[Test – Playstation 4] Mega Man Legacy Collection 2 : pour rager de plaisir

Caractéristiques

    • Playstation 4
    • Ordinateur/PC
    • Xbox One
  • Développeur : Digital Eclipse
  • Editeur : Capcom
  • Date de sortie : 8 août 2017
  • Acheter : Cliquez ici

Introduction

image test mega man legacy collection 2
©Capcom

Autant l’écrire de suite : on s’attaque là à un gros morceau, important pour la culture jeu vidéo, et l’une des licences les plus prestigieuses de l’éditeur Capcom. Faisant suite à une première collection regroupant les opus sortis sur Nintendo, Mega Man Legacy Collection 2 se charge de réunir les quatre derniers épisodes canoniques de l’iconique série. Ainsi, sont au rendez-vous : Mega Man 7, 8, 9 et 10, sortis respectivement sur Super Nintendo, Playsation (et Saturn), et les consoles de la génération précédente (Playstation 3, Xbox 360 et Wii). Du rétrogaming, très clairement, mais aussi l’occasion de se frotter à des épisodes peut-être moins en vue que les itérations les plus cultes, mais tout de même très qualitatives. Sortez les anti-stress, empruntez le hand spinner de votre neveu, et c’est parti pour un trip que l’on qualifiera d’exigeant.

Histoire : 3/5

image ps4 mega man legacy collection 2
©Capcom

L’histoire des jeux présents dans Mega Man Legacy Collection 2 est plus poussée que dans les précédents, sans non plus se faire plus présente qu’il ne le faut. Si Mega Man 7 est encore assez basique à ce niveau, encore que le jeu ose une introduction sous forme de niveau plutôt bien vue, c’est l’arrivée de la licence sur consoles 32 bits, et support CD, qui va réellement changer la donne. Mega Man 8 propose carrément des cinématiques en formes de dessins animés, qui nous racontent comment le Docteur Willy, éternel antagoniste de notre avatar bleu, va avoir recours à une énergie extraterrestre pour mener ses plans machiavéliques. Ces séquences sont plutôt réussies, courtes mais assez funs pour nous entraîner. Mega Man 9 et 10 reviennent à une narration beaucoup plus épurée, motivée par le trip rétro plus proche de la Nintendo que des générations de consoles plus récentes. On retrouve beaucoup de simplicité, voire même une histoire en retrait.

Gameplay : 4/5

image jeu mega man legacy collection 2
©Capcom

Mega Man Legacy Collection 2 a cela d’intéressant qu’il propose des expériences de gameplay bien différentes. Élément rigolo, les deux softs les plus anciens sont aussi ceux qui tentent d’un peu dynamiser la formule de la licence. Rappelons que celle-ci se démarque des jeux de plateformes grâce à plusieurs spécificités, notamment une action très marquée et des niveaux qui ne s’imposent pas mais se sélectionnent, par le joueur lui-même et dans le but de trouver le meilleur cheminement possible. En effet, se défaire d’un boss (aussi appelé Robot Master) fait gagner une arme à Mega Man, laquelle représente un point faible pour l’un des autres vilains. Un système rodé, qui a fait ses preuves depuis bien des années, et qui n’a pas pris une ride fondamentalement.

Si Mega Man 7 se repose surtout sur des mécaniques issues des précédents jeux, comme l’aide précieuse du chien-robot Rush, ou les glissades toujours aussi classes, c’est surtout la huitième itération qui marque une certaine évolution. On a droit à des mini-jeux au sein des niveaux, comme un passage très shoot’em up, mais surtout on pourra dorénavant utiliser le mega-buster en même temps qu’une arme d’un boss. Aussi, les fameux boulons sont désormais à trouver directement dans les niveaux, et ils donnent accès à des améliorations plus franches que par le passé. Enfin, on se doit aussi de signaler des passages sous l’eau, ce qui donne l’occasion à notre avatar de prouver que oui, malgré ses circuits intégrés il sait nager. Quant à Mega Man 9 et 10, ils reviennent à la recette des épisodes sur Nintendo, gardant quelques apports (Rush notamment), et perdant par exemple la glissade ou le tir concentré. Ce retour aux principes de base étant maîtrisé, notre rapport à cette volonté se doit d’être compréhensif, même si cela peut s’avérer un peu abrupt.

