[Test – Blu-Ray] Passengers — Morten Tyldum

Image : 4/5

Passengers a été tourné en numérique (Arri Alexa 65) et c’est un très beau master que Sony nous offre. La définition est au top et ne faiblit pas lors des scènes sous-exposées ou dans l’espace. La couleur et les contrastes sont quant à eux respectés, et la profondeur de champ est très bonne. Le format 2.35:1 permet autant de profiter des passages intimistes avec les comédiens que des scènes à grand spectacle. Quelques mini-saccades peuvent être remarquées, sans que cela soit trop gênant. Le débit moyen image est bon : 28,6 MBPS.

Son : 4/5

La piste VOST est en Auro-3D compatible DTS-HD Master Audio 5.1. Une piste magnifique, bien répartie et puissante. Le mixage sonore est excellent : les dialogues sont clairs, les effets et la musique passent par les enceintes latérales et arrières. Les basses sont bien utilisées et puissantes. Le débit moyen son est très bon : 3,5 MBPS, avec de belles montées jusqu’à 5 MBPS. La piste VF, en DTS-HD Master Audio 5.1, est aussi bien répartie que sa consœur VO, mais légèrement moins puissante. De plus, le volume du doublage français est légèrement plus haut que les dialogues originaux. Le débit moyen de la piste VF est correct : 2,1 MBPS.

Bonus : 3/5

  • 8 scènes coupées (HD – 9’49 » – VOST)
  • Le casting de Passengers (HD – 10’39 » – VOST)
  • Effets spéciaux de Passengers (HD – 7’26 » – VOST)
  • Sur le plateau avec Chris Pratt (HD – 4’19 » – VOST)
  • Créer Avalon (HD – 9’35 » – VOST)
  • Bêtisier (HD – 4’23 » – VOST)
  • Extraits avec le livre (4 vidéos – HD – 4’40 » – VOST)

Nous commençons les bonus par les scènes coupées, au nombre de huit. Dans la première, Chris Pratt, demande à Arthur de lui servir un nouveau cocktail au bar à chaque fois qu’il viendra. Puis, quelques mois plus tard, il joue avec des robots ramasseurs et revient chez Arthur, qui lui annonce qu’il n’y a plus de nouveaux cocktails. Cette scène sert surtout à montrer que Jim n’a plus rien de nouveau à faire sur Avalon et qu’il atteint son point de rupture. Cette scène aurait mérité d’être dans le montage final.

Dans la seconde, nous voyons Jim dans un automaton en train de se faire prendre en photo alors qu’il est bien éméché. Dans la troisième, Aurora demande s’il n’y a vraiment rien à faire pour construire un pod de sommeil. Jim répond par la négative, puis les deux partent manger des tacos, et l’on en apprend alors plus sur le passé de des deux personnages. Puis Jim présente Aurora à Arthur. Dommage aussi que cette scène ne soit pas dans le montage final, car elle permettait de développer les protagnistes. La quatrième scène montre Aurora et Jim prendre des photos à l’automaton. Dans la cinquième, Aurora découvre les photos que Jim avait prises dans l’automaton de la seconde scène coupée. Dans la sixième, Aurora appelle Jim (par une sorte de Skype), elle a pas mal bu et s’en prend à lui. Dans la septième, le chef Mancuso se rend au bar avec Jim et Aurora. Celui-ci raconte son passé. Encore une fois, la scène aurait méritée d’être intégrée au montage final. Dans la dernière scène, le chef Mancuso commence les réparations du vaisseau avec Jim et Aurora.

Le casting de Passengers est un bonus de dix minutes, dans lequel les acteurs parlent de leurs personnages et de ce qui les a motivés à faire le film. Un petit module sympathique, qui nous permet de découvrir la vision du film et des personnages par les acteurs. Effets spéciaux de Passengers est un bonus de sept minutes sur les effets visuels, et plus particulièrement la création des différentes façons de représenter l’apesanteur. Un bonus sympathique pour tous ceux qui s’intéressent à la dimension technique du cinéma. Sur le plateau avec Chris Pratt est un module de quatre minutes qui montre, au travers d’extraits de tournage et d’interviews des autres acteurs, l’ambiance sur le plateau avec l’acteur. Un bonus dont le seul intérêt est de faire sourire et montrer le « vrai » Chris Pratt.

Créer Avalon est un bonus de 9 minutes qui revient sur la création des décors du film. Un document intéressant, qui permet de découvrir les inspirations du chef décorateur du film. Le bêtisier de 4 minutes est divertissant. Enfin Extraits avec le livre est un ensemble de quatre vidéos promotionnelles de la compagnie Homestead pour le voyage interstellaire. Au final, il est dommage que nous n’ayons pas de vrai making-of du film, malgré des suppléments assez sympathiques dans l’ensemble.

Synopsis

Alors que 5000 passagers endormis pour longtemps voyagent dans l’espace vers une nouvelle planète, deux d’entre eux sont accidentellement tirés de leur sommeil artificiel 90 ans trop tôt. Jim et Aurora doivent désormais accepter l’idée de passer le reste de leur existence à bord du vaisseau spatial. Alors qu’ils éprouvent peu à peu une indéniable attirance, ils découvrent que le vaisseau court un grave danger. La vie des milliers de passagers endormis est entre leurs mains…

Le film

Deux ans après Imitation Game, le réalisateur norvégien Morten Tyldum revient avec un film de science-fiction original avec un casting cinq étoiles. Mais cela est- il suffisant ?

