[Critique] Le Manoir : Les youtubeurs font leur cinéma

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Tony Datis
  • Avec : Kemar, Natoo, Yvick Letexier, Ludovik, Vanessa Guide, Jérôme Niel, Vincent Tirel et Delphine Baril.
  • Distributeur : Gaumont Distribution
  • Genre : Comédie horrifique
  • Nationalité : Français
  • Durée : 100 minutes
  • Date de sortie : 21 juin 2017

Critique

Être youtubeur et faire du cinéma est-il compatible ? Voici la question que l’on est en droit de se poser ces dernières années. Norman s’est cassé les dents avec Pas très normales activités (tout juste 150 000 entrées en 2013) alors que le Palmashow a réussi son pari avec La Folle histoire de Max et Léon, sorti l’été dernier, avec un peu plus de 1 200 000 spectateurs. Cette fois, c’est au tour de Kemar, Natoo, Ludovik, Mister V et leur bande de faire leur arrivée sur le grand écran. Sur un scénario co-écrit par Kemar et réalisé par Tony Datis (qui signe ici son premier film), Le Manoir est une comédie horrifique qui reprend tous les codes du films d’horreur afin de les détourner. Alors, les youtubeurs vont-ils nous faire mourir de rire ?

Le Manoir raconte l’histoire d’une bande d’amis qui, pour fêter le nouvel an ensemble, loue un manoir isolé du monde avec une forêt  peu accueillante en guise de voisine. Alors que tout le monde s’amuse, d’étranges événements perturbent l’ambiance avant que la fête ne tourne au cauchemar.

image tony datis le manoir

Si la construction du scénario est typique d’un film d’horreur, Kemar et les autres scénaristes ont réussi à mélanger parfaitement comédie et dimension horrifique. Sur ce dernier point, on trouvera surtout des références aux films des années 2000 (ce qui semble logique d’un point de vue générationnel, mais aussi parce-que le thème de soirée du nouvel an correspond à cette décennie). Tout y passe, y compris les slashers des années 90 tels que Scream et Souviens-toi l’été dernier. Au final, il y a une bonne dose d’hémoglobine. Certes, le tout est désamorcé avec humour, mais le film surprend car il tient plutôt bien la route scénaristiquement, avec quelques bons rebondissements. Autre élément typique piqué aux films d’horreur : les personnages. Tous correspondent à un stéréotype connu. Entre la blonde qui organise tout mais est un peu idiote, le jeune homme timide, les ex dont l’un est encore amoureux de l’autre, la timide ou encore celui qui fume de l’herbe 24/24, tout y passe.

Tout cela pour nous amuser et de ce côté-là, au-delà des situations — la scène dans la forêt avec le sanglier est à mourir de rire — et les dialogues plein de références aux années 2000 (ahhh ce caméo !), le job est rempli. Les jeunes acteurs apportent chacun un type d’humour différent, qui s’accordent bien ensemble. On sent que cette bande d’amis dans la vraie vie à pris du plaisir à faire ce film. On aurait aussi pu penser qu’un acteur aurait prit le pas sur l’autre mais non, tout est harmonieux, et chacun a droit à ses moments-clés au sein du film. Un atout qui fait que l’on s’attache à cette bande de personnages. A noter que le film ne s’adresse pas qu’aux enfants, adolescents ou encore jeunes adultes, comme on pourrait le croire : chacun pourra y trouver son compte, parents comme enfants.

image natoo kemar le manoir

Le film ne serait pas une telle réussite si  le réalisateur ne s’était pas montré à la hauteur. Sur ce point, Tony Datis fait du bon travail. Même s’il s’agit de son premier film, le monsieur vient du clip et a travaillé avec Katy Perry ou encore Skrillex (excusez du peu) et il arrive à insuffler une atmosphère de film d’horreur à cette comédie. Même si l’ont pourra regretter qu’il ne donne pas autant de personnalité au manoir qu’à la forêt, sa réalisation stylisée est une réussite dont certaines comédies françaises devraient s’inspirer. Il y a quelques plans qui méritent le détour — notamment dans la forêt. On retiendra aussi parmi les bons points le rythme du film. Si les gags s’enchaînent, ce n’est jamais au détriment de l’intrigue. Du coup, pas le temps de s’ennuyer durant 1h40.

En ce qui concerne les acteurs, Kemar fait le minimum, mais cela passe. Déception en revanche du côté de Natoo, qui surjoue la plupart du temps. Pour le reste, Ludovik est excellent dans le rôle d’un puceau qui doit se prendre en main,  tandis que Jérome Niel s’en tire plutôt bien dans le rôle d’un ex jaloux de son ex-copine. Mister V est quant à lui hilarant dans le rôle d’un jeune acteur possédant un énorme avantage ; il s’approprie d’ailleurs certaines des meilleures répliques. Vanessa Guide surjoue aussi quelque peu, mais s’en tire quand même honorablement. Delphine Baril est parfaite dans le rôle d’une apprentie policière et, malgré son peu de temps à l’écran, Baptiste Lorber nous régale. Enfin, les deux excellentes surprises du film sont Vincent Tirel, qui interprète parfaitement un Drazic tout le temps sous stupéfiants à hurler de rire, et Lila Lacombe, qui interprète une jeune fille timide ne manquant pas de ressources. Celle-ci offre au film sa meilleure scène — toujours le sanglier.

Le Manoir est donc une petite réussite, un film de potes dont l’humour et la cohésion traverse l’écran pour nous faire rire et passer un agréable moment.

Guillaume Creis

Guillaume Creis

Adore le cinéma en général , que ce soit lesgros blockbusters ou les plus petits films .les séries TVet les jeux vidéo.
Guillaume Creis

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