[Test – Playstation 4] Steins;Gate 0 : la suite réussie d’un des meilleurs Visual Novel

Caractéristiques

    • Playstation 4
    • Playstation Vita
  • Développeur : Nitroplus
  • Editeur : PQube
  • Date de sortie : 25 novembre 2016
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Introduction

Eh ben, le moins que l’on puisse écrire est que le genre si particulier du Visual Novel a connu une certaine déferlante depuis quelques mois. Cela reste sous contrôle bien évidemment, en tout cas assez pour que les fans puissent vivre leur passion à un rythme certes soutenu mais gérable, mais on remarque que le genre est de plus en plus sous les feux des projecteurs. Après un Root Letter certes (très) classique mais intéressant et pas dénué de charme, PQube étanche notre soif avec la suite de l’un des meilleurs représentants du Visual Novel : le très attendu Steins;Gate 0.

Histoire : 5/5

Tout d’abord, il faut prévenir les nouveaux venus : il faudra obligatoirement passer par le premier jeu sorti. Steins;Gate 0 est la suite directe de Stein;Gate, et très clairement le studio Nitroplus introduit le jeu avec comme certitude que vous avez terminé cette première aventure. C’est un choix fort que nous comprenons, en effet l’univers déployé dans ce Visual Novel est si fouillé qu’il serait mal venu de devoir le résumer à tout bout de champs : ce serait dangereux pour le rythme de la narration. Ainsi, on vous prévient qu’il faudra avoir joué, terminé et même retourné Stein;Gate pour comprendre toutes les subtilités de sa suite. Et cela tombe bien : le jeu est un grand classique du genre donc faîtes-vous plaisir.

Le scénario de Steins;Gate 0 prend donc la suite directe du précédent jeu, mais pas depuis n’importe quelle fin. En effet on retrouve un Rintaro Okabe meurtri par un événement que l’on vous laissera découvrir par vous-même (on va essayer de ne pas spoiler de trop). Il est atteint d’une véritable dépression nerveuse, et s’en veut à un point qui n’est pas humainement supportable. Un jour, il rencontre Maho Hijayo, un scientifique qui travaille sur le programme Amadeus, qui est sensé pouvoir reformer une personnalité précise à partir d’une I.A. Évidemment, Rintaro Okabe est très intéressé, et c’est là le point de départ d’un récit qui va le ramener vers le Reading Steiner en mettant au centre de l’histoire la fameuse worldline alternative.

Quelques anglicismes pourront vous paraître un peu étranges mais croyez-le : si vous avez suivi nos conseils en jouant au premier jeu, alors Steins;Gate 0 vous semblera clair comme de l’eau de roche. Vous aurez aussi compris que le studio Nitroplus a choisi de nous conter la suite directe de la fin la plus déprimante de Stein;Gate, ce qui mine de rien était un pari osé. L’équipe des scénaristes s’en tirent avec plus que les honneurs, elle fait évoluer l’atmosphère idéalement en imprimant un humour savoureux malgré une situation (parfois très) sombre, et arrive même à dépasser le jeu d’origine du côté des thèmes développés. Évidemment, le soft est dialogué au possible, c’est là le principe même du Visual Novel, mais l’écriture des personnages est toujours aussi bonne, cherchant (et réussissant) à créer des personnalités tout de suite facilement reconnaissables.

Tout est prétexte à développer le scénario dans Steins;Gate 0, même les phases de gameplay, minimalistes comme nous allons le voir, tendent à donner du grain à moudre à l’univers du jeu. C’est là une grande réussite de cette suite : faire en sorte que, même au-delà du texte qui défile le joueur se sente tout de même comme responsable de ce qui se passe à l’écran. Une impression qui, il faut bien l’écrire, manquait un peu dans l’itération précédente. Vos choix et réponses auront ici des répercussions directes sur de futurs rebondissements, et il n’est pas rare de se rappeler certaines décisions quand, plus tard, elles impliquent des effets plus ou moins escomptés. Seule petite retenue, même si l’on commence à en avoir l’habitude malheureusement : Steins;Gate 0 est localisé en anglais, et il vous faudra le maîtriser pour pleinement profiter de l’excellente écriture du soft.