Passengers raconte l’histoire de Jim Preston, un mécanicien en hibernation dans le vaisseau Avalon faisant route vers une planète à coloniser, qui se réveille 90 ans trop tôt après une mal-fonction de sa capsule. Il découvre qu’il est le seul passager, sur 5000, à s’être réveillé. Il va d’abord en profiter pour s’amuser, avant de comprendre que son destin est scellé. La solitude pesant, il va s’attacher, via des vidéos, à une autre passagère, qu’il décide de réveiller.

image martin sheen passengers

Il y a des films qui ne savent pas trop sur quel pied danser, et passent d’un genre à l’autre tout du long. C’est le cas de Passengers, qui, d’oeuvre de pure science-fiction, s’oriente finalement vers la romance. Les deux premières parties se concentrent sur le réveil de Jim et sa vie à bord de l’Avalon seul. Si le personnage est bien introduit, la construction de sa psychologie l’est moins. Son année passée seul est expédiée, tandis que l’évolution psychologique du personnage, et surtout sa solitude, sont extrêmement mal amenées. Le résultat est que lorsqu’il se décide à réveiller Aurora au début de la troisième partie, le personnage perd de l’intérêt. De plus, la romance entre les deux personnages principaux est elle aussi mal fignolée.

Après la révélation centrale, le film retourne vers une dimension SF plutôt basique dans ses quatrième et cinquième parties. Et c’est là tout le problème : le scénario et le montage. Le scénario n’apporte pas seulement une construction linéaire, il est surtout assez mal écrit. Le montage aurait pu sauver la mise, car l’histoire telle quelle a été conçue aurait grandement gagné à commencer par le réveil d’Aurora, et non celui de Jim. Cela aurait donné un autre point de vue au film,  et aurait également dynamisé l’ensemble. Or, le montage final s’avère plat et prévisible et comporte des longueurs. C’est bien dommage.

Il n’empêche que le film comporte malgré tout quelques atouts non négligeables, à commencer par une excellente direction artistique, très kubrickienne. Les intérieurs du vaisseau Avalon rappelleront bien entendu 2001: L’odyssée de l’espace, tandis que le bar évoquera celui de Shining. Autre bon point, les effets spéciaux sont de qualité. Les scènes dans l’espace sont ainsi saisissantes. On retiendra surtout la séquence de la piscine en apesanteur. La réalisation de Morten Tyldum, en général, se révèle plutôt académique, mais n’en est pas moins relevée de quelques scènes magnifiques. La musique de l’excellent Thomas Newman (Wall-E, Skyfall, Spectre, Les évadés…) s’avère quant à elle assez sympathique. Elle sait se faire discrète la plupart du temps, tout en soulignant avec à propos les émotions des personnages. Un bon travail de composition pour ce genre de films, en somme.

image jennifer lawrence passengers

Concernant les acteurs, Chris Pratt (Les gardiens de la galaxie Vol. 2, Les sept mercenaires), qui passe les deux premières parties du film seul, s’en sort plutôt bien, dans un rôle qui lui permet de changer un peu de registre. On est ainsi bien loin de ses performances amusantes dans Les Gardiens de la Galaxie ou Jurassic World. Le voir dépressif, dans une situation pas franchement rassurante, donne une nouvelle facette intéressante à son jeu d’acteur, et laisse augurer de possibilités de registres plus larges par la suite. Jennifer Lawrence (Winter Bones, X-Men : Apocalypse), qui retrouve ici au contraire un registre assez proche de certains de ses rôles précédents, s’en sort aussi de manière honorable, même si elle est loin de livrer ici une performance du calibre de Joy ou Happiness Therapy. Ce duo, qui livre, de manière indépendante, une prestation honnête à défaut d’être véritablement transcendante, est surtout sauvé par l’alchimie, assez évidente, entre les deux acteurs, et sans laquelle le film aurait sombré. Côté casting cependant, c’est sans conteste Michael Sheen (Masters of Sex) qui décroche la palme de la meilleure performance, dans le rôle de l’androïde barman Arthur. Une prestation plaisante, qui valent de plus à l’acteur les meilleures répliques du film. Laurence Fishburne (Matrix, John Wick 2, Contagion…)apporte comme à son habitude une présence solide, bien que son temps à l’écran soit en réalité très court.

Passengers est donc un peu un cas d’école pour ce genre de films grand public, qui aurait pu être considérablement meilleur grâce à un montage différent. Le film tel quel se révèle cependant agréable à regarder, en dépit de quelques longueurs. Le mérite en revient à l’alchimie de ses acteurs, une très belle direction artistique et d’excellents effets spéciaux.

Guillaume Creis

Guillaume Creis

Adore le cinéma en général , que ce soit lesgros blockbusters ou les plus petits films .les séries TVet les jeux vidéo.
Guillaume Creis

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