[Test – DVD] Holocauste Nazi – Luigi Batzella

image test holocauste naziCaractéristiques

  • Réalisateur : Luigi Batzella
  • Avec : Joseph Fiennes, Tom Felton, Peter Firth, Cliff Curtis, María Botto
  • Éditeur : Artus Films
  • Date de sortie Blu-Ray : 4 octobre 2016
  • Durée : 83 minutes

Image : 4/5

Le master utilisé pour cette édition de Holocauste Nazi est d’une qualité tout à fait satisfaisante. On remarque quelques petites sautes d’image, mais rien d’alarmant. Gros travail sur la colorimétrie, la définition est nickelle, bref Artus Films nous permet de découvrir le film dans des conditions quasi optimales. Signalons que le format 1.77 est respecté.

Son : 4/5

Les pistes anglaises et italiennes de Holocauste Nazi sont en Dolby 2.0. Notons que les passages censurés de l’époque de la sortie sont ici présents en version originale sous-titrée. La qualité est très propre, sauf pour les passages inédits en France, lors desquels on perçoit un petit souffle. Notre préférence va à la VOSTFR, plus équilibrée, mais la version française ne démérite absolument pas.

Bonus : 4/5

Comme toujours avec Artus Films, l’œuvre est accompagnée d’un module à la fois long et intéressant. Ici, on a droit à « La bête en chaleur« , par l’éminent Christophe Bier (acteur, réalisateur, historien du cinéma, critique), qui nous présente à la fois Holocauste Nazi et le sous-genre nazisploitation. Trente minutes bien remplies et qui évitent de porter un regard cynique ou moqueur, et tente plutôt de nous informer. C’est réussi. Sont aussi au rendez-vous, les éternels diaporamas et bandes annonces, ici de films tirés de la collection « Guerre et barbarie« .

Synopsis

Les Nazis recherchent les partisans réfugiés dans les montagnes. Pour obtenir des informations, ils séquestrent les femmes des villages alentour, qui sont faites prisonnières dans un camp, dirigé par la SS Ellen Kratsch. Cette dernière mène en parallèle une expérience scientifique, et a créé un monstre hybride mi-homme mi-singe, qu’elle garde en cage. Afin de les faire parler, elle n’hésite pas à lui donner les filles en pâture.

Le film

La nazisploitation… Un sujet qui sent le souffre alors que, fondamentalement, les films qui composent cet obscur sous-genre ne font pas dans la dentelle pour dénoncer, et on sait à quelles justes raisons, l’horrible comportement nazi. Nés du succès d’une poignée de films, comme Salo et Salon Kitty, ces rejetons virulents ont évidemment retenu avant toute chose les séquences de torture du film culte de Pasolini, et l’érotisme étrange du Tinto Brass. On ajoute à cela une saine description dégoûtante des épouvantables nazis, que l’on aime à voir être ridiculisés et on obtient un sous-genre certes très « exploitation » mais pas spécialement plus insupportable que, par exemple, la blaxploitation et son cortège de clichés (et de bons films, par ailleurs).

Holocauste Nazi appartient donc à cette nazisploitation, mais ne fait pas vraiment partie des plus qualitatifs. Il est clair que Luigi Batzella construit son récit autour de deux axes : l’horreur pure et dure, à base de tortures immondes, afin de bien installer avec justesse la folie nazie. L’autre axe est plus étrange, d’ailleurs il provient d’un autre film du réalisateur. Toute la partie en extérieur, qui met en scène les résistants, provient d’une autre œuvre de Batzella, comme si ce dernier voulait opérer un coup de projecteur un peu sauvage sur un métrage. Les séquences pour bien marquer l’épouvante de l’armée SS ne manquent pas, on citera par exemple ce massacre dans le village italien, où nourrissons et grand-mères se font abattre sans hésitation (et sans étalage d’hémoglobine, c’est à préciser). Dans une démarche que n’aurait pas renié Bruno Mattei, le metteur en scène imagine un scénario afin de faire tenir le tout, et si l’artifice est instable on ne peut que constater que l’ensemble fonctionne assez pour ne pas que le stratagème se remarque de trop.

image artus films holocauste nazi

Holocauste Nazi fait appel à la détestable imagerie nazie pour mieux la ridiculiser. On ne compte pas les séquences décrivant ces soldats de la honte éternelle être malmenés. Stupides, mais aussi tout sauf virils, ces hommes et femmes qui se sentaient supérieures mais ne l’étaient que dans l’immondice servent un propos loin d’être aussi navrant que ce que certaines critiques ont bien voulu écrire pendant des années. Ellen Kratsch créé, tout comme son chef ultime à moustache navrante, un homme physiquement boursouflé grâce à une potion magique à rendre fou de jalousie Panoramix. Le but est de servir au führer une armée bougrement énervée. Seulement, afin de garder au calme la bête humaine qui rumine dans sa cage, il faut lui apporter « de la viande fraîche ». Les esprits grincheux, qui mettent de côté toute analyse, y verront un étalage de violence et de nudité morbide. Il y a un peu de cela, seulement il est impensable de ne pas lire le sous-texte concernant la virilité, sa folie quand elle n’est plus maîtrisée. Holocauste Nazi, en cultivant le côté exploitation, ne fait pas que contenter un public pervers (il y en a, ne le nions pas), il tire aussi un constat clairvoyant sur le rapport au sexe… tout en défonçant du nazi au passage.

Holocauste Nazi n’est donc pas ce film à vomir que les bouches en cul-de-poule peuvent décrire. C’est une œuvre déséquilibrée par son « double film dans le film » certes, et tellement outrancier dans sa partie « torture and soft porn » qu’il en perd de son impact, mais elle est loin d’être inintéressante. Pas un film que l’on se projettera tous les matins au réveil, c’est sûr, mais un métrage à sauvegarder pour tout cinéphile amateur du moindre recoin de l’univers bis.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
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