[Critique] Le Gangster, le Flic et l’Assassin : moins badass que prévu

Caractéristiques

  • Titre original : Akinjeon
  • Réalisateur(s) : Lee Won-tae
  • Avec : Ma Dong-seok, Kim Mu-yeol, Kim Seong-kyu, Yu Seung-mok, Choi Min-cheol
  • Distributeur : Metropolitan FilmExport
  • Genre : Thriller, Action
  • Nationalité : Corée du Sud
  • Durée : 110 minutes
  • Date de sortie : 14 août 2019

Un trio d’acteurs épatant

image critique le gangster le flic et l'assassin
Copyright Metropolitan FilmExport

Le Gangster, le Flic et l’Assassin, nouveau polar coréen réalisé par Lee Won-tae, narre l’alliance contre-nature entre un policier et un parrain de la pègre afin de combattre le pire, un tueur en série retors et ultra violent. Pour ce faire, le metteur en scène s’est entouré d’un trio d’acteurs tous crédibles dans leurs rôles respectifs, à commencer par Ma Dong-seok (déjà remarqué en 2016 dans Le Dernier Train pour Busan), qui imprègne la pellicule à chacune de ses apparitions dans le rôle d’une brute vindicative et pugnace.

Le Flic (Kim Mu-Yeol) et l’Assassin (Kim Seong-Kyu) du titre ne sont pas pour autant en reste, et parviennent à donner de la consistance à leurs personnages. Ils semblent s’amuser à participer à ce jeu de massacre, lequel emprunte tout autant au film noir qu’à la critique sociale. Si vous saupoudrez tout ça d’une réalisation nerveuse et lisible dans les scènes d’action, on est en droit de penser que nous tenons, avec Le Gangster, le Flic et l’Assassin, le polar de l’année et pourtant…

Un scénario peu crédible

Si en partant du postulat de base on peut s’attendre à ce que Le Gangster, le Flic et l’Assassin nous propose un spectacle décomplexé et déroutant, on ne pourra être que quelque peu déçu au final. D’ailleurs même si l’orientation choisie avait été celle du thriller 100% sombre et réaliste, on en serait également largement pour nos frais. En fait, cette œuvre cherche, comme souvent dans les productions coréennes, à trouver une sorte d’équilibre entre l’humour et la noirceur, sans pour autant y parvenir à chaque fois.

On doit aussi composer avec une exposition beaucoup trop longue. Et une chasse qui, il faut bien le reconnaître, aurait dû trouver sa conclusion beaucoup plus rapidement. Après tout, les forces conjointes de membres de la police et l’armada humaine de mafieux est capable de retrouver quiconque, car ils font fi des lois interdisant de molester les témoins et les indics. Il ne suffit pas de retranscrire le contexte de M le Maudit de Fritz Lang où, là aussi, police et truand agissent dans le même but, pour rendre crédible Le Gangster, le Flic et l’Assassin dans notre société actuelle. Les méthodes d’investigations, ainsi que les réseaux d’information, ont considérablement évolué depuis, et la critique sur la paralysie entre services et l’absence d’interactions entre eux rappellent le film Zodiac de David Fincher dont le contexte états-uniens, se situe entre les années 60-70 !

Une semi déception

Alors soit la Corée du Sud a au moins cinquante ans de retard sur son homologue américain, soit quelque chose ne tourne pas rond dans Le Gangster, le Flic et l’Assassin. Bien conscient de cet écueil, le réalisateur Lee Won-tae ajoute une guerre des gangs au propos pour justifier quelques scènes d’action, et bien souvent fait avancer l’intrigue par à coups brutaux placés là artificiellement. Comme, par exemple, une future victime rencontrée au hasard par les protagonistes juste avant son exécution, ou la poursuite finale entre quatre personnes alors que des dizaines autres patrouillent au même moment dans le secteur, et disparaissent sans explication pour le bien de la narration. On justifie toutes les incohérences au possible pour faire avancer l’histoire. Peu crédible…

C’est donc la moitié d’une réussite auquel nous invite Le Gangster, le Flic et l’Assassin. Si les acteurs répondent présents, la narration, elle, ne suit pas et, malgré les pointes d’humour réussies, le rythme souvent nerveux, l’ambiance crasse, on se surprend parfois à regarder sa montre en se demandant quand tout cela va vraiment finir. Ajoutons à cela un final beaucoup trop moraliste, qui emprunte au cinéma hollywoodien, et on se dit, en sortant de la salle, qu’on a vu un long métrage certes bon mais bien moins en-deçà de ce qu’il aurait pu être, si ses choix avaient été plus assumés et son scénario mieux bétonné. Dommage…

5/10

Une réaction

  1. J’avais apprécier l’article jusqu’à voir votre critique sur youngblood‍♂️

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