[Test – Playstation 4] Farpoint : Starship Troopers comme si vous y étiez

image playstation vr farpointCaractéristiques

  • Test effectué sur : Playstation 4
  • Genre : FPS, Réalité virtuelle
  • Distributeur : Sony Interactive Entertainment
  • Développeur : Impulse Gear
  • Sortie : 17 mai 2017

Test

Si le phénomène de la réalité virtuelle a peut-être un peu moins retenti que ce que nous prévoyions, il est tout de même incontestable qu’il a convaincu assez de joueurs pour être perçu comme autre chose qu’un simple gadget de plus. Le Playstation VR désormais plutôt bien installé, Sony annonçait récemment que le casque a dépassé le millions d’exemplaires vendus, il fallait encore un jeu qui puisse s’adresser aux core gamers, ces joueurs qui ne se contentent pas de petites expériences limitées en terme de durée de vie et de gameplay. C’est pour cela que la sortie de Farpoint était particulièrement épiée, lui que nous avions déjà croisé pour une preview plutôt enjouée. Alors, qu’en est-il du premier jeu signé par le studio Impulse Gear ?

Histoire : 3/5

image preview farpoint

Si le scénario ne casse pas des briques en terme de profondeur et de background, précisons que Farpoint fait le boulot côté récit. Alors que notre avatar est en pleine mission spatial de la plus haute importance, la vie de deux camarades en dépend, voilà qu’une mystérieuse apparition luminescente nous projette jusque sur une planète. Après un réveil pas vraiment en douceur, nous voilà à la recherche de nos collègues, et en route on se rendra vite compte que les lieux sont habités de monstrueux arachnides…

Si la lecture de ces quelques lignes vous rappellent un peu l’immense Starship Troopers de Paul Verhoeven, rassurez-vous : c’est tout à fait normal. Le studio Impulse Gear ne peut pas cacher l’impact qu’a eu ce classique de la science fiction sur l’univers que le jeu peint. Le cheminement scénaristique de Farpoint épouse celui du gameplay : il avance rapidement, sans en faire des caisses, et ce jusqu’à une fin qui, malheureusement, manque un peu d’impact. On aurait aussi apprécié plus de détails sur cette planète que l’on arpente, et une narration moins classique, mais en l’état on fait face à une histoire plutôt bien menée.

Gameplay : 3/5

image hands on farpoint

Précisons ici que, pour ce test de Farpoint, nous n’avons pas eu accès à l’Aim Controler, nous nous appuyons donc sur de longues sessions effectuées en amont. On se trouve face à un FPS des familles, tout ce qu’il y a de plus classique : on avance, on recule, on balance la purée de plomb mais aussi des grenades, on recharge, bref rien de très révolutionnaire, loin de là. Toute la différence se joue évidemment dans les sensations qu’apportent le Playstation VR, et elles sont pour le moins marquantes.

Une fois le casque bien vissé sur la tête, Farpoint apparait comme une évidence, en tout cas si vous êtes équipés d’un Aim Controler (lequel est vendu dans un pack comprenant le jeu ici testé). Tout se passe entre notre perception et l’interactivité liée à l’engin qui, derrière des apparences peu attirantes, sui donne l’impression d’un jouet en plastique, dévoile une très bonne ergonomie. On trouve tout de suite nos marques, et l’on adore viser (on s’y croit vraiment !), ou encore changer d’arme à l’aide d’un mouvement par-dessus l’épaule (on passe d’un fusil laser à un bon gros shotgun, en passant par un lance missile). Par contre, on ne peut pas répéter ce constat pour la maniabilité à la Dual Shock 4. Avec sa fonction gyroscopique incertaine, la manette ne sort pas grandie de cette expérience, et l’on ira même jusqu’à écrire que le jeu s’en trouve bafoué s’il est parcouru au pad.

Il manque peut-être une ou deux idées originales à Farpoint afin d’atteindre des sommets plus qualitatifs, mais en l’état on apprécie tout de même le gameplay. D’autant qu’il est bien mis en valeur par les combats contre les arachnides, dont la dizaine d’espèces offrent assez de patterns pour que le joueur doivent s’adapter. Enfin, impossible de ne pas aborder le point que l’on attend tous quand on aborde un soft destiné au Playstation VR : le motion sickness, ou mal des transports en français. Le soft fait-il mal au crâne, ou au ventre ? Si les premiers instant déroutent le cerveau, créant un déséquilibre prononcé, il faut souligner qu’Impulse Gear a bien compris qu’il faut proposer des déplacements qui soient bien stables, et une vitesse pas trop exacerbée. De sorte, pas de maux de ventre à noter, même si nous conseillons des sessions courtes, afin de ne pas tenter le diable. Aussi, vous vous rendrez vite compte rapidement que jouer debout est primordial pour bien profiter du trip.

Technique et ambiance sonore : 4/5

image test farpoint

Voilà certainement la plus belle surprise que réserve Farpoint : le jeu ne se contente pas de ne pas être moche, il est carrément très agréable dans l’ensemble. Comme on l’a souligné plus haut, la direction artistique plaira aux amateurs de science fiction. On regrette que les décors ne se renouvellent pas un peu plus, mais c’est bien la seule retenue. Le test a été effectué sur une Playstation 4 standard, et même avec ce matériel, un peu handicapant pour la réalité virtuelle il faut bien en convenir, on se rend compte du soin avec lequel Impulse Gear a traité la technique de son jeu. Lumière bien maîtrisée, couleurs qui jouent à fond sur les contrastes, animations soignées, on remarque bien quelques fonds un peu flous mais cela passe comme une lettre à la poste.

L’ambiance sonore est aussi une bien belle satisfaction, et le casque sera mis à rude épreuve tant l’importance de la spatialisation est importante. Chaque bruitage est épié par le joueur, les sons que produisent les armes ont ce charme typique de la science fiction moderne, et les arachnides ne sont pas en reste… La bande originale de Farpoint est signée par Stephen Cox, qui a beaucoup travaillé pour des chaînes de télévision (on entend ses travaux sur Discory Channel, CBS Sport). On apprécie sa propension à accompagner l’action, et non l’ensevelir sous un tas d’effets, laissant ainsi le joueur « en contact » avec ce qu’il a sous les yeux. Enfin, précisons que le jeu est localisé en français, et que la qualité du doublage est incontestable.

Durée de vie : 3/5

image jeu farpoint

Farpoint se divise en cinq chapitres, et il vous faudra entre 5 et 6 heures de jeux pour les retourner. C’est peu, même si la possibilité de rejouer l’aventure en coopération  n’est pas à prendre à la légère. À cela, on ajoute un mode Défi particulièrement bien conçu, qui nous propose une sorte de course contre la montre, avec des checkpoints qui, une fois atteints, rajoutent du temps au compteur. Aussi, le mode coop est bien fun, avec un concept clair et efficace : une arène, des arachnides, des armes, et à vous de combattre jusqu’au bout.

Note finale : 13/20

Avec Farpoint, on trouve certainement l’un des jeux phares du Playstation VR, et une preuve que les jeux core gamers peuvent avoir un avenir avec cette technologie. Alors certes, il ne faut pas attendre une révolution de gameplay : ce sont les sensations qui font passer le titre dans une autre galaxie. Plusieurs fois, on s’est pris à carrément s’y croire, totalement happé dans cette réalité virtuelle qui nous transporte en plein Starship Troopers. S’il manque encore une certaine ampleur, peut-être plus d’environnements et un brin de folie (plus de boss aussi), on peut tout de même féliciter Impulse Gear pour avoir posé les premières pierres d’une recette qui, on l’espère, sera approfondie dans les années à venir.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
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