article coup de coeur

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Ordinateur/PC
    • Xbox One
    • Nintendo Switch
  • Développeur : Omega Force
  • Editeur : Koei Tecmo Europe
  • Date de sortie : 20 mars 2018
  • Acheter : Cliquez ici

Une suite qui bonifie les acquis du premier opus

image koei tecmo europe aot 2
Les Titans sont de retour !

Si le phénomène L’Attaque des Titans est un chouïa retombé, on ne peut nier que l’engouement des fans reste assez puissant pour que Koei Tecmo Europe (Dynasty Warriors 9) et Omega Force (Toukiden 2) se lancent dans la suite du bien bon A.O.T. Wings Of Freedom. Une réussite qui nous avait étonné à l’époque, tant les bonnes adaptations vidéoludiques ne sont plus trop monnaie courante, malgré quelques rares exceptions. Cette suite , sobrement intitulée A.O.T 2, fait-elle partie de ces dernières ? Le suspens était entier, car on pouvait craindre une redite un peu fainéante dans le concept. Rassurez-vous : il n’en est rien.

Avec A.O.T. 2, ce sont les deux premières saisons du dessin animé qui sont couvertes. Rappelons que le scénario nous propulse dans un monde apocalyptique, en proie à une menace pour le moins mortelle. Voilà cent ans, les premiers Titans sont apparus de nulle part, dévorant le moindre malheureux qui leur passait sous le pif. C’est une humanité au bord du gouffre qui a réagi : elle s’est barricadée derrière un système de murs concentrique, hauts d’une cinquantaine de mètres. Cela, associé à la création d’une armée parfaitement organisée (garnison, bataillon d’exploration et brigades spéciales), a permis aux survivants de vivre un centenaire dans une situation certes précaire mais tout de même acceptable. Mais le drame survint tout de même : un Titan colossal est apparu, créant une brèche dans le mur Maria, ce qui créé une invasion catastrophique…

Un nouveau personnage pour éviter la redite

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On retrouve le cheminement de la série.

Que ceux qui ont poncé le premier soft se rassure : avec A.O.T. 2, on survole clairement la première saison de l’animé, avec un point de vue qui nous évite toute sensation de déjà-vu. En effet, on incarne un soldat du Bataillon d’Exploration, mais dont l’identité (nom, sexe, apparence) est à la charge du joueur. La narration se fait par plusieurs biais. Tout d’abord, le carnet de route, qui nous présente une foule d’éléments en détails. Il deviendra votre meilleur ami, lors des phases de repos. Les cinématiques bien entendu, toujours au rendez-vous. Elles gagnent en punch à l’occasion de cette suite. Leur mise en scène nous plonge au milieu de l’histoire, avec une utilisation de la vue subjective très à-propos. On a aussi les répliques en cours de partie, que l’on a parfois du mal à suivre tant le gameplay est nerveux, mais qui rythment énergiquement les batailles, procurent un certain sens du drame. Enfin, les phases d’entre-missions sont aussi l’occasion de créer des liens d’amitié avec les coéquipiers du personnage. On y apprend pas mal de choses sur l’univers, et parfois on aura droit à de petites cutscenes à savourer. Le tout intégralement en français, c’est à souligner. Tout est fait pour qu’on plonge dans cet univers, et c’est aussi un succès au niveau de la fidélité au récit adapté.

Le gameplay d’A.O.T. 2 était aussi très surveillé, et force est de constater qu’Omega Force a joué sur deux tableaux : la prudence et le perfectionnement. Le système de combat ne bouleverse en rien l’expérience que l’on a connu avec A.O.T. : Wings of Freedom, nous vous invitons à relire notre test de ce jeu afin de bien le comprendre en détails. Le studio de développement a tout mis en œuvre pour recréer les sensations puissantes qui découlent du kit de manœuvre tridimensionnel, matériel qui transforme son utilisateur en sorte de Spider-Man aux lames tranchantes. Les batailles voient les Titans affluer, l’occasion de les terrasser bien évidemment, même si les missions vous demanderont souvent de vous concentrer sur des buts très précis, comme protéger un Eren Jäger muté, pendant qu’il transporte un immense rocher, dans le but de combler une faille. On verrouille l’ennemi, on choisit quel membre découper, on prend de l’élan, et c’est parti pour une charge bien sanglante. On vous conseille de ne surtout pas vous contenter de foncer vers le coup fatal en premier, car un bras ou une jambe peuvent vous rapporter un élément de crafting.

Un multijoueur à ne surtout pas sous-estimer

image jeu aot 2
Vous aurez droit à des missions en extérieur.

