[Test – Playstation 4] Aerea : un jeu qui évite les fausses notes ?

Caractéristiques

    • Playstation 4
    • Ordinateur/PC
    • Xbox One
  • Développeur : Soedesco
  • Editeur : Soedesco
  • Date de sortie : 30 juin 2017
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Introduction

Musique et jeu vidéo, un couple qui dure depuis (presque) toujours, et qui se prolongera éternellement. Si l’on excepte les arrières grands parents de ce divertissement, comme Tennis For Two, bruitages et compositions ont toujours accompagnés l’action. Puis, au fil du temps, les artistes du développement ont même fait de l’ambiance sonore une véritable feature de gameplay, voire même un genre à part entière. On ne compte plus les jeux de rythme, mais aussi les softs qui doivent tout à la mélodie, comme le pas très folichon Eternal Sonata, RPG japonais qui nous faisait croiser le chemin de Chopin. Aujourd’hui, c’est plutôt du côté de l’Action-RPG que l’on se dirige, avec AereA et son univers musical prépotent.

Histoire : 2/5

image test aerea
© Soedesco

 

Ce n’est pas tant le scénario en lui-même qui peut décevoir, mais plutôt son manque d’audace, et d’ampleur. AereA nous fait incarner un héros (au choix parmi quatre proposés, comme autant de classes), et l’histoire prend place dans le Conservatoire d’Aezir. Là, vous êtes sous la férule du Maestro Guido, un peu occupé ces derniers temps. Alors que votre avatar crapahute dans les égouts de l’endroit, en compagnie de notre ami perroquet, il se rend compte que des monstres rôdent dans les parages, ce qui est plutôt alarmant. Ni une, ni deux, nous voilà embarqués dans une quête pour rassembler les neufs instruments primordiaux, afin de sauver le lieu de l’infâme invasion.

Sorti de ce contexte, AereA ne propose plus grand chose en terme d’avancées scénaristiques. La narration, classique au possible, et surtout un peu plate, ne parvient pas à réellement transcender le propos, ni même lui trouver un supplément d’âme. On suit le cheminement sans trop de mal, le récit n’est pas spécialement mauvais, mais sans passion non plus. Il manque au jeu une dose de relief, quelque chose qui pourrait le faire décoller. Et ce n’est pas sa conclusion, sans surprises, qui changera quelque chose à ce constat…

Gameplay : 3/5

image gameplay aerea
© Soedesco

Si l’histoire d’AereA manque d’une idée pour lui donner des contours plus satisfaisants, son gameplay n’a pas ce souci. Mais débutons par le commencement : le système. Aucun doute, on est en plein dans un Action-RPG : on frappe, on gagne de l’expérience, puis des niveaux, ce qui permet d’améliorer les statistiques. Petite sucrerie, il existe deux barres d’XP : celle du personnage, mais aussi de l’arme, un peu « à la Secret Of Mana » (dans les grandes lignes, n’allons pas trop loin). Pour tailler du monstre, on prend la direction des différents donjons, et on découvre un système de combat simplissime : on élimine des belligérants, avant de pousser un levier ou de s’enfoncer dans un cul-de-sac. En terme d’exploration, et d’appel de l’aventure, on a connu plus ébouriffant.

Le concept en lui-même est clairement pensé pour être simple d’accès. Car voilà l’idée directrice d’AereA : être accessible au plus grand nombre, en proposant un challenge réduit mais un gameplay plutôt carré. Les grands amateurs de jeux à difficulté « darksoulienne » en seront pour leurs frais, c’est une évidence, mais Soedesco ne s’adresse pas à eux dans ce cas précis. Plus dommageable, on a rencontré quelques soucis de visée avec les armes à distance. Et il manque l’aspect gestion d’équipement, passé à la trappe. De vrais regrets, que le fun du mode multijoueur permet d’oublier un temps. On ne s’en relèvera pas la nuit, mais on s’en contente.

Technique et ambiance sonore : 3/5

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© Soedesco

On n’attendait pas le top du top, la grosse claque visuelle… et on a tout de même été surpris. AereA n’est pas de la plus grande finesse, certaines textures font vraiment datées, et on a croisé quelques bugs de collision, voire même d’affichage. Mais sa direction artistique réussit à faire passer un cap au rendu visuel, aussi bien grâce au character-design mignon (même si les anti-mèches folles vont criser) qu’aux couleurs choisies avec réussite.

Vous l’aurez compris, la musique d’AereA joue un grand rôle dans le jeu, du moins dans l’accompagnement. Il ne faut pas d’idées, de la part du soft, pour pousser les partitions au-delà de simple écoute, mais on a tout de même droit à un bon travail de composition. Le résultat est signé Deon van Heerden (Broforce), qui vogue ici en plein univers classique. On apprécie les changements de rythme, parfois osés pour qui tendra l’oreille. Par contre, les bruitages n’ont pas fait l’objet d’un tel effort, et sans être désagréables ils dénotent tout de même.

Durée de vie : 3/5

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© Soedesco

Malgré la grande facilité du jeu, sciemment élaborée comme telle, AereA propose une aventure longue de 7 heures. Un contenu plutôt conséquent, donc, auquel vient s’ajouter un mode multijoueur (local, et c’est une bonne nouvelle) que l’on conseille, tant le soft semble s’y exprimer à sa juste valeur.

Note finale : 11/20

AereA est ce genre de jeu qu’on sort quand le petit cousin est dans les parages, et qu’il n’a pas encore l’âge de se faire exploser dans une bonne vieille partie de Guilty Gear Xrd Revelator 2. On branche la deuxième manette, et on peut être assuré que le bambin passera plutôt un bon moment. En solo, soyons clairs : le jeu n’a pas d’intérêt si vous êtes en recherche d’un quelconque challenge. Par contre, si votre envie est de vous organiser une petite pause, au calme, cela peut fonctionner, malgré quelques défauts pouvant s’avérer rédhibitoires. Au final, Aerea s’avère être un jeu pour enfants, ou grands enfants pas trop exigeants, donc.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
5/10

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