article coup de coeur

[Test – Playstation 4] Chaos;Child : le digne successeur de Steins;Gate

Caractéristiques

    • Playstation 4
    • Playstation Vita
  • Développeur : Mages, 5pb
  • Editeur : PQube
  • Date de sortie : 13 octobre 2017
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Introduction

Après avoir plus que ravi les amateurs de visual novels, en distribuant sous nos latitudes l’excellente licence Steins;Gate, PQube continue son énorme travail avec la sortie de Chaos;Child. Vous l’aurez remarqué, les deux titres ont cette particularité syntaxique qui, de base, les rapproche. Puis, en regardant de plus près, on remarque que les mêmes studios, Mages et 5pb, sont aux commandes. Alors, c’est avec un entrain palpable qu’on se dit que l’on va découvrir un nouvel incontournable du genre. Un sentiment qui se vérifie, manette en mains ?

Histoire : 4/5

image jeu chaos child

Chaos;Child nous propose de voyager, direction le Japon. C’est là, à Tokyo, et plus précisément dans l’incontournable arrondissement de Shibuya, que prend naissance l’intrigue du jeu. On incarne le jeune Takuru Miyashiro, étudiant de son état, et dirigeant du club de presse de son école. Et c’est bien naturellement qu’il va s’intéresser de très près à une série de meurtres tous plus étranges les uns que les autres. La mort semble frapper au hasard, comme ce pauvre streamer qui se fait massacrer sous les yeux de son public. Le peuple, lui, est paniqué. Un point commun semble pourtant se dégager : les victimes ont toutes utilisé un outil «nouvelle génération»…

Chaos;Child est un thriller hautement efficace, dans lequel des éléments aux frontières du réel surviennent. Le concept de l’illusion faisant partie du gameplay en lui-même, comme nous le verrons plus bas, il est à signaler que l’on ressent, parfois, une sorte de doute face aux événements. C’est là l’une des grandes réussites du soft, car le joueur vit d’autant plus passionnément ce récit, qu’il est continuellement sur la brèche. Les personnages profitent aussi d’un travail somptueux : notre avatar est fouillé, on découvre fréquemment de petits détails le concernant, ce qui nous rapproche de lui. Quant à son équipe d’apprentis journalistes, si certains sont un peu sous-exploités, globalement on est dans du protagoniste de qualité, attachant.

Il est seulement dommage que Chaos;Child n’ait pas fait le choix de revenir clairement sur les événements précédents, révélés dans Chaos;Head, un soft sorti précédemment. On trouve quelques références directes à cet épisode (on les reconnaît facilement, tant elles sont délivrées avec aplomb), et si la compréhension de l’intrigue n’en prend pas un sérieux coup, on aurait tout de même préféré être au fait, peut-être via une vidéo explicative. Aussi, la localisation en anglais pourra jouer des tours aux non-anglophones, même si les fans de visual novels ont appris, depuis bien longtemps, à se débrouiller dans la langue de Shakespeare. Enfin, signalons que le titre propose plusieurs fins, et qu’une seule se révèle être la bonne. Alors attention, car votre cheminement compte, et c’est un plaisir que de sentir les choix être décisifs.

Gameplay : 4/5

image test chaos child

Qui dit visual novel, dit une certaine passivité du joueur, au profit de la lecture de dialogues, directement à l’écran. C’est un fait entendu, et Chaos;Child n’a nullement l’envie de chambouler cela. Par contre, le joueur est assez mis à l’épreuve pour ne pas que l’expérience tourne au simple livre à peine interactif. À l’occasion de certains passages, Takuru Miyashiro peut laisser vagabonder son imagination, et des illusions pourront nous faire percevoir les situations de différentes manières : positives (associées au bouton L2) et négatives (R2). On se doit, d’ailleurs, de signaler que ces valeurs ne doivent pas être suivies en fonction de leur connotation, car vous vous rendrez compte que de mauvaises pensées peuvent parfois déboucher sur de bonnes solutions.

Chaos;Child propose aussi au joueur de reconstituer le déroulé des crimes. Rien de bien original : il faudra, via un tableau, accrocher divers éléments afin de reconstituer un ordre logique. Et, bien entendu, tout s’éclairera au fur et à mesure de nos découvertes. On l’aura compris, le soft ne vous propulse pas au simple stade de spectateur, mais il garde tout de même assez de distances afin de bien faire sentir que la grande star, c’est le scénario.

Technique et ambiance sonore : 4/5

image ps4 chaos child

Chaos;Child porte clairement la patte visuelle si reconnaissable, qui a fait une grande part du succès de Steins;Gate. Le character design a cela d’impeccable qu’il propose des personnages avant tout dans le ton, au rendu un peu dark, mais sans forcer le trait. On ne se sent pas obligé de ressentir l’anxiété de cet univers par le biais d’artifices, ce qui génère un intérêt primordial du texte dans la construction de l’ambiance. Les artworks, eux, décrivent parfaitement l’action en cours, et s’il manque un peu d’animation, on ne peut que constater qu’ils laissent une image précise des événements en cours. Parfois gore, la violence est assez marquée, et renforce notre rapport au récit. Enfin, la qualité de la définition est heureusement constante, et pas une fois nous n’avons remarqué un dessin plus flou que l’autre.

La musique est importante dans un visual novel, tant elle peut aussi bien donner au jeu une aura, ou le plomber d’airs répétitifs. La bande originale de Chaos;Child est composée par Takeshi Abo, qui a aussi travaillé sur Steins;Gate, d’où quelques sonorités qui peuvent, de manière lointaine, rappeler un style qui nous est familier. Globalement, on remarque que le mystère est le moteur de la plupart des morceaux, lesquels forment une OST que l’on pourrait très bien écouter en-dehors du jeu, tant elle est de qualité. Enfin, le doublage en japonais est un délice pour les esgourdes. C’était une nécessité, car une écrasante majorité du texte est accompagné par la voix des différents acteurs.

Durée de vie : 5/5

image visual novel chaos child

Pour voir l’une des fins de Chaos;Child, il vous faudra une bonne cinquantaine d’heures. C’est déjà assez gigantesque, vous en conviendrez, mais à cela s’ajoute la volonté de découvrir les autres embranchements, les possibilités d’illusions. Si vous êtes du genre complétiste, vous pourrez encore y passer bien du temps…

Note finale : 17/20

Chaos;Child prend bel et bien la même direction qualitative que celle emprunté par Steins;Gate. La paire formée par les studios Mages et 5pb est décidément l’une des sommités du genre si particulier qu’est le visual novel, jeu après jeu ce duo écrit parmi les plus belles pages de ces histoire interactives. Si l’on regrette que la localisation en français n’ait pas été à l’ordre du jour, tout le reste est d’une qualité qui ne souffre d’aucune contestation. Histoire anxiogène, et traitée consciencieusement, musiques admirables, direction artistique succulente, et durée de vie gargantuesque sont au programme. Alors, au pire, armez vous d’un bon dictionnaire, et plongez dans ce Shibuya bien dangereux.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
8/10

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