Tout cela était déjà connu depuis le précédent jeu, et A.O.T. 2 aurait eu tort de se passer de ce qui fonctionnait au mieux chez son prédécesseur. Ce qui ne signifie absolument pas que cette suite s’endort sur ses acquis. Omega Force distille quelques nouveautés, qui s’imbriquent idéalement dans l’expérience. Tout d’abord, le studio a trouvé la solution pour que le joueur ne reste pas bloqué face au mur d’un immeuble. Désormais, on peut les gravir en prenant appui contre eux, et ça fonctionne plutôt bien. On pense, aussi, au système de visée à distance. Notre personnage peut sortir des jumelles, rechercher un Titan, s’arrêter sur son point faible et lancer une attaque dévastatrice. Attention cependant, car si l’ennemi vous repère pendant ce stratagème, il rentrera en mode berserk, ce qui créé un véritable double-tranchant. Le kit de manœuvre tridimensionnel est plus efficient qu’auparavant, le choix de bien démarquer les déplacements et les combats créé une dynamique nouvelle, plus propice aux sensations jouissives. Aussi, la difficulté nous a paru un peu plus marquée, ce qui n’est en aucun cas négatif. D’ailleurs, on vous conseille de ne pas passer par la case Facile, qui porte atteinte au rythme d’ensemble.

Enfin, on constate un véritable effort pour le mode online d’A.O.T. 2. Plusieurs approches sont disponibles, afin d’expérimenter le jeu à plusieurs. Si vous galérez vraiment, lors d’une mission, il est possible d’utiliser un signal de détresse afin d’attirer un soutien humain. Cela fonctionne bien, dans une bonne fluidité. Mais c’est surtout le mode Bonus qui attirera votre attention, avec un grand nombre de missions, qui pourront accueillir jusqu’à quatre gamers, afin de zigouiller du méchant en bonne compagnie. On pourra même y incarner un Titan, en optant pour l’option Prédateur, dans le but de dévorer n’importe quel être humain qui aura eu l’imprudence de ne pas s’éloigner de vos sinistres paluches. Amusante, cette sorte de récréation propose aussi plein de bonus intéressant, comme à l’occasion de récompenses pour votre connexion. Voilà un multijoueur qualitatif, qui ne se contente pas d’exister mais prolonge l’expérience avec soin.

Pas une claque visuelle

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La visée à distance fait son apparition.

A.O.T. 2 ne peut cacher ses accointances avec le RPG. L’évolution du personnage, de son matériel, est primordiale si le joueur veut survivre aux différentes batailles qu’il devra remporter. La durabilité des lames, leur puissance, la dose de gaz et bien d’autres éléments pourront être modifiés, augmentés, et ce grâce à du craft sur le terrain, mais aussi des récompenses de fin de niveau. Alors visez la note S car, même si les conditions d’obtention sont difficiles, les rétributions valent l’effort demandé. Plus haut, nous abordions les phases de dialogues avec les PNJ. Si cela vous paraissait très secondaire, vous allez vite revoir votre jugement. Bien répondre à certaines réplique augmentera votre amitié avec votre interlocuteur, et certains caps débloquent des capacités très précieuses. Ces dernières pourront être activées, mais uniquement si vous possédez assez de points nécessaires. D’où l’importance de faire de gagner des levels. Et ce n’est pas tout, car tisser de vrais liens avec vos collègues aura aussi des répercussions sur le champ de bataille : il est possible de choisir jusqu’à quatre soutiens, que vous pourrez commander. Vous combattez trop de Titans ? Sélectionnez l’un d’eux, assignez-lui un guerrier, et si ce dernier est assez puissant cela vous vaudra une victoire à moindre frais.

Techniquement, A.O.T. 2 ne vous arrachera  pas les rétines. S’il n’est clairement pas voué à faire chavirer le cœur des ayatollahs de la texture, le jeu n’est pas non plus une bouillie de pixels, loin de là. Plus stable dans son framerate que le précédent opus, cette suite a au moins le mérite d’être fidèle à la direction artistique de la licence, les fans seront d’ailleurs heureux de constater ce grand effort des développeurs afin de proposer une continuité visuelle carrément impressionnante. Alors certes, les destructions de bâtiments font parfois cheapos, les Titans ont parfois des réactions un peu étranges, et les menus auraient pu être encore plus clairs, mais cela ne dérange pas plus que ça. Quand aux musiques, elles ont aussi la personnalité qu’on est en droit d’attendre d’une adaptation aussi scrupuleuse, avec de vraies montées en tension. Au passage, nous ne pouvons que vous conseiller d’opter pour le doublage japonais, infiniment plus satisfaisant que l’anglais.

Note : 16/20

Vous pensiez qu’adaptation vidéoludique rime avec arnaque ? A.O.T. 2 vous prouvera l’exact contraire, tant Omega Force a réussi le double exploit de renouveler la bonne surprise du précédent jeu, et de l’enrober de quelques améliorations bienvenues. Si le soft ne fait pas partie du gratin technique de nos consoles (tout en restant de facture suffisante pour ne pas choquer), le grand soin investi dans le gameplay, qui se peaufine à vue d’œil, se charge de nous faire oublier cette anicroche. On a plaisir à virevolter autour de ces satanés et malsains Titans, et les découper reste jouissif tout du long. Aussi, la gestion de la narration, et l’écriture du récit, sauront charmer les fans de la série. Ajoutons un solide mode multijoueur, et l’on obtient un titre à ne pas louper.

8/10

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