Mega Man Legacy Collection 2 est aussi l’occasion de se rappeler à quel point la licence n’a pas usurpé sa réputation. Bon sang, que c’est difficile. Le septième opus est de loin le plus terrible à ce niveau, d’ailleurs il est reconnu comme l’un des jeux les plus difficiles de tous les temps. La huitième itération est plus tendre avec nos nerfs, même si le challenge reste globalement élevé, malgré la facilité du stage de Grenade-Man. Quant aux deux épisodes sortis récemment, ils réussissent à proposer un contenu plus ou moins abordable, et les amateurs de torture pourront débloquer et tenter le mode Hard de Mega Man 10, terriblement dur, tout particulièrement dans les phases de boss. Bonne chose pour cette compilation : un mode Facile a été ajouté, et même si le niveau reste élevé il rend certains passages moins irritants, comme les sauts parfois millimétrés. Enfin, et c’est sans aucun doute l’apport le plus précieux côté gameplay, on a droit à une sauvegarde manuelle, en cours de level. Et vous allez remercier le studio de développement Digital Eclipse pour cet apport, on en est certain.

Technique et ambiance sonore : 3/5

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©Capcom

Le but de Mega Man Legacy Collection 2 est clairement de proposer un trip rétro, donc il ne faut pas s’attendre à des remakes, mais des retranscriptions. Capcom laisse tout de même quelques choix aux joueurs. Celui des bordures, qui pourront être visibles si vous ne jouez pas en mode élargi (dont le rendu, entre nous, n’est pas fameux, trop agressif). Vous pourrez aussi opter pour un filtre plutôt sympa, qui propose un effet proche de ce qu’on avait à l’écran autrefois. En tout cas, on évite le lissage parfois hors de propos de certaines compilations précédemment parues, et c’est une bonne nouvelle.

Côté ambiance sonore, Mega Man Legacy Collection 2 propose exactement les mêmes compositions qu’à l’époque, sans aucune fioriture ni ajout. Si le niveau général nous semble un ou deux niveaux en-dessous des soundtracks génialissimes des épisodes Nintendo, on se doit tout de même de souligner la très bonne tenue des musiques de Mega Man 9. Notons la possibilité, liée à cette compilation, d’écouter les morceaux en dehors des jeux. Les mélomanes seront ravis.

Durée de vie : 4/5

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©Capcom

Si l’on regrette que le principe même de Mega Man Legacy Collection 2 ne permette pas l’inclusion de titres parfois plus obscurs, on se doit tout de même de constater que faire le tour de l’ensemble du contenu demandera assez de temps pour être satisfait. Outre les jeux en eux-même, qu’il va falloir pratiquer, cravacher nuits et jours pour les maîtriser, on peut compter un mode Défi. Celui-ci aura bien entendu le don de ne pas arranger nos nerfs, avec des épreuves chronométrées qu’un leaderboard vient compléter. Aussi, chaque soft est accompagné d’un intéressant musée, avec tout ce qu’il faut de documentation pour qu’on se rende compte du travail accompli.

Note finale : 14/20

Mega Man Legacy Collection 2 est une belle occasion de découvrir quatre jeux historiquement importants. Si l’on aurait peut-être aimé la présence cachée quelques bonus un peu foufous, on apprécie tout de même le traitement de cette compilation. Pas de filtre lissant, qui en général dénature le jeu d’origine, mais de quoi profiter des softs sur nos écrans tous plats. On salue aussi l’ajout d’une sauvegarde qui rend les titres plus humains, moins cruels, même s’il faut signaler que l’ensemble reste parfois sidérant de difficulté. Un conseil, n’hésitez pas à vous concocter une bonne tisane avant de vous lancer dans cette compilation, et plus particulièrement quand vient le temps de vous mesurer au redoutable Mega Man 7. Au final, si vous aimez le jeu vidéo, voilà un titre qui se trouvera sans mal une place dans votre disque dur.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
7/10

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