vous signale que la film se déroule dans les années 30: renseignez-vous sur les conditions de vie des femmes coréennes et japonaises à cette époque: figurez-vous que la majorité des hommes devaient éprouver la même chose que dans le film à l’époque, qu’il ne vous en déplaise ou non.
    Parler de féminisme bête, ça m’accable: le film a ses défauts, mais vous ne pouvez pas lui reprocher d’avoir mis en valeur des femmes, dans une position active et maîtresses de leur destin.

    1. Louise, vous devez être née d’hier pour avancer une telle erreur factuelle : non, les personnages de femmes fortes ne sont pas rares au cinéma. Sortez un peu de vos idées préconçues par un bourrage de crâne terrifiant du féminisme de combat, vous serez dès lors frappée par la terrible vérité. Eh non, les femmes au cinéma ce n’est pas un motif d’énième doléance. Quel incroyable témoignage de toute la suffisance, de toute l’ignorance de ce logiciel qui vous habite. La femme passive au cinéma ? Bien sûr elle existe, tout comme l’homme exagérément musclé, ce qui ne provoque pas autant de fiel par ailleurs (et tant mieux, il me semble que nous autres hommes savons faire la part des choses). Mais de là à nous expliquer que le cinéma serait le lieu de la femme objet, c’est à la fois factuellement faux, et aussi déprimant que Familles De France qui nous explique que le jeu vidéo est le domaine de la violence. Comme quoi, j’ai bien eu raison de vous comparer à cette odieuse association.

      Là, tout de suite, j’allais vous préparer tout un paragraphe sur le traitement de la femme chez Mankiewicz, chez Cukor par exemple, mais je ne suis même pas sûr que vous ayez vu un seul des films de ces réalisateurs. Trêve de blabla donc, et de toutes façons votre logiciel de pensée vous aveugle trop pour avoir un semblant de discussion. Par contre, je ne peux pas laisser passer votre dernière phrase. Le procès d’intention, grande spécialité du féminisme extrémiste, c’est une chose. Mais le mensonge en est une autre. Mettre en valeur une femme n’a jamais été pointé du doigt comme un problème dans ma critique. Jamais. Je pointe du doigt les moyens utilisés pour cette « mise en valeur ». Il y a là une nuance qui vous sauterait aux yeux si vous étiez un peu plus réfléchie.

      Je termine par une petite réflexion. Se plaindre d’un traitement, pour l’accepter quand il se présente dans le cas contraire, c’est le début du fascisme. Phosphorez bien, et surtout dépolluez-vous les méninges.

  4. Je ne suis effectivement pas sûre que vous ayez vu le même film…
    Le personnage de l’oncle est un Coréen fasciné par le Japon qui est parti au Japon épousé une Japonaise dont la fille est Hideko, et revenu faire réalité ses idées fantasmatiques de l’érotisme japonais – les livres victimes de l’autodafé auquel vous faites références étant pour partie des faux (les boucles oreilles de saphir sur la femme au poulpe ne vous ont-elles pas mis la puce à l’oreille ?)

    L’autodafé vient opérer sur Hideko une sorte de libération symbolique de l’emprise du regard masculin – sans que le discours deviennent univoque puisque nous spectateurs devenir les petits vieux pervers érotomanes qui contemplent les scènes d’amour des deux femmes.

    1. Bonjour. Tout, dans votre réponse, confirme effectivement que nous n’avons pas vu le même film. Ou que, plutôt, nous n’y avons pas projeté la même vision du monde. On s’en fiche qu’ils soient des faux : ils servent à l’autodafé. Par la suite, vous confirmez cependant qu’il y a libération symbolique par cet autodafé. Merci, donc, d’aller dans mon sens : détruire des livres a servi la libération. Seulement, pour moi on ne libère rien par la force. On arrive, tout au mieux, à installer la Terreur, on devrait le savoir mieux que quiconque dans notre pays. Si vous ne voyez pas comme un relent de Familles de France dans la vision de Park Chan-Wook, c’est qu’on vit décidément une époque formidable.
      Pour finir, la scène d’amour lesbien n’a rien de pervers. Au contraire, elle est montré comme le seul élément positif du film. Ce qui ne me dérange absolument pas, de base. Ce qui vient me titiller, cependant, c’est qu’elle vous fait écrire qu’on y assiste comme des « petits vieux pervers érotomanes ». Même dans le cas où vous auriez raison, et c’est possible, c’est d’une bêtise fondamentale hallucinante. Ne serait-ce que pour l’amour lesbien.
      Aussi, j’essaie d’oublier ce film, ce sera donc la dernière fois que je réponds à un commentaire par ici. Absolument rien à voir avec vous, Nekokappa, mais uniquement avec l’envie de ne plus penser à cette… chose. En vous souhaitant une excellente journée, et tant mieux si vous avez apprécié au passage, c’est un peu pour ça qu’on va au cinéma.
      Mickael.

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