Gameplay : 4/5

Le studio Nitroplus a décidé de ne pas donner suite au système de Phone Trigger pourtant très carré du précédent jeu. Ainsi, Steins;Gate 0 repart sur des bases assez nouvelles, même si au fond on garde les mêmes codes : phases de gameplay rares (qu’on se le dise, un Visual Novel se lit bien plus qu’il ne se joue), et l’utilisation d’un téléphone portable interne au soft. Si l’on regrette de ne pas toujours avoir la possibilité d’utiliser le smartphone à n’importe quel moment et de s’y perdre un peu (une décision tout de même logique pour le récit en lui-même, qui se doit d’avancer à son rythme avant tout), la nouvelle interface qui passe par l’application baptisée Rine Trigger fait très bien le job. On répond à des messages “en temps réel”, et l’on peut même envoyer des stickers qui, s’ils sont bien gérés, peuvent changer la donne…

Technique et ambiance sonore : 4/5

image test steins gate 0

On retrouve l’artiste Huke, qui avait déjà fait des merveilles sur le précédent jeu et qui, avec Steins;Gate 0, confirme tout le bien que l’on pense de lui. Ses artworks très stylisés et raffinés font mouche, et le character-design reste cette grande réussite qui fait de chacun des personnages autant de rencontres à parts entières. On pourra, par contre, encore une fois regretter que les animations soient toujours un peu chiches, mais c’est un reproche que l’on peut faire pour une très grande majorité de Visual Novels. Messieurs les artistes, ajoutez de la vie !

Musicalement aussi c’est une réussite. Là encore, on retrouve un artiste qui avait fait des prouesses sur le précédent jeu, puisque c’est toujours Takeshi Abo qui s’occupe des thèmes. On remarquera que certains morceaux ont fait le voyage depuis le premier soft jusqu’à ce Steins;Gate 0, ce qui ne surprend pas tant elles gardent cet impact qu’on leur connaît en soulignant bien les émotions recherchées. On n’appuiera jamais assez sur l’importance capitale des musiques dans un Visual Novel, et ici la qualité est largement au rendez-vous.

Durée de vie : 5/5

image nitroplus steins gate 0

Comptez trente heures pour un premier run. Oui, c’est énorme, mais ce n’est pas fini : la chasse aux fins alternatives peut alors commencer. Elles sont au nombre de six et, croyez-nous, le récit de Steins;Gate 0 est tellement bouleversant que l’on ne peut pas sciemment décider de passer à côté d’une seule d’entre elles. On fait donc face à un Visual Novel de grande qualité, et plus que satisfaisant dans la matière scénaristique qu’il propose…

Note finale : 18/20

Les fans du premier jeu le savaient très bien, tout portait à croire que Steins;Gate 0 allait s’avérer un grand Visual Novel. Nitroplus tient la route et ne déçoit pas, mieux le studio et ses artistes rendent une copie en tous points supérieure à la précédente, qui était déjà d’une qualité indiscutable. Seule l’absence d’une traduction française peut faire tiquer encore une fois, mais c’est tellement une habitude pour le genre qu’on ne s’en surprend plus du tout. On s’y fait même, et certaines tournures de phrases peuvent même faire penser que l’anglais est aussi une bonne chose. Avec son scénario parfaitement écrit, qui ne choisit pas la facilité en partant de la possibilité la plus sombre qu’il existait pour cette suite, le jeu nous donne à sourire, à penser, et même à s’émouvoir presque jusqu’aux larmes. C’est bien simple, s’il ne fallait citer qu’un seul Visual Novel, ce serait le duo formé par Steins;Gate 0 et sa première itération.

9/10

Réactions (11)

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  11. Je dois être un des seuls à avoir préféré “Root Letter” à “Stein’s Gate;0” . Je ne compe plus le nombre de fois où je me suis endormi devant l’écran, manette en main…. Le premier comportait un élément “guide touristique” qui m’avait intéressé: découverte d’une région réelle du Japon. En outre, l’intrigue avait su m’accrocher, et le gameplay minimaliste tenait à peu près la route (d’ailleurs, Root Letter 2 sort cette année -2018- et je compte me le prendre)
    Pour Stein’s Gate, j’ai toujours eu du mal à rentrer complètement dedans, et je ne l’ai d’ailleurs pas encore terminé. Il paraît pourtant que c’est le meilleur “roman visuel” à ce jour ….. Les personnages “kawaï” , bébés insupportables, les dialogues à rallonge avec des événements absolument pas intéressants (“Christmas Party” ….) alors que le fond du scénario est vraiment bien. Il eût été possible d’en tirer un meilleur jeu en amincissant le récit et en se concentrant sur le coeur de l’intrigue. Là j’ai eu l’impression de lire un “visual novel” destiné … à ceux qui n’aiment pas lire. Vraiment pas ma tasse de thé.
    Je dois dire que ta critique de The Silver Case (celui sorti en 2017 en France, pas le tout dernier) m’a donné envie de le faire. Le type de dessins, l’ambiance, les musiques, le récit … ça donne envie, même si la conception semble complètement datée.

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